Coeur de rein

<!– /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Garamond; panose-1:2 2 4 4 3 3 1 1 8 3; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:roman; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:647 0 0 0 159 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;}@page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;}div.Section1 {page:Section1;}–>

Tous les organes étaient rassemblés près du cœur brisé. Qui à tenter de rapprocher les morceaux, qui à essayer de le ranimer. Mais le cœur ne répondait plus, il n’avait plus rien à fiche de quiconque. C’est qu’il ne pouvait pas se remettre, ce cœur-là, de la transplantation du rein qu’il aimait dans un autre corps.

Chronique de Philippe LEUCKX: Le commerce du père de Patrice Robin

decoration

 

LE COMMERCE DU PERE de Patrice Robin (Ed. P.O.L., 2009, 11 euros)

 

Annie Ernaux peut être fière de ce disciple fidèle, vrai et émouvant, qui s’est nourri, comme tout bon écrivain, de ses lectures en « préférence », dans ce cas précis, des témoignages de l’auteur des « Années » à propos de ses parents, découverts par l’émule brillant dans les années 80 : « La Place », « Une femme ».
Patrice Robin a tiré parti des remarques, conseils de l' »auteure », comme il l’appelle à plusieurs reprises, sans jamais la nommer. pudeur et hommage.
Le fils du « quincaillier  » de ce village des Deux-Sèvre a attendu 46 ans pour être publié, après avoir essuyé nombre de refus, comme tant d’écrivains à leurs débuts.
Né en 1953, Patrice relate son « commerce » avec le père. Commerce au double sens de profession et de relation. Près de quinze ans après la mort de son père, une tumeur qui s’est généralisée, le fils rend hommage à celui qui n’a pas toujours vu d’un bon oeil qu’il écrive, ne reprenne pas le commerce ou ne s’installe pas comme ses anciens camarades de classe. La réticence, l’incompréhension culturelle ont fait place toutefois à d’autres relations entre le père et le fils, au fil des visites, alors que de nombreuses années durant, les contacts étaient restés assez froids.
Le livre peut s’achever ainsi sur des notes plus heureuses, et le lecteur, en empathie, emprunte la même voie des confidences partagées, à l’image du fils qui renoue avec son passé par le biais des carnets du père, son « journal de bord » de l’année 1965.
Le récit, très beau, très sobre, renoue ainsi les fils de la filiation. Comme chez Ernaux, la même acuité pour décrire les failles, les manquements. Et ce ton tissé d’une mélancolie profonde, où se fondent respect, regrets, nostalgie des lieux. Le père. La Vendée. Et comme un signe, cette main du père touchée lorsqu’il est au plus mal. Ou cette mie de pain dégagée par le fils…coquetterie? Non, sensibilité vive camouflée en pudeur.
En 122 pages, comme « La Place », Patrice Robin, fils de Pierre, signe une oeuvre poignante, sans pathos ni froideur. A la juste place du coeur et de l’écriture.

Philippe Leuckx

 

La soif de connaissances

Quand il fait chaud, j’ai soif de connaissances. Je peux avaler une plein cubi de savoirs en tout genre. Rien ne me rebute, cela va de la fabrication du vin en Bourgogne à la distillation de l’alcool de riz en Chine du Nord, de la fabrication du whisky en Basse-Ecosse à la consommation du pastis en Haute Provence, de la culture liée à la bière d’abbaye en terre wallonne à la fermentation des boissons à base de céréales dans la vallée du Nil. Au rythme où va le réchauffement de la planète, je pense que je finirai ma vie plus érudit qu’un moine du Moyen Age ou qu’un docteur en œnologie.

deux trois idées poire

 

du fer dans les épinards

du plomb dans l’elle

je rouille sur l’or

marre de la mer

et de ses nappes

de peste rose

 

les pieds en emmenthal

je compte mes peines

sur le bout des mes joies 

puis je plonge

dans mes pensées

deux trois idées poire

histoire de tuer dans l’œuf

toute velléité d’existence

&

de boire

sans mot d’arrêt d’action

à tous les verres solitaires