Foi de charbonnière

Partout où le train de mots est passé, des lettres en forme de lèvres ont brillé. Le soleil a brûlé des caresses que le vent pour purifier ta poitrine avait portées haut. Des cimes d’un présent aboli, j’ai précipité l’odeur de tes cheveux dans la mer. Dans les grands fonds, j’ai griffé ta peau pour obtenir ta peur. Des frissons d’écume ont zébré ton ventre. Buvant pour ne plus avoir à boire l’olive noire de ton âme, j’ai boucané les couleurs de l’aube. Du sel plein la bouche, j’ai frémi quand tu as juré que, foi de charbonnière, je deviendrais plus ombrageux qu’une ombre.

 

Extrait de Les Corbeaux brûlés, éd. du Cygne.

Publicités

2 commentaires sur “Foi de charbonnière

Les commentaires sont fermés.