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LE COUP DE PROJO d’EDI-PHIL RW SUR LE MONDE DES LETTRES BELGES FRANCOPHONES #2

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Philippe Remy-Wilkin

Numéro 2 (juin 2018) Où il est question de romans/poésies/nouvelles/études/BD ; de Guy Gilsoul, Claude Raucy, Alain Berenboom, Patrick Weber/Baudouin Deville, Philippe Leuckx, Raymond Reding, Willy Lefèvre ; des éditions Jourdan ou Genèse, etc.

En mars, je lançais une mini-revue sur l’édition belge. Pourtant, je suis un mondialiste, avant tout passionné par le souffle romanesque anglo-saxon, j’anime d’ailleurs un feuilleton sur l’Histoire du cinéma (la Cinéthèque idéale, 5 épisodes parus sur la plateforme culturelle Karoo). Mais. J’ai noté une vigueur jamais atteinte ces dernières décennies au sein de nos lettres, une efflorescence extraordinaire de talents et de bons livres. Aujourd’hui, un éditeur belge francophone peut publier un livre d’auteur belge qui sera parmi les meilleures productions francophones de l’année, édition parisienne comprise (Le Rosa de Marcel Sel, paru chez Onlit, en constitue un excellent exemple).

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Guy Gilsoul, Le Bracelet.

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Il s’agit d’un recueil de (neuf) nouvelles, assez court (103 pages) paru chez La Lettre volée, à Bruxelles fin 2017. Mise en abyme de ce que j’énonce plus haut. Une structure indépendante nous offre un bel objet (mise en page originale, très belles photographies d’objets d’art connectés aux textes) sous la bannière d’Edgard Allan Poe, l’une de mes icônes et influences majeures (sa nouvelle La Lettre volée crée, avec le cultissime Double assassinat… le récit policier !). « Sous la bannière » ? Doublement. Car saute aux yeux, dès les premières lignes, un flux de réminiscences du meilleur aloi : Poe, Nerval, Mérimée, Gauthier, Villiers-de-I’Isle-Adam, etc. Ces Petits Maîtres du XIXe siècle, que j’adule et préfère aux Grands (officiels), qui savaient raconter/intriguer avec une langue virtuose. Un article nous avait mis l’eau à la bouche : Le bracelet entre ornement et menotte · Karoo

Inutile de répéter ce qu’explicite notre jeune collègue. Mes réflexions personnelles ? On songe illico à Quiriny ou Engel, qui ont cette capacité à recréer une manière de narrer (fond et forme) qui nous projette dans le temps lointain où la vivacité et l’esthétisme, l’élégance et la pertinence pouvaient se conjuguer. Oui, oui, oui : une écriture raffinée, travaillée peut se dérouler sans peser ou même, davantage, en envolant nos appétits :

« La façade, plane comme un tableau, avait la texture d’une toile de lin. Sous l’horizontale du toit-terrasse, deux rangées de fenêtres couraient en bandeaux superposés. Que de fois Aurélie aurait aimé y découvrir un visage. Rien. Pourtant, derrière le voilage, un homme la cherchait des yeux. »

La prose, parfois, atteint la dimension hallucinée prônée par Mathieu Terence :

« Marbres rouges, oves en frise, acanthes noircies, lys et marguerites. »

Les récits, ciselés, sont lovés dans des atmosphères troubles, ils sont intrigants, déstabilisants, teintés de fantastique et de poésie onirique. Mais il s’agit avant tout d’esquisses. On entrouvre un univers, on entame le déroulé d’un écheveau, la bulle, déjà, nous explose entre les doigts…

(2)

En avril, j’ai reçu la nouvelle sortie groupée des éditions M.E.O. A priori (car l’éditeur Gérard Adam se moque un peu des étiquettes), deux recueils de nouvelles (Ce n’est pas rien de Daniel Simon, Un Belge au bout de la plage de Michel Ducobu) et deux romans (Une vie en miniature de Caroline Alexander, Le Maître de San Marco de Claude Raucy). J’attaque illico le Raucy, un auteur qui a une longue et très belle carrière d’auteur jeunesse.

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Les premières pages me rappellent tout ce que je savais. L’éditeur soigne remarquablement le suivi de ses textes, l’auteur possède une belle écriture et raconte sur un ton allègre.

De quoi s’agit-il ? D’un court roman historique. Qui se passe à Venise en 1530. Où il est question de meurtres mystérieux commis sur les chanteurs du maestro Adriaan Willaert, un Flamand trop oublié, qui fut une sommité artistique du temps. Deux amis enquêtent. Savonarole se faufile en filigrane, le doge Gritti, de jolies dames… Tout cela fleure bon… Giacomo C., la BD sulfureuse et sexy de Griffo/Dufaux.

Je reste un peu sur ma faim. Le roman semble osciller entre deux univers, trop référentiel pour les ados, trop convenu/léger pour des lecteurs plus âgés.

Allez plutôt découvrir le précédent opus de Claude Raucy, chez M.E.O. déjà, excellent : La Sonate de Clementi, rubriquée naguère dans la revue Nos Lettres. Que disais-je alors ?

« De quoi s’agit-il ? D’un ensemble de trois récits. Ni un roman ni un recueil de nouvelles, donc. (…) Les trois textes sont bien écrits et vivants, il y a un réel plaisir de lecture. Quelque part paradoxal car Raucy a choisi de nous présenter des anti-héros dont la vie est insignifiante… mais réaliste, du coup.

Le premier récit, qui donne son nom à l’ensemble, est le plus émouvant, teinté d’onirisme et d’impressions exotiques (séjour à Florence). On y suit les pas d’un homme en quête d’un amour passé, qui s’effiloche à travers son interprétation du monde et des faits.

