La Nuit de la Belgique sauvage

Visionnaires allumés, performeurs insolites, poètes, oulipiens, pataphysiciens, faiseurs d’aphorismes inspirés… Le 31 mars, découvrez, dans le cadre du Printemps de l’irrévérence à Paris, la Belgique comme vous ne l’avez jamais vue !

Cette espèce bizarre de scripteurs dérangés n’est pas en voie d’extinction. L’écrivain et plasticien André Stas propose d’en découvrir les spécimens les plus surprenants tout en évoquant la figure emblématique d’André Blavier, pataphysicien qui fut proche de Raymond Queneau avec lequel il a correspondu, et auteur d’une somme unique : Les Fous littéraires (Ed. des cendres).

Avec la complicité de Noël Godin, auteur d’une Anthologie de la subversion carabinée (Ed. Age d’homme).
Participation de: Jan Bucquoy, Éric Dejaeger et Jean-Philippe Querton, Théophile de Giraud, Fanchon Daemers…

La Nuit de la Belgique sauvage
Lectures, rencontres, performances
Centre Wallonie Bruxelles

127, rue Saint-Martin
75004 Paris

du 31 mars au 1er avril 2011 à 21h
Entrée libre

http://www.cwb.fr/

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Expo Gucciardo à Marchienne-au-Pont

Salvatore GUCCIARDO, dans le cadre de la présentation de SI LONGUES SECONDES de Daniel CHARNEUX aux éditions Audace, expose des oeuvres à la bibliothèque M. Yourcenar de Marchienne-au-Pont jusqu’au 8 avril.

Voir la vidéo de la télé locale Télésambre:

http://telesambre.rtc.be/content/view/11042/401/

Anne Staquet à Dour

Le centre culturel de Dour accueille pour le cycle « Lecture » le mercredi 30 mars 2011 à 19h00 Anne Staquet pour la découverte de son 1er Roman « Malentendus ».

Anne Staquet est docteur en philosophie et enseigne à l’Université de Mons. Elle a publié cinq essais philosophiques. « Malentendus » est son premier roman.

Daniel Charneux interviewera l’auteur à propos de ce roman.

« Face aux tableaux, la réaction commune consiste à les contempler, à les apprécier pour leur qualité picturale ou pour les émotions qu’ils suscitent, voire à estimer s’ils feraient un bon placement. L’attitude de Mado est toute différente: elle ne les regarde pas, elle les caresse; elle ne les juge pas, elle écoute ce que leurs personnages lui racontent ; elle ne les achète ou les vend pas, elle les kidnappe quelques temps pour vivre plus longtemps en leur compagnie… »

Découvrez un extrait
http://www.wobook.com/WBtc25a2ra2bBl6F-1-f/Malentendus.html

http://www.centrecultureldour.be/

Centre Culturel de Dour
Rue du Marché, 1 | 7370 DOUR (Bel)
Tél: +32(0)65.761.847 | Fax: +32(0)65.652.958

Le dictateur & le philosophe

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Samedi soir, j’ai adopté un dictateur. Il était tout piteux sans son pays, son armée, ses affidés. Evidemment, après quelques heures, il n’y en avait que pour lui, il me menait à la baguette, me voulait à sa botte, dormait seul dans mon lit. Dimanche matin, un philosophe de quartier qui oeuvrait sur le marché matinal a attiré l’attention d’une troupe de va-t-en-guerre sur mon état, à la solde du dictateur. Munis d’épées en plastique dur, de pétards pirates et d’une lance à incendie, ils ont pris possession de mon logement, mettant tout à sac et faisant fuir le pauvre despote qui a dû migrer dans une ville voisine. Depuis, ils occupent mon appart’ et impossible de les faire déguerpir tant ils sont investis de leurs bons droits. Le philosophe, qui était à la rue, les a rejoint après les échauffourées et squatte maintenant mon bureau et mon pc où, en dépit de mes protestations répétées, il défend d’autres nobles causes. 

Ecrire me fatigue de plus en plus…

Ecrire me fatigue de plus en plus

Aussi serai-je d’autant plus bref.

 

Poète sans beaucoup d’audience

je me suis fait un « non » dans les lettres.

 

Loin des esprits enrégimentés

par les entrepreneurs de félicité,

 

ce qui me rend la vie supportable

c’est qu’on s’occupe peu de moi.

