Peintre du dimanche

images?q=tbn:ANd9GcRG1IiG6DMmzRlLwqbWOdYnpzn9uqZ0BeTA8zkZhNk9kuOLB_SQGgSamedi soir je me suis mis à la peinture. De manière radicale. J’ai peint en grand le numéro de ma maison sur une toile format Marine. Avec pour titre « Pour faciliter le travail du facteur ». Qui, entre nous, est un peu miro et dépose dans ma boîte du courrier destiné à la dizaine supérieure. Comme ça a plu dans le voisinage, j’ai peint dimanche des tableaux pour toute la rue. Mon initiative a fait le buzz dimanche soir et j’ai reçu en commande 4 653 tableaux à réaliser et déjà une proposition de rétrospective prévue pour lundi en quinze dans le hall du bureau de poste principal de ma ville. Qui a dit que la société tardait à reconnaître ses artistes d’avant-garde ?  

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Philippe Sollers, l’homme lumière

Philippe Sollers a certainement eu le tort de ne pas mourir jeune afin d’accéder au statut d’écrivain culte. En tant que directeur de Tel Quel ou qu’auteur de Paradis (I et II) ou encore de Femmes. Il a certainement commis nombre de livres excédentaires, il a fini par devenir sa propre caricature et, pire, un écrivain honoré. N’empêche, on ne voit plus Venise ni l’Ile de Ré sous le même oeil ni quantité d’écrivains, penseurs ou artistes (Sade, Céline, Nietzsche, Picasso, De Kooning…) au rythme de ses admirations. Aussi,  son regard sur la littérature reste vivifiant et sa plume alerte. E.A.

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France 5 lui consacre un documentaire, Philippe Sollers, l’homme lumière, dans le cadre de l’émission Empreintes et visible sur son site jusqu’au 25 février:

http://documentaires.france5.fr/documentaires/empreintes/philippe-sollers-lhomme-lumiere

Extraits de l’émission

A propos de l’écriture:

« Ce qui m’étonne le plus, c’est de m’être faufilé dans l’existence sans travailler, parce qu’on ne peut pas dire que je travaille ; l’écriture, c’est pas du travail, c’est un jeu. »

« Dès que la première phrase est là, tout le reste s’ensuit. Il faut que la première phrase s’impose. C’est un jeu, c’est un plaisir. Si écrire n’est pas un plaisir, c’est un pensum, donc c’est pas la peine. »

« Les vraies empreintes, ce sont mes livres. »

A propos de Julia Kristeva, son épouse:

Je suis son meilleur patient, je m’en tiendrai là ; c’est la personne qui m’écoute depuis fort longtemps et je n’interromprais mon analyse avec elle pour rien au monde.

A propos de Dominique Rolin:

J’ai rencontré Dominique [Rolin], j’avais exactement 22 ans. Elle en avait 45 et en paraissait 32… J’en profite pour dire aux jeunes gens de faire leurs études sentimentales ou amoureuses avec une femme plus âgée qu’eux.

A propos de Dieu:

J’ai une foi indubitable, mais je ne suis pas sûr de la partager avec qui que ce soit. Ni théisme, ni athéisme et encore moins indifférentisme. La preuve de Dieu est dans l’esthétique. Tous ceux qui se passent d’esthétique pour croire en Dieu sont des imbéciles, des sourds et des aveugles.

A propos de la liberté:

J’ai organisé ma vie de la façon la plus libre possible. Si on peut aimer deux personnes ? Bien sûr, même plus… On est en pleine régression maintenant, et tout le monde parle de fidélité, de je sais pas quoi… tout ça est assommant. Il y a une expression que j’aime, c’est l’amour libre…

A propos de la lumière:

Je vais où il y a de la lumière ; j’aime la liberté, j’aime pas l’obscurantisme.

Le site de Philippe Sollers

http://www.philippesollers.net/

 

Massaut et les fluides du désir: LYMPHÉAS, par Philippe Leuckx

252942_1.jpegPeu de poètes s’aventurent dans l’expression lyrique du désir physique. Très peu. A part Forgeot, je ne vois aujourd’hui que Dominique Massaut, auteur de neuf recueils à l’Arbre à paroles, chez Maelström, au Tétras Lyre, et à présent au Coudrier.

Ce grand gaillard tient une plume à bonne hauteur des « lymphes » très sympathiques. Sa plume tient du désir profond et complice d’évoquer un couple et les fluides qui génèrent leur amour.

Aucun voyeurisme là, non. Mais une science de faire dire aux corps le plaisir intense des pulsions, des rapprochements, du rayonnement qu’ils peuvent dégager.

« Amour est courrier de gonades et lyre parcours de lymphes ».

Un nous rassembleur surgit de ces lits sensuels et nous sommes lecteurs tout près d’eux et nous suivons avec gourmandise ce que ces coeurs fluidifient dans l’espace lumineux de leurs rencontres.

En effet, autre mystère de cette poésie sensuelle, la lumière éclatante en mille particules de joie des corps, une lumière saine, physique, chaude, qui émane de ces mots manifestement alliés par consonances, comme une vraie langue de l’amour.
Dom n’a pas son pareil pour tirer à lui les effluves et les paradis très naturels de la fusion des corps.