Le deuxième récit, de loin le plus long, Un héros à la sarbacane, a des allures de petit roman, avec deux parties, de nombreux courts chapitres, un parfum de Maupassant. Une vie. Celle d’un type ordinaire et peu sympathique. Mais qui se faufile dans un décor présentant des reliefs : la guerre 40-45, l’exode de milliers de Belges, l’accueil des populations locales (sud de la France), les interactions nouvelles… Quasi adopté par une baronne, amoureux d’une serveuse juive, voyant passer des résistants, des miliciens, des officiers allemands… Baptiste va-t-il se révéler à lui-même ou les évènements vont-ils le réinventer ?

Le dernier récit, Le pion du troisième, nous présente un surveillant dans une école de province, en pleine crise car agressé, marginalisé, proche de la rébellion. Que lui est-il arrivé ? Mais. Est-il victime ou bourreau ? Doit-on s’émouvoir de ses malheurs ou… ?

On songe parfois aux Trois contes de Flaubert, à cette capacité à nous entraîner avec des personnalités, des tranches de vie qui n’ont rien de bien glamour. Question de style, d’humour, de vivacité dans la narration. Et puis… avouons qu’on a tous croisé de tels personnages, qu’ils nous renvoient un miroir de ces vies-oubliettes dans lesquelles nous avons parfois peur de basculer. Car il suffit d’un rien, d’un si léger décalage des aiguilles du Sens et de l’Adéquation sur la montre de notre vie, pour que le veule, l’insensé, les ténèbres, la souffrance déferlent, contaminent, absorbent.

Bref, une perle ! »

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Alain Berenboom, Expo 58, l’espion perd la boule (sous-titré Une enquête de Michel Van Loo, détective privé).

Un roman de 268 pages paru chez Genèse éditions, à Paris ET Bruxelles, en 2018.

Expo 58

Le pitch ? Un chef de chantier est assassiné après avoir contacté le détective (et héros) Van Loo. Pas un simple entrepreneur. Non. Il s’occupait de préparer l’Expo 58. Et il avait une prédilection pour l’Orient, la Syrie, les Kurdes, dont il aimait s’entourer. Van Loo est suspecté du meurtre par un nouveau Javert mais sauvé (momentanément ?) par de mystérieux commanditaires connectés au Ministère de l’Intérieur. Il sera infiltré comme faux expert ès gestion hydraulique pour découvrir ce qui se trame dans les coulisses du futur évènement à répercussion mondiale. Et ira de surprise en surprise, sans en mener large, le pauvre anti-héros…

J’ai attaqué avec excitation, appâté par le décor du récit, cette Expo 58 qui n’a pas fini de nous faire rêver, avec ses relents d’une Belgique de Papa, « du temps où l’on croyait encore au Progrès, à l’Humanité, à la fiabilité des politiques et médias… ».

De Berenboom, j’ai adoré Hong-Kong Blues, l’un des meilleurs romans belges de ces dernières années, un vrai roman, avec du souffle, un univers original, un anti-héros qui se construit sous nos yeux, etc. Et beaucoup apprécié Monsieur Optimiste (Prix Rossel, d’ailleurs), qui narrait son histoire familiale à travers la Shoah.

Avec Van Loo, le célèbre avocat/auteur tente ce qu’a réalisé un Iain Pears : alterner des œuvres personnelles haut-de-gamme et des romans plus légers, policiers, gouleyants, qui satisferont un public a priori beaucoup plus large (mais moins exigeant).

In fine ? L’écriture est simple, le deuxième degré et l’humour dominent, les termes bruxellois prolifèrent. Quant au récit, l’ambiance est agréable, teintée de Guerre Froide (les Russes sont dans le coup) ou de haines entre factions si typiques du Proche-Orient. Mais. Je préfère (et de loin !) l’autre versant créatif de notre auteur !

A noter. Genèse postule au titre de nouvel éditeur le plus entreprenant et ambitieux. Voir notre feuilleton : À la découverte de…Genèse Édition #1 · Karoo

Danielle Nees, depuis et très récemment, vient de lancer une collection de livres de poche ! Bravo ! Mais attention aussi ! Car j’observe avec regret quelques récents soucis de mise en page (des notes situées sur une autre page que l’astérisque qui les appelle) ou de coquilles (« des menaces en rue qui ont parfois dégénéréES en bagarres »).

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L’Expo 58 se découvre de manière plus concrète et ludique dans la BD de Patrick Weber (scénario) et Baudouin Deville (dessin) Sourire 58, chez Anspach… dont l’intrigue nous offre un autre chassé-croisé d’espions internationaux.

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Et si l’on parlait des productions Jourdan ? Un éditeur qui se consacre à l’Histoire belge. Dans le cadre de mes propres travaux, j’ai lu et relu, récemment, trois ouvrages captivants, trois études qui se lisent toutes très agréablement et nous apprennent beaucoup : Le Vol de l’Agneau mystique, l’histoire d’une incroyable énigme (André Van der Elst et Michel de Bom), L’Hôpital de l’Océan, La Panne 14-18 (Raymond Reding) et Pierre Minuit, l’homme qui acheta Manhattan (Yves Vander Cruysen). Ils datent déjà : 2009, 2014 et 2013.

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Le premier s’apparente à un roman policier, qui aurait des relents de Code da Vinci belge tournant autour du plus grand chef-d’œuvre de l’art flamand… si pas de la peinture occidentale.

Le deuxième nous révèle les arcanes d’une page mythique, l’action véritable du Roi-Soldat et surtout de la Reine-Infirmière derrière la barrière de l’Yser, recréant un microcosme aux allures d’utopie autour de la figure charismatique du docteur Depage. Avouons qu’en cette ère du doute (vis-à-vis des politiques et d’une certaine oligarchie, qui peut se justifier au-delà de tout populisme), on est bouleversé de découvrir des talents s’employant à sauver ou améliorer, réparer des vies, et ce malgré les risques. La reconstitution de cette parenthèse enchantée en plein enfer, qui mêle pragmatisme (se battre pour obtenir des subsides, un mécénat en vue de l’obtention du meilleur matériel possible) et idéalisme éthéré (la Reine orchestrant vies de salon et culturelle pour valoriser les créateurs, éveiller les militaires) se colorie d’un surréalisme qui recoupe le fond de l’âme nationale. Un tout grand livre de Raymond Reding !

