Blue Velvet (1986) de David Lynch + Marilyn Monroe

Dans le livre, Marilyn dernières séances de Michel Schneider (Folio), on peut lire: « Le cinéaste David Lynch, qui songea longtemps à un film sur les derniers mois de la vie de Marilyn, posséderait une sorte de relique: un morceau du tissu sur lequel elle aurait posé pour le fameux calendrier nu photographié pa Tom Kelley. Cet objet a peut-être inspiré au cinéaste le thème de son film Blue Velvet. »

 

Les chansons de Blue Velvet

1. In dreams par Roy Orbison (1963)

2. Blue Velvet par Bobby Vinton (1963)

 

Marilyn photographiée par Tom Kelley

 

À propos de Marilyn Monroe, voir aussi le beau roman de Daniel Charneux (Luce Wilquin, prix Plisnier 2007), Norma roman, où il met en scène la star vivant aujourd’hui incognito quelque part dans le désert de Mojave.

http://www.gensheureux.be/site/category/mes-romans/norma

 

 

 

 

 

 

Publicités

Une histoire de bleu / Jean-Michel Maulpoix

Bleue est la couleur du regard, du dedans de l’âme  et de la pensée, de l’attente, de la rêverie et du sommeil.

Il nous plaît de confondre toutes les couleurs en une. Avec le vent, la mer, la neige, le rose très doux des peaux, le rouge à lèvres des rires, les cernes blancs de l’insomnie autour du vert des yeux, et les dorures fanées des feuilles qui s’écaillent, nous fabriquons du bleu.

Nous rêvons d’une terre bleue, d’une terre de couleur ronde, neuve, comme au premier jour, et courbe ainsi qu’un corps de femme.

Nous nous accoutumons à n’y point voir clair dans l’infini, et patientons longtemps au bord de l’invisible. Nous convertissons en musique les discordances de notre vie. Ce bleu qui nous induit le cœur ous délivre de notre condition claudicante. Aux heures de chagrin, nous le répandons comme un baume sur notre finitude. C’est pourquoi nous aimons le son du violoncele et les soirées d’été : ce qui nous berce et nous endort. Le jour venu, l’illusion d’amour nous fermera les yeux.

Ne croyez pas que tout ce bleu soit sans douleur.

La mer n’est pas une image naïve épinglée dans la chambre au-dessus du lit parmi les peluches et les bijoux d’un sou.

Lorsque le cœur ne nous bat plus, nous guettons le grand large dans les flaques de la rue afin d’y laper notre misère et d’offrir à notre désir un semblant de ciel. Parfois, nous regardons intensément les yeux de nos semblables, espérant y trouver la mer et y sombrer brièvement.

Nous frottons notre peau dans la chambre contre la peau d’autrui, en quête d’une électricité bleue et de son bel arc de foudre.

Nous échangeons de loin en loin avec nos semblables des signaux de fumée. Les bras ballants, nous demeurons seuls sur la piste et mâchons sa poussière mouillée de larmes invisibles. Nous sommes ici pour peu de temps : quelques mots, quelques phrases, si peu sous les étoiles, rien que cela, parmi tout le reste. Du bleu dans la bouche, jusqu’à la dernière heure. Voix banche, voix tachée, conjurant la mort, épousant le mourir, écoutant sans effroi craquer les os du ciel et de la mer. 

 

Extrait de Une histoire de bleu, Jean-Michel Maulpoix (Poésie/Gallimard)

Le site de Jean-Michel Maulpoix:

http://www.maulpoix.net/

La mauvaise graisse

<!– /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Garamond; panose-1:2 2 4 4 3 3 1 1 8 3; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:roman; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:647 0 0 0 159 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;}@page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;}div.Section1 {page:Section1;}–>

Elle était entourée de graisse, de mauvaise graisse. Comme si elle l’attirait. À grandes envolées de Ouste, de coups de pied sur le sol, de mouvements des bras, elle fit tout pour l’éloigner. Ce qu’elle craignait le plus, c’était que cette graisse, cette mauvaise graisse ne s’attache à ses hanches, ne s’agrippe à ses jambes, ne monte à son cou. Mais la graisse fut prise de court car un vilain coup de maigreur ravagea toute la région et elle mourut dans d’atroces resserrements.