GROS SON

À force de se faire traiter de gros son, il décida de suivre un régime hautes fréquences. On le revit ensuite aminci, effilé comme un son neuf, un simple sifflement de vent dans l’air coupant du matin.

Mais certains s’inquiétèrent pour sa survie. N’allait-il pas devenir un ultra-son, seulement perceptible des dauphins et des chauves-souris ? On lui demanda de retourner à son état initial, ce qu’il fit sans rechigner, il avait un bon fond d’ondes.

Il fut le plus gros son jamais entendu, même des éléphants, qui s’en servirent pour battre le rappel de leurs femelles égarées. Il fit les beaux jours du spectre sonore, un vrai bruit d’appel, fort couru des acousticiens. On l’entendit partout, si bien que mes oreilles n’en purent plus.

Un sale jour, armé d’un silence à cran d’arrêt, je le réduisis à néant et l’enterrai dans le cimetière des musiques sérielles. Aux côtés de la tombe dédiée aux  sons inconnus d’une œuvre récemment disparue de Pierre Boulez.  

7 commentaires sur “GROS SON

  1. çurement, Éric, çurtout comme tu écris çonnerie.

    Marcel, tu poses là une question métacoustique. Puis je ne veux pas me fâcher avec une moitié de mon lectorat.

    Merci à tous les deux.

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  2. le son n’est il pas mouvement ? on ne peut les enterrer puisque même la terre nous renverra leur résonance…
    J’aime lire et je viens de créer un blog, j’ai beaucoup à apprendre … flâner chez vous est un régal. Merci

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