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Quant au Minuit, il raconte en long et en large l’épopée des Wallons dans le Nouveau-Monde, leur rôle dans la fondation de New-York. On écoutera dorénavant autrement les vocables Wall Street, Coney Island, Brooklyn ou Broadway. Jugera-ton autrement les présidents Roosevelt et Bush ?

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Mon recueil de poésies du mois ? Les Carnets de Ranggen de Philippe Leuckx, chez Le Coudrier.

Photo

« L’enfance court la nuit

Contre le vent d’oubli

Ce grain de blé bleu

(…) »

Le sens et la mise en art d’une idée forte (les deux premières lignes), mais aussi le glissement d’une note de mystère (la troisième ligne) évoquant la magie des titres d’Hergé, qui n’est pas pour rien dans l’imprégnation profonde de ses albums.

« Mais le soir est-ce si sûr ?

Dans l’ininterrompu

Il y a l’oiseau

Qui persiste

Son échancrure d’ombre

Son cri de fuite aiguë

J’en ressens l’écho

Sinon la blessure

Dans les mots agencés. »

Beauté des mots et des accouplements sémiques, phoniques. Percussion de l’image. Fluidité aquatique de la phrase.

« (…)

Aujourd’hui est trop maigre

Pour le pèlerin qui part

Et ne se retourne pas

(…) »

Une simplicité fécondée par la subtilité des images et des idées. Un découpage aussi qui, comme au cinéma, parvient à décupler l’envolée, son appréhension, sa respiration.

« On ne va pas toujours

Assuré d’un poème

Ni le cœur alerté

Par un bruit de sentier

Pourtant dans l’air

Une saison murmure

D’herbes inexplorées. »

Comme dans la musique contemporaine, la poésie, dans les mains d’un orfèvre, décape ses matériaux, enjoint à rafraîchir nos têtes trop pleines et mal pleines, tend vers une genèse où tout ferait à nouveau sens, interpellation.

« Je te vois déjà courir

Vers ta part de forêt

Vers ta part de lumière

Comme si courir pressait

Comme si vivre souffrait

Cette hâte d’être. »

Une philosophie de vie ?

« (…)

Mais que pèse un poème

Au front de l’enfant

Qui pense ? »

L’interrogation résonne. Doit-on tout comprendre, comprendre au premier contact ou laisser germer le doute, l’écho ? La poésie est-elle ensemencement ?

Si mes domaines d’expertise sont le roman et l’Histoire, la narration et la structuration, l’interrogation sur de vastes plans, il me paraît clair et sûr qu’il nous faut nous ménager des instants poétiques, des entretiens avec un Ailleurs qui alerte, défriche, éveille ou réveille. Se contenter d’un « Je n’y entends rien en poésie », trop entendu et même dans la bouche de gens fort estimables, me semble inaudible, inacceptable.

L’horizon doit toujours être une étape, l’inconnu (et donc le dépassement des limites) un objectif.

(7)

Pour conclure ma mini-revue, je tiens à instaurer une habitude : évoquer une personne qui apporte une pierre originale à l’édifice de la promotion des créateurs, à la reconnaissance de l’Art made in Belgium, bref un supplément d’âme à ses activités. Et ce pour contrepointer la morosité générale, cette impression (souvent très réaliste, désespérante) que nos grands médias ne remplissent pas leur rôle de découvreurs de pépites, se contentant d’encenser ce qui a déjà été mis en lumière à Paris ou objet d’un happening quelconque.

Willy Lefèvre

Après Guy Stuckens donc, braquons notre projecteur sur Willy Lefèvre, une mini-chaîne télé à lui seul, dont les vidéos, postées sur Youtube ou Facebook, créent ou recréent des rencontres littéraires, des échanges. Voir ainsi son entretien avec l’un de nos meilleurs romanciers, Patrick Delperdange.

Ou, soyons un peu narcissiques, un extrait de débat entre deux collaborateurs des Belles Phrases.

Tant qu’il y aura des hommes…

A suivre ?

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J’ai reçu le dernier recueil de poésies de Françoise Lison-Leroy, Le Temps Tarmac, toujours chez Rougerie, le précédent m’avait emballé. J’attends avec intérêt la sortie de deux romans découverts à l’état de tapuscrits lors de mes participations au Jury Sabam 2018, Voyage au bout du marathon (Jean-Marc Rigaux, chez Murmure des Soirs) et Tignasse Etoile (Evelyne Wilwerth, chez M.E.O.). Je n’aime aucun de ces deux titres (encore provisoires lors de nos lectures) mais les contenus, eux, sont excellents, Evelyne produit l’un de ses livres les plus percutants, intimiste (la réalisation d’une femme minée par un secret de famille), Rigaux nous uppercuttant, lui, avec un thriller d’une qualité rare, tout à la fois rapide et littéraire, captivant et informatif, poussant à la réflexion et ouvrant un sillon mondialiste (le sport de haute compétition et ses secrets, son arrière-plan). En contrepoint, on notera que l’éditrice Françoise Salmon (Murmure des Soirs) enchaîne au moins deux romans d’une envergure peu habituelle. L’autre étant Pur et nu de Bernard Antoine… que j’ai entamé. Bravo à elle !