Sa langue (comme sa compagnie) enchante.

Elle est fête des mots et des peaux. Elle est au fil des pages et des seize illustrations de Jean-Paul Laixhay une passion qui se dit jour après jour, dans le lit, non de la convention, mais celui des images neuves, qu’il trousse avec la fraîcheur d’un orgasme aux lèvres.

On voudrait, de ce livre magnifique, citer toutes les pages, tant elles nous donnent à lire la poésie mature, jeune et rafraîchissante d’un homme, qui sait évoquer avec pudeur son plaisir de donner à l’aimée, c’est rare, c’est jouissif et tout simplement beau.
Avez-vous vu l’intensité et l’amitié (autre forme de l’amour) qu’il y a dans les yeux de Massaut?

Faites le test. Il y a la bonté du monde. On envie l’amoureuse de ces pages, qui s’y trouve exaltée par des mots de chair, de sève, et les ondes vibrantes du plaisir.

Merci, Dominique, pour ce beau livre.

Philippe Leuckx

Ed. Le Coudrier, 116 p.

Extraits:

« On me voit l’hiver

m’accrocher aux traces

de tes odeurs »

« Que fait l’orée lourde de ton sexe

sous le poids plume des dentelles? »

« Un brin d’herbe

sous la dentelle des eaux

dit le nom de ton doigt. »

« Nous buvions la luxure et nous coupions le lit

de la chambre et la chambre de la maison »

Dominique Massaut sera présent ce samedi après-midi à la Foire du Livre de Bruxelles.

PIERRE REVERDY: 3 textes

La saveur du réel

Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.

Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.

 

Tard dans la vie

Je suis dur

je suis tendre

Et j’ai perdu mon temps

À rêver sans dormir

À dormir en marchant

Partout où j’ai passé

J’ai trouvé mon absence

je ne suis nulle part

Excepté le néant

je porte accroché au plus haut des entrailles

À la place où la foudre a frappé trop souvent

Un cœur où chaque mot a laissé son entaille

Et d’où ma vie s’égoutte au moindre mouvement

 

La repasseuse

Autrefois ses mains faisaient des taches roses sur le linge éclatant qu’elle repassait. Mais dans la boutique où le poêle est trop rouge son sang s’est peu à peu évaporé. Elle devient de plus en plus blanche et dans la vapeur qui monte on la distingue à peine au milieu des vagues luisantes des dentelles.

Ses cheveux blonds forment dans l’air des boucles de rayons et le fer continue sa route en soulevant du linge des nuages – et autour de la table son âme qui résiste encore, son âme de repasseuse court et plie le linge en fredonnant une chanson – sans que personne y prenne garde.

 

Pierre Reverdy (1889-1960)

Les Lymphéas de Dominique Massaut et J.-P. Laixhay

Le livre paru aux éditions du Coudrier sera présenté par Philippe Leuckx, au sein des dessins exposés, et fêtés aussi ce soir-là, de Jean-Paul Laixhay. Lectures par l’auteur.

Où? A L’Aquilone, 25 bd Saucy à Liège.

Quand? Le vendredi 18 février à 18 heures.

252942_1.jpeg« Miel et thé vert se mêlent ici dans la
métaphore du corps et du corps à corps … La
résille des mots en voile à peine l’étreinte sans
qu’aucun terme cru soit prononcé… Les jeux de
l’amour s’y entrelacent au verbe follet en un
phrasé végétal. Rien de grave ici, ni de pesant,
sinon les hébétudes accomplies qui rendent la
vie légère à ses privilégiés… »
Extrait de la préface de Jean-Michel Aubevert

 

Le site de Dominique Massaut:

http://www.dominique.massaut.net/

José Happart atteint d’une maladie grave

images?q=tbn:ANd9GcS1waCckmaz9rMgeYEFj5MMbcNyOofmmUNKpKtOhLpQGSWLDxjtL’ancien président du parlement wallon a annoncé dans un communiqué qu’il était atteint de la maladie d’Alka-Seltzer. « C’est grave », a-t-il déclaré à François Pompette de La Meuse. « Je suis accro à l’Alka-Seltzer. Je ne me souviens plus des autres boissons. Je ne les supporte plus, en fait. Il suffit que j’en commence une pour donner le reste à Michel Daerden. » L’ancien vice-président de la Région Wallonne et probable futur ministre des Tensions communautaires, contacté par le quotidien nie les propos de M. Happart. « Ecouteeez », a-t-il dit, avec son phrasé et zozotement caractéristiques, « Ze zont là les propos d’un aigri. Depuis qu’il n’occupe plus de fonction offizielle, Zozé ne zait plus comment faire pour qu’on parle de lui. Il tente d’attirer l’attention par tous les moyens. Il espérait qu’on z’apitoie sur zon zort à la façon de cette extrémizte du Nord du pays. Mais tout le monde zait à Liééch  qu’il continue à boire du pékèt comme un pété. » Allez, santé !