Le culte des singes

Sa mère avait le culte des singes. Avec leur mâchoire proéminente, leurs doigts vigoureux, leurs yeux expressifs. Jusqu’au jour où elle accoucha d’un primate, tout petit comme un ouistiti. Elle le réjouit de ses caresses, de son amour et il grandit tout seul, ressemblant tour à tour au capucin, au macaque ou au chimpanzé pour finir par avoir la taille de l’orang-outan. Il fit de belles études et fut deux fois président de la république. Par ailleurs, il était doué pour l’art brut et fut un grand artiste de sa génération. Il fut aussi un grand sportif, il excella dans le 50 mètres montée d’arbre et figura même au Guiness Book pour le plus grand nombre de bananes épluchées en dix minutes. Enfin, au terme de sa vie, il fut reçu à l’Académie Française. Le singe parfait, si parfait qu’on le prenait pour un homme ou que, vu ses nombreuses qualités humaines, on oublia qu’il était un singe. De sa mère qu’il avait déchiquetée à l’âge de cinq ans et demi, il ne parla jamais. Il faut dire qu’il l’avait peu connue. 

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