Edi-Phil RW

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LES BELLES PHRASES SUR WORDPRESS

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Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux.  Jules Renard

Après 10 ans passés sur le réseau des Skynetblogs, près de 4000 posts et 460 000 visites au compteur, LES BELLES PHRASES ont été amenées à trouver un nouvel hébergeur pour accueillir  de nouvelles chroniques et des textes neufs.
Huit chroniqueurs, le gestionnaire de ce blog compris, composent aujourd’hui l’équipe.
Après cinq années complètes en duo, Denis BILLAMBOZ et Philippe LEUCKX ont été rejoint à la mi-2016 par Nathalie DELHAYE et Lucia SANTORO avant la venue en 2017 de Philippe REMY-WILKIN et JULIEN-PAUL REMY et, tout dernièrement, pour étrenner la nouvelle mouture, de Jean-PIERRE LEGRAND.
Les chroniques du blog ont porté sur plus de 1000 ouvrages relevant de la grande comme de la petite édition, dans les genres du roman, de l’aphorisme, de l’essai et de la poésie.

L’AVENTURE CONTINUE de plus belle dans le monde des livres et de l’écriture, si riche et si varié !

Éric ALLARD

 

PENTAGONE, HEXAGONE & TOUR DE FRANCE

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Fred & Jamy, le plus fameux duo de (vulgarisateurs) scientifiques après les Frères Bogdanoff, s’est reconstitué afin de procéder à des mesures inédites.

Ainsi, mesurant au millimètre près (ils n’ont pas poussé la précision jusqu’à mesurer au au ma/icron près), ils ont découvert, avec l’approbation du président Trump (pas si vilain bougre que cela) que le Pentagone de Washington, siège du quartier général de la Défense, n’était pas un pentagone parfait mais un hexagone, fort irrégulier, certes, mais bien un hexagone.

Déjà, les adeptes de la théorie du complot ont avancé des théories qu’il n’est pas dans les compétences de ce maigre article d’examiner ni de développer… Fred & Jamy ont ensuite procédé à des métrages des côtés de l’Hexagone français et, se basant sur la théorie des figures fractales, ils seront bientôt en mesure de délivrer leurs résultats. Mais déjà on ne peut s’empêcher de supputer (l’époque est ainsi faite)…

Et si l’Hexagone se révélait un heptagone, voire un octogone, un hexadécagone… et, de fil en aiguille eudoxien (à défaut, archimédien), un cercle, aussi peu parfait que l’on veut (sinon les arpenteurs du globe s’en seraient quand même aperçus depuis longtemps) ?

Que deviendrait la France et les Français, eux les Champions du Monde du ballon rond, s’il s’avérait qu’ils vivaient bien au sein d’un cercle (cerceau d’enfant, girouette, roue de vélo) faisant, comme chaque été, le tour de la France, figés dans une circularité qui les dépasse et les renferme sur eux-mêmes (tel le Bernard-l’ermite dans sa coquille, tel Dante dans un des cercles de l’Enfer) ?

Il n’appartient pas à ce maigre article d’examiner plus avant cette hypothèse ni d’en faire l’analyse, seulement de la formuler en des termes compréhensibles du plus grand nombre (sans cependant pousser celui-ci jusqu’à l’infini).

La France entière, et le monde qui tourne autour, sont suspendus durant cet été aux calculs de Fred & Jamy.

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LES FINALISTES du PRIX ROSSEL 2018 SERONT ACCLAMÉS au BALCON DE L’HÔTEL DE VILLE DE BRUXELLES

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Le service de presse du Prix Victor Rossel signale qu’après la remise du prochain prix, en décembre 2018, les finalistes seront reçus au siège de l’AEB par une délégation des administrateurs avant d’être accueillis au Château de Laeken par le nègre du Roi, celui qui rédige ses discours (la star des paroliers de chanson de campagne de nos politiciens).

Après quoi, ils seront conduits dans une camionnette Volkswagen de collection, conduite par Jean-Claude Vantroyen lui-même, à l’Hôtel de Ville de Bruxelles où ils seront accueillis par le nouvel échevin de la Culture (désigné après les élections du 14 octobre) et l’échevine de la Culture à vide (autrement dit notre Jack Lang au féminin), Fadila Laanan.  Toute la journée sera commentée en direct sur Auvio par Thierry Bellefroid, le journaliste littéraire embarqué de la RTBF.

Ensuite, les supporters de la littérature belge (parmi lesquels des milliers d’enseignants enthousiastes) les acclameront sur le balcon. Le lauréat du Prix Rossel s’adressera à la foule massée sur la Grand-Place et à Vincent Engel (massé par une lectrice) pour les remercier de leur présence et lire, sous les vivats du public, un extrait de l’ouvrage primé. Puis, après l’écriture d’un aphorisme dans le Livre d’or, il posera (s’il est belge) sa candidature à l’Arllfb et à une tournée d’Écrivain en classe dans les seules écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles certifiées selon la nouvelle norme régionale Littero 9001.  

Une belle initiative et une splendide journée en perspective qui marquent l’intérêt que portent la population et nos autorités aux Lettres francophones de Belgique.

LISEZ BELGE… : TUTTI CADAVERI d’ÉRIC BROGNIET, une lecture de Lucia SANTORO

Tutti Cadaveri d’Eric Brogniet fait partie de ces œuvres qui ne peuvent que résonner dans ce qu’il reste de mémoire collective. Le texte est court, dense, puissant. L’auteur y mêle le poème et le récit et cette matière en fusion est dédiée à la catastrophe minière du Bois du Cazier, survenue le 8 août 1956.

De ces 262 mineurs descendus dans les Enfers du Pays Noir, il ne reste que le souvenir de 262 personnes asphyxiées et brûlées, de 262 cadavres belges (flamands et wallons), italiens, polonais, grecs, etc.

De ces bras débarqués en gare de Charleroi « avec leur seule valise ficelée sur quelques effets personnels », de ces hommes, de ces pères de famille, de ces enfants, ont été retrouvés des habits qui « se balançaient au plafond de la salle dite des « pendus » et des photos, parfois.

