Pour mon Noël

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Pour mon Noël j’avais commandé une perruche jaune canari, deux yeux pers, trois sapins turquoise, quatre pommes abricot, cinq poissons rouges, six couronnes bleu roi, sept dindes caca d’oie, huit fraises cerise et neuf grains de groseille fraise écrasée, dix bûches bistre, septante ciels bleu-nuit et trente matins blanc neige, quarante thés café au lait et cinquante-cinq cafés noirs, cent deux roses jaune mimosa et un petit pétale de jacinthe lilas, trois cents Ferrari gris fumée et six cent douze Porsche perle, cinq mille taupes gris souris et quinze millions de souris blanches, c’est tout. J’ai reçu un boulier compteur et une boîte de couleurs, c’est tout.

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Les livraisons

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Chaque jour, il venait prendre livraison de ses mots doux à la poste restante. Il connaissait tout le personnel, il avait un mot aimable pour chacun. Il comptait minutieusement ses mots et ne manquait pas de poser réclamation si le nombre n’y était pas, mais toujours avec le sourire. Il les renvoyait ensuite aux nécessiteux à raison d’un par envoi. Quand, un jour, il reçut une livraison de gros mots, il n’en crut pas ses yeux, il fut odieux avec le personnel et passa le reste de sa journée à négocier avec le monde entier le renvoi un par un de ses mots doux.

MA PETITE SANTÉ

Je la nourris au miel et à l’huile de foie de morue, ma petite santé. Je l’amène aux sports d’hiver et à la mer pour qu’elle fasse ses dents, s’affermisse, s’automuscle. Quand elle sera grande, je pourrai enfin réaliser mille choses : courir nu dans la neige, nager jusqu’au Pôle, avaler vingt hamburgers à la suite, filer plus vite que mon chat, prendre l’Eurostar en hiver, réécouter Carla Bruni, revoir un débat avec Jean-Marc Nollet, battre un sumo au mikado, lutter contre le réchauffement climatique, supprimer tous mes amis de Facebook, séparer deux femmes ennemies, taguer mon poster du couple royal, caresser le pitbull de mon voisin, faire tourner une éolienne à la main, pousser la chansonnette, supporter ma vie et, d’un geste vif, la lancer comme une boule de bowling jusqu’au strike de la mort. Car je mourrai au summum de ma forme. En pleine santé. 

PAS PLUS MAL

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J’ai piqué une tête

Dans ta piscine

Mais tu l’avais vidée

C’était pas plus mal

Juste avant que

Je me déshabille

Je me suis fendu le crâne

Sur toute la longueur

C’était pas plus mal

Car déjà il présentait une entaille

Un vice de forme à la naissance

J’ai baigné dans mon sang

Un bon quart d’heure

C’était pas plus mal

Quand j’en suis ressorti

J’étais exsangue

Tu étais hilare

Ça faisait plaisir à voir

Bon j’ai trépassé  

Sans trop de souffrances

C’était pas plus mal

Après une vie de labeur

Et deux ou trois bonheurs

Y compris celui

Pas si mal

De t’avoir rencontrée

Tu aurais pu au moins

Rendre mon corps à ma femme

Après tout il est vrai

C’était pas plus mal

Que tu le laisses pourrir

Au soleil

Le reste de la journée