Comme un parfum de chair grillée (2)

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Ils étaient étudiants, elle avait une voiture, pas lui. S’y retrouvaient, siège arrière, vêtements éparpillés, sueur sur les peaux, buée sur les vitres, et son regard qui chavirait. Puis « c’est ici que nos chemins se séparent »  lui avait-elle  annoncé tout simplement. Quand il s’était écrasé une cigarette dans la paume de la main, elle l’avait regardé avec un rien de pitié, un peu de peur, peut-être. Il n’avait pas encore compris qu’elles n’aiment pas les hommes qui s’accrochent. Trois jours plus tard, elle avait raccroché le téléphone après avoir prononcé les mots vraiment méchants pour qu’il comprenne bien, les mots définitifs où revenait plusieurs fois le mot « petit ». C’est vrai qu’elle était trop grande pour lui. Elle l’avait exécuté d’un coup de fil, c’est plus facile de tuer sans croiser le regard de sa victime. D’ailleurs, elle refusait toujours de se laisser regarder au fond des yeux. Peur, peut-être, qu’il voie dans son âme.

Il avait vécu avec ce grain de sable au creux des chairs et ça n’avait pas donné de perle.

Avait appris qu’elle s’était installée à Anvers avec un styliste du nord genre viking barbu qui lui avait fait deux garçons.

Puis, quelques semaines plus tôt, avait retrouvé le numéro de plaque, et quelque chose dans sa poitrine avait fait un bruit d’escargots écrasés : DEV 999. « Devil », avait-il songé une fois de plus, et le chiffre de la bête simplement retourné, pour donner le change. Il croyait sentir encore l’odeur cornée de sa peau qui grésillait sous le dard de la cigarette comme un avant-goût de l’enfer. La voiture rouge, féminine et bourgeoise, dormait sur une place publique, non loin de la maison où elle vivait autrefois chez ses parents, dans sa chambre d’enfant. Et il avait compris qu’elle était revenue.

Il avait poussé le bouton de la radio : « Classic 21 ». Barbara chantait « La longue dame brune ».

 

(à suivre)

Daniel Charneux & Éric Allard

 

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