« & l’on peut voir la photo de ces hommes dont les deux plus jeunes avaient 14 ans et la plupart entre vingt et trente ans dans une petite salle du Bois du Cazier que l’on a transformée en mémorial derrière le puits de descente par lequel ils se sont engouffrés par un jour clair & beau & chaud de l’été de 1956 ».

Après les horreurs de la guerre, c’était le temps de la reconstruction, des accords marchands, de la production et des petits arrangements.

En 1956, « les exploitants savent qu’elle n’en a plus pour longtemps à produire le précieux combustible ». À leurs yeux, il n’était donc plus nécessaire d’investir dans l’équipement et les procédures de sécurité, avec les conséquences que l’on connaît. Rien que du tragiquement classique. C’était avant que le grisou ne s’en mêle…

À ce jour, Eric Brogniet a publié une vingtaine de recueils de poésie et a été élu en 2010 à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Tutti Cadaveri est édité chez L’Arbre à paroles en version bilingue français-italien. Le texte a été traduit par Rio Di Maria et Cristiana Panella. La couverture est illustrée par le peintre Daniel Pelletti.

Lucia Santoro

Éric BROGNIET, Tutti Cadaveri, Editions L’Arbre à paroles, 2017

Le livre sur le site de La Maison de la Poésie d’Amay

ÉRIC BROGNIET  sur le site de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique

Le site du BOIS DU CAZIER 

DES ACTIVISTES S’INTRODUISENT DE FORCE AU CERN POUR LIBÉRER DES PARTICULES

« Il faudra bien qu’un jour la partie tête
l’emporte sur la particule. »
Pierre Desproges

Des dizaines d’activistes de la cause atomique Libérez les particules se sont introduits aujourd’hui en fin de matinée au CERN, à Genève. Ils se présentent comme un collectif se reposant sur l’action directe et la désobéissance chimique.

Ils se sont dirigés vers le célèbre couloir de la mort du LCH (le Grand collisionneur de hadrons), là où il leur avait été dit que de nombreuses particules étaient soumises à des traitements dégradants. On les obligeait à se déplacer à des vitesses proches de celle de la lumière sans avoir avalé aucun rayon gamma depuis de longues secondes ni ingéré le moindre nanolitre d’eau. Beaucoup mouraient dans la collision qui s’ensuivait ou en sortaient considérablement diminués. La famille des particules n’étaient pas avertie du sort réservé à leur parent, et aucun lieu n’est affecté à leur mémoire, aucune plaque commémorative ne rend compte de leur éphémère existence.

À l’arrivée de la police, les activistes qui avaient pris en otage une équipe d’ingénieurs et un physicien nucléaire les ont heureusement libérés avant de se réfugier dans un local affecté à l’entrepôt d’isotopes radioactifs, interdit au public.

Le psychologue de la cellule d’intervention a vite identifié chez chacun des activistes le syndrome du sauveteur contre lequel aucun traitement, à ce jour, ne s’est révélé efficace.

Le syndrome du sauveteur, apparu à la fin des années 60 dans les pays occidentaux, a pris des formes diverses depuis. Ils a longtemps été circonscrit au domaine animal et végétal avec des effets somme toute bénins. Depuis peu, les malades veulent sauver des pierres de la noyade, des cerfs-volants d’une trop longue exposition au soleil, des verres de mojito infestés de pailles plastique et, même, la planète. On en trouve dans toutes les strates de la société et pratiquant tous les types de profession.

Mais, jusqu’à ce jour, les psychiatres n’avaient encore jamais observé une forme si aiguë de la maladie qui, cette fois, a été fatale aux patients puisque aucun des activistes n’a pu être sauvé.

Le monde scientifique est en émoi après cette attaque et promet de libérer des fonds pour combattre cette maladie dont on n’a pas assez pris la mesure.

Les 50 RÉCLAMATIONS des 1000 UNIVERSITAIRES BELGES

On se souvient qu’il y a un mois, le 8 juin 2018, tout un peuple s’était ému en découvrant l’existence d’une pensée centrifuge au sein du monde universitaire et qui, de plus, pouvait produire, à mille exemplaires, une pensée unique, riche et nécessaire certes mais au fond assez sommaire. Elle prit la forme d’une réclamation qui parlait au cœur et en laissait présager d’autres. Après cette fusée, on était, en effet, en droit d’attendre un feu d’artifices de considérations tous azimuts dans les semaines suivantes. Un député belge et ex-ministre, dans La Libre Belgique du 4 juin, avait d’ailleurs poussé la profession à s’exprimer davantage. Prise de position qui avait par ailleurs fait réagir dans le même journal quelques jours plus tard un écrivain belge par une lettre ouverte.

On le sait peu (Coupe du Monde oblige?) mais Les 1000 Universitaires Belges ont réagi, de façon réservée, soit, et suivant leur habitude de travailler en vase clos, et si nous n’avions pas été attentifs à recueillir les fruits de leurs réflexions, il est fort à parier qu’elles seraient restées lettres mortes. Des réclamations, pour le coup, extraverties, que je vous invite à découvrir ici.

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Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le port du casque à pointe obligatoire en cas de dépassement de la vitesse de fascisation autorisée.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la fin du doigt au fondement lors de l’examen de détection des fuites de gaz pouvant provoquer l’inflammation des selles sèches.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’accès aux bancs publics gratuits pour les SDF (Sans Divan Fixe) de plus de cinquante ans d’analyse.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le recouvrement de tous les sens par des peaux douces, luisantes et parfumées, susurrantes à souhait et bonnes à mâcher.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la fin de tout signe distinctif d’intelligence humaine sur les réseaux sociaux (même si l’affaire est en bonne voie).

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’arrêt immédiat de toute indignation politique au-dessous de 3000 signes car des études friables ont montré qu’au-delà de 280 l’indignation s’épuise en vains points de suspension…

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament pour les caresses la levée du contrôle aux frontières entre la ligne du bas du dos et la courbe des fesses lors de l’accouplement entre partenaires politiquement compatibles.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la crémation d’un poème par jour sur les réseaux sociaux afin de se prémunir pour l’été des feux de poésie catastrophiques pour le biotope littéraire.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’arrêt des jeux de hasard sur les aires d’autoroutes du sport vidéomobile en circuits fermés.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le port des pleurs au balcon des coeurs en cas de larme à l’oeil et de veine méchamment ouverte.

