Comme un parfum de chair grillée (3)

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Quand ils étaient encore ensemble, un week-end, ils avaient filé à la Mer du Nord car Aude en avait assez de faire l’amour dans la voiture. « Dans un grand lit, c’est bien mieux, tu verras ! » Il ne demandait qu’à la croire, lui qui, encore puceau quelques mois plus tôt, n’avait connu que les joies du siège arrière. A part l’amour, ils avaient fait en deux jours tout ce qu’il est possible de faire à la mer. Puis ils étaient rentrés. Comme, la veille au soir, ils avaient vu sur le téléviseur de leur chambre « Bonnie & Clyde » d’Arthur Penn, sorti l’année de leur naissance, ils s’étaient imaginés tout au long du trajet de retour en  couple diabolique (elle au volant, lui l’arme au poing) commettant avant de quitter le pays par le Sud une série de hold-up spectaculaires dans les restoroutes. Ils chantait à tue-tête : « Qu’est-c’ qu’on n’a pas écrit
Sur elle et moi/ On prétend que nous tuons/ De sang-froid.
.. »
S’enfuir d’une aire de repos dans un déluge de feu après avoir fait sauter la station essence avait été le summum de leur délire. Chez les parents d’Aude, deux cadres en management qui parlaient beaucoup « plan de carrière », ils avaient mangé en silence un gratin d’aubergines  légèrement cramé qui donnait aux légumes l’aspect d’une peau calcinée.

 

A Anvers,  il ne s’y était rendu qu’une seule fois, l’année où Aude lui avait signifié son congé. Sans connaître son adresse, il avait sillonné pendant des heures le centre ville avec la certitude que le hasard le ferait la rencontrer. Puis, en désespoir de cause, à la nuit tombante, il s’était dirigé vers le quartier chaud où son choix s’était finalement porté sur une grande brune un peu voûtée qui fumait en vitrine, celle bien sûr qui l’avait le plus fait penser à Aude. Ensuite, la jeune femme qui ne parlait pas le français avait tenu à lui montrer une photo de sa fille et il s’était mis à sangloter comme un gosse à l’idée qu’il n’aurait jamais d’enfant d’Aude.   

 

Depuis qu’il avait retrouvé la plaque sur cette belle voiture rouge, il l’avait à nouveau pe
rdue de vue, comme si elle n’était revenue qu’en visite, ou pour le narguer, qu’elle était déjà retournée en Flandre où elle avait sa vie, ses garçons. Et puis, cette rencontre fortuite, la voiture rouge à l’horizon, la plaque. Il ne s’était rien passé, non, pas alors. Mais il avait fait demi-tour au premier rond-point, il avait dépassé un peu la vitesse autorisée, avait un peu dévié de la trajectoire prudente, l’avait retrouvée devant lui, l’avait suivie jusqu’à cette vieille maison en bordure de bois, cette vieille maison sans garage devant laquelle elle avait rangé sa voiture. Il s’était arrêté un peu plus loin, était revenu à pied, avait observé, attendu jusqu’au soir, malgré la faim, jusqu’au moment où elle avait allumé, où il l’avait regardée se déplaçant dans le living, prenant un livre dans la bibliothèque, disparaissant à sa vue.

 

(à suivre)

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3 commentaires sur “Comme un parfum de chair grillée (3)

  1. Une odeur de thriller, un brin retors…

    Hormis « l’image » de l’homme qui sanglote chez la prostituée, orphelin déjà d’un enfant potentiel, j’adhère à cette suite à plein nez.

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