Nouveaux métiers (25): comebacker

Le comebacker revient toujours ! Même absent, il est celui dont on guette le retour, dont on sait qu’il va revenir. C’est la valeur sûre de l’entreprise, du secteur privé ou public : il n’y en a plus d’autres. Il est là sans être là. Absent, on pressent son retour. Et présent, on sait qu’il va disparaître à nouveau mais bien vite se repointer, avec l’accord des syndicats, la bénédiction des patrons, le soulagement des cellules d’aide à la réinsertion. Le comebacker se situe à n’importe quel niveau de l’ascenseur social : cadre, employé, ouvrier, manœuvre… Même parmi les chômeurs,  on trouve des comebackers : ceux qui perdent leurs allocations et qui les retrouvent au terme d’un stage d’attente ou d’une préformation.

Le comebacker doit préparer son retour. Un emploi trop tard et son public perdrait patience, il quitterait derechef la période d’attente et il se retrouverait le job dans l’eau.

Le comebacker joue contre l’oubli. Comme un vieil acteur, un animateur de télé  sur le retour, combien de comebackers sont réapparus au mauvais moment, dans un environnement social modifié, en marge de leur public ; ceux-là on fait un flop et on ne les revit jamais.

L’activité de comebacker est la plus difficile qui soit mais, quand elle est bien menée, elle procure à ceux qui la pratiquent et leurs inconditionnels une joie sans commune mesure dans les corps de métier stabilisés et, on va dire, passablement ringardisés. 

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