 

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Lzes 1000 UNIVERSZITAIRES BELGZES réclamzent l’obligatzion dzu Z dzans touzs lzes substantzifs, estimzant quze lza vzie sanzs Z nze vzaut pasz lza peinze d’êtrze zécrite.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le vote blanc pour les peaux rouges des abonné(e)s aux bancs solaires et le pot d’échappement libre pour toux.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le rot gratuit en fin de banquet du PS et le voilage intégral de Laurette Onkelinx et Karine Lalieux pour calmer les ardeurs des militants de plus de soixante ans.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament 1000 VIERGES de toute lecture de Michel ONFRAY et de Tariq RAMADAN.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’extinction des feux télévisés après la diffusion de l’intégrale des 8 saisons de Touche pas à mon poste, pas avant.

Les 1000 (supposés) UNIVERSITAIRES BELGES réclament le droit de visite des parents allusifs à leur progéniture fictive à la condition qu’ils absorbent une dose improbable de comprimés une heure avant la nébuleuse rencontre.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’Ecole de la dernière chance avant le saut dans le vide de l’Ignorance.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le port obligatoire de la trompe et de la queue pour distinguer sans risque d’erreur l’internaute intellectuel de l’usager commun des réseaux sociaux.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le retrait immédiat de l’huile de palme de tous les moteurs de pédalos et celui à court terme de toutes les pailles en plastique des cocktails à base de mojito.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la plastification des gestes dans la cérémonie du thé et l’encordage des lutteurs lors des épreuves de sumo pour le plus grand plaisir des spectateurs de la lenteur.
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Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’ajustement de tous les points presse people sur une ligne journalistique dure mais populaire.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le droit de fuite hors de Belgique pour un tour du monde en 80 barques (à raison de 12,5 universitaires belges par barque – certains devront, eh oui, se couper en deux).

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la poésie pour tous et le vers solitaire pour chacun.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le foot pour tous et la pétanque pour les autres.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la libération inconditionnelle de tous les journalistes sportifs détenus en Russie.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la redéfinition des fameux sept JOURS BLANCS en jours rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. (Ils n’ont encore rien réclamé à propos des nuits blanches debout.)

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’abolition de l’ébullition de l’eau bénite sur le front de mer des cabines d’église.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament pour le 14 octobre prochain un corps électoral de rêve versant l’écume d’une sensibilité politique aiguë et internationalement méconnue dans les urnes accueillantes du bureau de vote le plus propre.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’arrêt du port de la raie dans tous les ports de l’Île de Ré pauvres en porc de Bigorre et en racines de raifort (et puis quoi encoRE!).

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’imposition des nains sur les tables basses lors des banquets géants pour élever le service à la hauteur des convives aux dents longues et dures.
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Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le doublement de leur effectif pour assurer le maintien de la pensée nationale dans le peloton de queue européen

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le contrôle de l’urine royale avant toute grande cérémonie officielle et la vente libre des petites culottes de la reine Mathilde au profit des plateformes d’hébergement citoyennes.

Premier jour des SOLDESLes 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament une ristourne de 100 % sur toutes les idées émises sur le territoire belge, autrement dit la gratuité sans laquelle la pensée serait trop chère pour les cerveaux démunis.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le dénouement de tous les noeuds anticonstitutionnels et leur remplacement par des ronds-points sensuels transformables sur commande des présumés utilisateurs en Eros centers de fortune.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la distribution gratuite de tartes al’djote et de bières d’abbaye à tous les parents d’enfants restés au rez-de-chaussée de l’ascenseur social quand ce n’est pas au trente-sixième dessous.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’abolition de l’escalade au-dessus de trois ânes et demi et la ponctualité de tous les trains de mesures qui ne respectent pas l’heure de plainte des cheminots.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’octroi d’orques supplémentaires au ministère de la Santé pour pallier le manque de baleines bien portantes en milieu marin hospitalier.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le bord du lac obligatoire pour tous les militaires nu-tête affectés d’un début de calvitie et sensibles aux bienfaits de l’eau sur le corps d’armée.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’achat massif d’échos de voix venus de Vénus pour contrebalancer le défaut de choeurs libres en provenance de Mars.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la fin de l’obsolescence programmée pour les livres d’usage courant dont la durée de vie (et de recension dans les revues et journaux) est actuellement estimée à 6 mois 18 jours et 15 heures (pas une minute de plus).
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Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’ouverture du monde carcéral à la vie associative & littéraire étant entendu que tout détenu se vit en écrivain friand de socialité et que tout écrivain se rêve en animateur d’atelier d’écriture en prison.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament le droit à la tension élémentaire de 220 volts, y compris en cas de pénurie d’orages.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la scolarité obligatoire entre 1 et 2 mois, âge auquel l’étudiant est le plus à même de téter la savoir à la source de la connaissance, d’après la dernière étude de l’Association des Enfants en Bas Âge des Psychopédagogues Belges.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la capitalisation des pailles plastique ayant été sucées avec succès pour que les sols arides de la Nouvelle pensée se capillarisent sous l’effet des formes recyclables de l’intelligence artificielle et du Web 3.0.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la lancer de pavés dans la maréchaussée de l’étang donné qu’il y a du flic au lac, les contredanses vont tomber salées et faire des ronds de pilon de poulet rôti dans l’aube.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES de l’ULB réclament la suspension provisoire du libre arbitre pris en sandwich entre le jambon de l’ignorance et la raison du fromage de ferme sur le terrain de la consommation rapide du prêt-à-penser-n’importe-quoi entre deux salades.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament un colloque de locataires et de techniciens de surface sur le thème de la propreté privée dans le but de rendre toujours plus seyant le bien d’autrui en s’avilissant le moins possible.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’ouverture des mortes avec un pied-de-biche et en plein jour pour libérer les esprits du Grand cerf et faire circuler les gaz nauséabonds qui enveloppent l’Universel d’un gaz assez nauséabond.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament la liberté de se couper en morceaux avec un couteau à tarte de soumise si on se trouve dans l’incapacité de régner sur autrui sans partage ni tabou.

