Les mers

Il collectionnait les mers, il en avait des centaines. Des roses, des vertes, des mal peintes, des bien dessinées. Des rondes, des en cube, des très froides, des toutes chaudes, des qui descendent les montagnes, des qui montent au ciel. Des normales qui font des vagues et de l’écume, des spéciales qui, comme vaches ou jardins, du lait et des légumes. Des quelconques en forme d’œuf ou de poire, de plus curieuses en forme de coquilles ou d’autos tamponneuses. Des qui piquent ou qui sonnent, qui font des peluches ou la fine bouche. Des effacées, des extravagantes, des un peu sottes, des carrément givrées. Des grosses, des fines, des puantes, des parfumées. Des qui ne ressemblent qu’à elles-mêmes. Mais celle qu’il préférait, c’était sa mer noire aux reflets nacrés, celle qu’il prenait au petit déjeuner avec des brassées de pain  bûcheron et des sucres comme des banquises qui fondent au soleil.

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