LE RHINOCÉROS

J’ai un rhinocéros dans la bouche. Pas un adulte, je ne suis pas fou. Un rhino nain qui aime le dentifrice et le bruit des brosses à dents électriques. Quand je parle, il effraie  mon auditoire en poussant sa corne, on croit que c’est un piercing géant.  Quand je baille, on pourrait presque le caresser. Il se couche toujours de bonne heure, quand j’ai mangé, au fond du palais, à côté de la luette, à l’abri des courants d’air et de CO2. Des mauvaises langues disent qu’il me donne mauvaise haleine. Bien qu’il m’aide à mastiquer et à choisir mes mots, je le suce pour le faire fondre. Car, à terme, je crains très fort qu’il ne défonce mes dents de sagesse.

4 commentaires sur “LE RHINOCÉROS

  1. Moi , mon rhino s’est barré pour une girafe.
    il ne supportait plus de vivre dans un palais aux allures de désert de pierres.

    Et pourtant … quoi de plus désaltérant que de sucer un caillou.

    Oui ,je sais .. t’en as l’eau à la bouche.

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  2. Éric, j’ai voulu sur ce point ménager la sensibilité du lecteur. Entre nous, le narrateur crache plus souvent qu’à l’ordinaire.

    Merci, Melo (une girafe doit être plus douce à sucer, en effet) et Marcel pour la référence tintinesque.

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