Les 1000 UNIVERSITAIRES BELGES réclament l’endormissement des rêves sur les tables de nuit et le réveil brutal de la libido sur le sable chaud des grèves humides dans les chambres à boucher la vue sur l’extrême nudité des femmes nubiles.

 

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Pour ne pas rester dans la parodie ou la caricature, signalons cette charte des académiques engagés par laquelle « les signataires, académiques de toutes les universités belges, s’engagent à sortir de leur réserve et à prendre position dans les débats qui animent notre société, dans le respect bien entendu de la liberté de pensée individuelle » et à laquelle un site est consacré.

LE POINT AVEUGLE de JAVIER CERCAS, une lecture de Jean-Pierre Legrand

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Jean-Pierre LEGRAND

L’Espagnol Javier Cercas est romancier et essayiste. Dans Le Point aveugle , il explore ce qu’est à ses yeux, la littérature et plus précisément le roman.

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Tout comme Kundera, Cercas distingue d’emblée deux grandes périodes dans l’histoire du roman. La première est inaugurée par « Don Quichotte ». Œuvre mêlant tous les genres où s’entrelacent réflexion, ironie, digressions diverses et narration, cet autre « Livre des livres » contient en germe tous les territoires ouverts au roman. La seconde période débute avec l’éclosion du roman réaliste au XIXème siècle : rigueur de construction, rejet de la digression, tout ici gravite autour des impératifs de la narration.

Cette seconde période s’est avérée très féconde et a sans doute donné au roman ses principales lettres de noblesse. Mais aujourd’hui la fascination qu’elle continue d’exercer a conduit certains à proclamer la mort du roman comme genre original : la répétition inlassable des vieilles recettes héritées du XIXème siècle feraient déchoir la création littéraire du statut d’art à part entière à celui d’un honnête artisanat source de divertissement de qualité.

Loin de ce pessimisme, Cercas voit plutôt se dessiner une troisième période : celle d’une narration postmoderne qui renouerait avec l’hybridation des genres. Cercas repère l’entrée en scène de ce nouveau type de narration dans les premières œuvres de Borges et notamment l’étonnant « Pierre Ménard, auteur du Quichotte ». Borges y met en scène un auteur, Pierre Ménard, et son projet étonnant :

« Il ne voulait pas composer un autre Quichotte – ce qui est facile – mais le Quichotte. Inutile d’ajouter qu’il n’envisagea jamais une transcription mécanique de l’original ; il ne se proposait pas de le copier. Son admirable ambition était de reproduire quelques pages qui coïncideraient – mot à mot et ligne à ligne – avec celles de Miguel de Cervantès ».

Renversant toutes les perspectives admises, un essai sur l’auteur imaginaire d’un Quichotte imaginaire, se présente comme un essai sur un auteur réel. On l’a compris, Borges casse tous les moules et c’est en cela, qu’aux yeux de Cercas, il fait œuvre littéraire : la meilleure littérature n’est pas celle qui ressemble à la littérature, mais celle qui ne lui ressemble pas : « toute littérature authentique est anti-littérature ».

Et le « point aveugle » dans tout cela ? De quoi s’agit-il ? Javier Cercas nous présente la littérature du point aveugle non pas comme la seule littérature envisageable mais comme un idéal qu’il poursuit après l’avoir identifié chez quelques-uns de ses « romanciers cultes ». Chez ces auteurs que Cercas célèbre, le roman recèle toujours une question simple en surface mais qui, dans ses profondeurs, a une portée morale considérable et engage la complexité infinie de l’âme humaine. Cette question est une énigme ; un point au-delà duquel l’auteur renonce à se prononcer. C’est le point aveugle : question à partir de laquelle se déploie le roman comme une vaine tentative d’y répondre. C’est par la qualité et la profondeur de son questionnement et non par ses réponses que se révèle le romancier de génie. La question peut être simplement clinique : Don Quichotte est-il vraiment fou ? Ou métaphysique : que signifie vraiment la baleine blanche dans le Moby Dick de Melville ou encore judiciaire : de quoi accuse-t-on Joseph K dans Le Procès de Kafka.

La réponse est qu’il n’y a pas de réponse où plutôt que la réponse est la recherche de la réponse ; nous sommes plongés dans le domaine de l’incertain, de l’ambigu, du contradictoire. Pour reprendre nos exemples, chez Cervantes se pose la question insoluble de la contradiction irréductible entre la folie et un esprit sain, chez Melville, celle de la contradiction irréductible du bien et du mal et chez Kafka, celle de la contradiction insoluble de l’innocence et de la culpabilité (Mais de quoi Joseph K serait-il innocent ?). Elargissant le propos, Cercas formule son credo : la mission des romans ne consiste pas à répondre aux questions mais à les formuler. L’œuvre proprement littéraire peut certes nous raconter une histoire ; elle le fait cependant en se dotant de la plus grande complexité formelle et de la plus grande tension stylistique.

Au terme de cet essai très virtuose, on peut être pris d’un certain tournis et ne pas forcément adhérer à cette conception de l’anti-littérature. La recherche presque obsessionnelle de la nouveauté, la rupture de la tradition devenant elle-même tradition, peuvent parfois sembler tourner court et aboutir à une impasse. Il n‘empêche, Javier Cercas a un immense mérite : celui de placer le roman et la littérature en général à leur juste place. C’est qu’en effet, La littérature authentique n’est pas, comme certains le croient, un divertissement. Elle ne rassure pas, elle inquiète ; elle ne simplifie pas la réalité, elle la complique.

