Comme un parfum de chair grillée (4)

<!– /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;}@page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;}div.Section1 {page:Section1;} /* List Definitions */ @list l0 {mso-list-id:124004018; mso-list-type:simple; mso-list-template-ids:2094820936;}@list l0:level1 {mso-level-start-at:0; mso-level-number-format:bullet; mso-level-text:-; mso-level-tab-stop:18.0pt; mso-level-number-position:left; margin-left:18.0pt; text-indent:-18.0pt;}@list l1 {mso-list-id:1820345831; mso-list-type:simple; mso-list-template-ids:-845769578;}@list l1:level1 {mso-level-start-at:0; mso-level-number-format:bullet; mso-level-text:–; mso-level-tab-stop:18.0pt; mso-level-number-position:left; margin-left:18.0pt; text-indent:-18.0pt;}ol {margin-bottom:0cm;}ul {margin-bottom:0cm;}–>

Pendant quinze jours, il l’avait épiée à distance à l’heure du soleil couchant, s’était habitué à ce rendez-vous de 21 heures. Renseignements pris (il avait gardé le contact avec une ou l’autre connaissance commune), la direction générale de la multinationale qui employait Aude  l’avait chargée de l’implantation d’une filière locale. Tout cela allait, pensait-il, dans le sens d’une résolution de leur histoire, d’un retour à la case départ. D’autant que des rumeurs couraient selon lesquelles elle avait laissé son viking de mari au port.

Un jour, tout en l’observant, il eut l’idée d’appeler la mère d’Aude, veuve depuis un an, pour obtenir le numéro du portable de sa fille…

        Tu as gardé la même voix… Tu sembles loin, tu es où ?

         Heu… À la mer ! Et toi ?

        Chez moi… à Anvers.

Il lui parlait tout en l’observant avec des jumelles comme s’il l’eût regardée dans leur living pendant qu’elle répondait à quelqu’un d’autre. Tandis qu’elle se levait pour aller se servir à boire, d’une seule main, elle lui apprit que ses garçons avaient l’âge d’entrer à l’université. Elle se rappelait quelques éléments de leur courte liaison mais beaucoup faisaient défaut à sa mémoire.

– Toi, pour sûr que tu as archivé le moindre fait de notre amourette, lui dit-elle, sur un ton faussement rieur. Et ce mot : « amourette » qui rimait avec « allumette »… Toujours pas converti à la vie de couple ? Il serait temps que tu penses à une descendance.

  Je comptais sur toi…

Elle n’aima pas le ton que prenait la conversation qui lui rappelait trop ce garçon qui s’était affligé une brûlure à l’annonce qu’elle le larguait.

– On pourrait se voir quand tu viens visiter ta mère ?

– Tu sais, j’ai un boulot tuant. Sans compter la vie de famille. Mais bon, j’ai été content de t’entendre…

         Moi aussi, dit-il en raccrochant aussi sec.

La tonalité fit écho à celle abyssale qui n’avait cessé de résonner depuis vingt ans dans le dés
ert de sa vie affective. Cette fois, elle scellait, il semble, définitivement leur rupture. Il regarda Aude comme dans un rêve vider le contenu de son verre, laisser tomber le GSM sur le canapé puis déposer sur la table basse un ordinateur portable dans la contemplation duquel elle se perdit. Il se dit qu’aujourd’hui tout devenait transportable, rien des choses matérielles et immatérielles ne nous échappait plus et qu’il fallait, pour rompre définitivement les liens, les réduire en miettes, en poudre, en particules de néant. Mais il se sentait soulagé, comme allégé d’un fardeau d’années.  

 

à suivre

Publicités

2 commentaires sur “Comme un parfum de chair grillée (4)

Les commentaires sont fermés.