Serge Teyssot-Gay & la fin de Noir Désir

La fin de Noir Désir

http://www.france-info.com/chroniques-le-journal-de-la-musique-2010-11-30-la-fin-de-noir-desir-500455-36-38.html

Serge Teyssot-Gay / Les gens d’ici

Serge Teyssot-Gay & Khaled AlJaramani / Baïati




http://sergeteyssot-gay.com/


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quel iceberg…

quel iceberg pour relever la tête

de la mer pleurant sur le sable

ses chansons de vagues et de vent

 

sans manteau la neige m’atteint

par glaciations successives

 

pendant que les picorements du sel

font des crêtes blanches à mes souvenirs

 

Mon sauvetage

Samedi soir je suis descendu à la cave. Et y suis resté pour dépoussiérer mille et une bouteilles de pinard. Je n’étais pas devant ma télé pour On n’est pas couché. Et dimanche matin, à l’heure de la messe, j’étais encore là, près de la chaudière, dans les relents vineux : j’avais ouvert trop de bouteilles sans les refermer. Incapable de  faire un pas droit, j’ai appelé la chef du syndic qui a appelé la tv locale qui est venue et a filmé ma remontée peu glorieuse à la surface à l’aide d’une tracteuse à poivrots. Très noir mais sans suie, j’ai remercié (j’avais une longue liste en tête) le chef de la police et des pompiers,  ma nounou, mon toutou (resté seul là-haut), Bart de Wever (on ne sait jamais, je n’avais pas suivi l’actualité de la nuit), tous mes ascendants (par ordre alphabétique), le président des alcooliques à coliques, pas celui du MR mais celui du FMI et surtout le président des vignobles de France. J’ai fini par remercier la chef du syndic (émue aux larmes) sans qui j’aurais moisi là-bas (le lieu n’a jamais été si bien nommé) jusqu’à lundi matin au pire.   

« Dans l’oreille profonde » de Marc Dugardin, par Philippe Leuckx

Un de nos meilleurs poètes. Discret, sûr de sa langue et fidèle à des thèmes qu’il décline, approfondit : la mémoire, l’enfance, l’écoute d’autrui.

Les titres antérieurs parlent d’eux-mêmes : « Soupirail d’enfance », « Solitude du choeur », « L’écoute infiniment »…

Très structuré, le livre est tout à la fois approche des matières humaines et partition musicale en quatre mouvements.

Les premiers textes, en prose, explorent cette dimension unique de l’échange : qu’est-ce qui peut bien relever un être, si ce n’est une consolation lointaine?

La mémoire est le noeud de cette exploration : il faut au poète consigner l’indicible, les actes, même les plus atroces pour tenter de comprendre, et qui sait?, s’en libérer : ainsi les massacres de 1968 au Mexique, peut-être trois cents étudiants assassinés pour que l’Etat ne faiblisse pas.

Et les mots doivent suivre pour relayer l’exact de l’horreur:

 

les mots! Les mots!

qu’ils dégoulinent!

qu’ils éclaboussent!

qu’ils giclent!

 

Revenu de l’horreur? Libéré? Le statut du voyageur est bien complexe, lui qui, d’être désarmé, n’est plus lui-même, sinon d’autres facettes de son voyage.

 

« Huit variations » sur l’étoile, la juive endolorie,  les étoiles à sauvegarder, et peut-être aussi sans berger d’aucune sorte, et peut-être aussi la « secourable » :

 

ou ce serait

à son tour de tendre la main

 

à celui qui remonte à la surface

      qui respire encore

elle ne demande pas

quel est son nom

 

Un important « Cahier d’études » affine encore le propos et analyse les composantes essentielles d’un parcours de poète. Qu’est-ce écrire sinon « recracher le poème/ dans tout ce ballottement/ ce rien que boue »? Comment dicter les « mots » à mettre sur les maux?

La sensibilité du poète élève le statut de l’auteur à un vigile de la conscience (« ici je n’ai pas honte de mon visage »),  rend force et hommage à la petite Antigone,  aère l’étouffement dont il est prisonnier…

Des images soufflantes osent héler « l’espérance » : « la nuit vient au veilleur » et, au bout du compte, qu’a-t-on sauvé? Les derniers mots du beau livre, de deuil, de compassion « profonde » signent « l’inépuisable pourtant/ comme quelqu’un  nous écouterait l’écouter ».

Le livre replié,  le lecteur retient sur sa paume les éclats de souffrance et les mots choisis, au plus près du deuil. Mais qu’en est-il en soi de ce deuil lent? 

 Ed. Le Taillis pré, 2010, 90p., 10 euros

Philippe Leuckx


Scandinavian Songs (43): Olöf Arnalds

 

Olöf Arnalds est une chanteuse islandaise de 30 ans. Membre du groupe Múm ( http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2010/02/03/scandinavian-songs-20-m%C3%BAm.html), elle sort son premier album en 2007. Le second, Innundir skinni, vient de sortir…

Crazy car

Innundir Skinni

Surrender (avec Björk)

http://www.youtube.com/watch?v=cbJS2pln0Wg&feature=related

Myspace

http://www.myspace.com/olofarnalds

Alan Bennett / La Reine des lectrices

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Naissance d’une passion

Sa Majesté la Reine Elisabeth II découvre la lecture (puis l’écriture) grâce au bibliobus qui dessert la commune de Westminster. Elle y prend vite goût et sa vie s’en trouvera modifiée. Mais, surtout, sa neuve passion va la faire sortir de sa réserve légendaire et générer des petits désordres dans ses activités jusque là très organisées de reine en exercice. Elle trouve dans cette découverte un allié en la personne d’un cuisinier, rencontré dans le bibliobus, qui va devenir son conseiller à la lecture. Cela n’ira pas sans provoquer jalousies et interrogations, jusqu’au cabinet du Premier ministre. Mais la Reine fera face…

Une fiction savoureuse qui, l’air de rien, suscite une réflexion amusée sur la lecture et, incidemment, sur l’écriture qui en est l’inévitable prolongement. Toutes activités, laisse entendre l’auteur, qui ne peuvent que transformer en profondeur la personne qui s’y adonne, qu’elle soit reine ou valet. E.A.