« Elle montre que la réalité est toujours incertaine et multiple et qu’existent des vérités contradictoires. Elle est un outil de connaissance nécessaire. »

Le livre sur le site d’ACTES SUD

JAVIER CERCAS chez ACTES SUD

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Javier Cercas

2018 – LECTURES DE VACANCES : POUR LES PETITS ET PAS SEULEMENT, une lecture de Denis Billamboz

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Denis BILLAMBOZ

En ce printemps, comme chaque année, les fêtes de famille se multiplient dans notre grande fratrie et c’est chaque fois l’occasion de découvrir combien nos chères petites têtes blondes ont changé, comme elles sont dynamiques, toniques, espiègles, mais tellement mignonnes qu’à chaque fois on sombre sous leur charme. C’est pour partager cette émotion avec les lecteurs de ce blog que je propose cette chronique où Marcella, Pépée, Albane et Séverine ont semé beaucoup d’amour et de tendresse mais aussi beaucoup de leur talent littéraire ou artistique.

 

TRENTE CETTE MÈRE – MAINTENANT –

MARCELLA

Les Carnets du Dessert de Lune

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« Il y a onze ans j’ai écrit « trente cette mère avant », trente textes courts qui racontaient une mère au bord d’être à nouveau mère à dix-huit ans d’écart ».

Ce nouveau recueil raconte avec trente nouveaux textes très courts cette mère maintenant. Trente textes que l’illustratrice Pépée, c’est joli Pépée, a égayés de ces dessins.

« Dans cet espace de l’intime, j’ai créé neuf dessins symboles de la maternité. Neuf mois, neuf dessins, neufs mots choisis dans les mots de Marcella, neuf idéogrammes chinois… ».

Difficile de parler d’un recueil illustré tant l’intimité entre les mots de Marcella et les dessins et idéogrammes de Pépée est forte. On ne sait laquelle a commencé : est-ce Marcella qui a jeté des mots sur la page, des mots que Pépée aurait triés pour en retenir neuf qui pourraient correspondre à des idéogrammes chinois mais aussi à des choses essentielles de la vie et de la maternité. Ou alors, Pépée aurait retenu neuf idéogrammes chinois ayant un rapport fort avec la vie et la maternité, qu’elle aurait soumis à Marcella pour qu’elle les illustre d’une phrase ou de quelques mots seulement mais des mots choisis avec une grande attention. Tout cela pour dire que les mots et les dessins se marient parfaitement dans cette évocation de la maternité et que les idéogrammes chinois trouvent leur résonance parfaite dans les textes de Marcella.

A titre d’exemple, j’ai choisi celui du cœuhttps://www.dessertdelune.be/marcella.htmlr, je fais toujours le choix du cœur. Marcella a écrit : « cette mère laisse l’haleine et la terre remplir son nez sa bouche son cœur ses jambes » et Pépée a dessiné l’idéogramme « XIN » qui, précise-t-elle « représente la forme du cœur avec les gouttes de sang ». Ainsi, deux langages s’épousent pour former une expression autour du cœur et de huit autres thèmes comme le soleil, l’odeur…

Encore une découverte de « Les Carnets du Dessert de Lune » qui a le nez très fin pour trouver des auteurs qui proposent autre chose en sortant des sentiers battus, des formes d’expression nouvelles

Marcella sur le site des Carnets du Dessert de Lune

Pépée sur le site des Carnets

 

POISSON DANS L’EAU

Albane GELLÉ et Séverine BÉRARD

Les carnets du dessert de lune

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Marguerite est une petite fille qui sait ce qu’elle veut, elle a ses petits caprices, elle ne porte pas n’importe quoi, ne se coiffe pas n’importe comment, ne confie son élégance à quiconque. Elle fait du sport même dans le salon. Elle est vive, tonique et décidée mais elle se pose des questions importantes : la petite souris existe-t-elle ? Pourquoi les fakirs mettent la tête sur des clous ? Elle est aussi très occupée, elle joue sans prendre soin de la toilette qu’elle a minutieusement choisie. Elle ne mange pas tout ce qu’on lui propose, elle n’aime pas tout. Marguerite est une petite fille qui dévore la vie, elle est heureuse comme un poisson dans l’eau, elle vit à cent à l’heure et le soir elle dort bien même s’il faut scrupuleusement respecter le cérémonial du coucher pour qu’elle s’endorme pleine d’amour pour maman.

C’est un très joli petit texte qu’Albane Gellé a écrit pour habiller les dessins en noir et blanc avec beaucoup de rouge quand même, un rouge bordeaux, ça confère une certaine élégance au livret, que Séverine Bérard a réalisé pour Marguerite. A travers le récit d’une journée de Marguerite, c’est un message d’amour, un gros câlin, que maman Albane destine à sa petite fille adorée. Un récit que chaque maman, chaque mamie, et même les papas et les papis, peuvent lire à leur bout de chou adoré, les garçons aimeront autant que les filles, et tous réclameront qu’on leur lise et relise cette histoire d’une petite fille adorable. Je n’ose pas croire que maman a écrit ce texte pour dépeindre la petite fille qu’elle rêve d’avoir, pour que la sienne rêve de devenir comme Marguerite. Non, toutes les petites filles sont adorables et comme les petits garçons, elles aiment les belles histoires., Mais attention si vous ne veillez pas au grain cette histoire pourrait bien venir allonger un peu plus le cérémonial du coucher.

Et pourquoi ne pas donner ce texte à votre chère petite tête blonde quand elle commencera à lire pour qu’elle sache comment elle était quand elle plus petite encore, ça pourrait lui donner le goût de la belle écriture ?

Albane Gellé sur le site des Carnets

Séverine Bérard sur le site des Carnets