 

Paul Neuhuys (1897-1984)

in Le secrétaire d’acajou

Le blog de la fondation Ça ira!:

http://caira.over-blog.com/pages/Presentation-543984.html

 

Ô vieillesse ennemie, par Denis Billamboz

 

O vieillesse ennemie !

Ce titre sorti tout droit des œuvres du Père Hugo, si ma mémoire ne me trahit pas une fois de plus, me semble tout à fait convenir pour rassembler ces deux textes pourtant si différents. En effet, la Japonaise Ariyoshi et l’Italienne, à demi Irlandaise, Mazzantini ont traité toutes les deux de la vieillesse et surtout des problèmes qu’elle cause aux autres, la famille principalement, dans notre société actuelle. Si le problème est posé de la même façon, il n’est pas résolu  avec les mêmes atouts par les deux auteurs, la Japonaise qui subit son beau père, trouve une forme de rédemption dans la tendresse qu’elle dispense à ce vieillard alors que l’Italienne inflige un traitement beaucoup plus féroce à la vieille grand-mère qui ne fait, elle aussi, aucun cadeau à son entourage. Deux livres qui nous rappellent un peu insidieusement que, nous aussi, nous serons vieux un jour, du moins nous l’espérons tous, et que nous serons certainement des poids lourds pour nos familles. Oublions vite ces sombres pensées et lisons ces livres avec tout le détachement nécessaire.

51ZzcbfPA5L._SL500_AA300_.jpgAntonera

Margaret Mazzantini (1961 – ….)

Quand sa grand-mère décède elle se souvient de cette vieille femme qui se désagrégeait au milieu de ses amies toutes décaties, « Tu as vu comme elles sont vieilles, mes amies ? Mon dieu, dans quel état elles sont ! ». Après avoir évoqué cette grand-mère, elle nous emmène dans une excursion de son arbre généalogique à la découverte de ces ancêtres riches terriens qui ont dilapidé leurs biens, incapables de tirer quelques fruits de leur immense domaine. Quelques générations de femmes mal mariées, souvent trop tard, avec des maris de circonstance pour ne pas rester veuves et faire perdurer l’héritage, incapables de donner suffisamment d’amour à leur mari, souvent trop faibles, et à leurs enfants qui ne leur ont apporté que douleur et peine. Toute une ascendance qui ne recèle que la misère sentimentale et affective avant de subir la vraie misère matérielle et physique quand vient le fascisme et son cortège de malheurs : la guerre, les privations, les choix et leurs conséquences, …

Fille d’Irlande et d’Italie, Mazzantini, livre un portrait sans complaisance aucune de cette famille où l’amour tant affectif que physique n’existe pas ou presque pas, où les femmes ne sont pas aimantes, où les mères ne sont pas maternelles, où les époux sont résignés. Un monde que les odeurs identifient bien et qui prennent une place prépondérante dans le récit. « Le premier souvenir que j’ai d’elle est olfactif : l’odeur de la naphtaline des vêtements dans lesquels ses aisselles éternellement humides transpiraient ; l’odeur de sa bouche, quand elle montrait les dents toutes identiques de sa prothèse pour me faire la fête ; l’odeur âpre de la paume de sa main qui serrait mon visage. »

Un récit d’un grand pessimisme sur l’existence, aussi sombre que la vie de sa grand-mère « Elle mâche ses paroles, se raconte sa peine, le calvaire qu’est pour elle la guerre, et celui que sont ses fils. Ses fils qui ne lui ont donné que de la douleur ». Et cette vie de douleur et de frustration, n’est qu’un prélude à une dégénérescence inéluctable vers les affres de la vieillesse et de la solitude. Cette vieillesse qui pue et qui emmerde tout le monde, gâchant la vie de ceux qui pourraient encore en profiter. « Non, la vie est un souci qu’on ne devrait pas avoir. »

Un livre sombre un peu trop scatologique et parfois étonnamment grandiloquent dans ce contexte misérabiliste. Un livre à déconseiller aux pessimistes et aux anxieux.

 

411PX4FYK6L._SL500_AA300_.jpgLes années du crépuscule

Sawako Ariyoshi (1931 – 1984)

Dans les années soixante-dix, dans un quartier populaire de Tokyo, la grand-mère Tachibana décède brusquement, en rentrant de chez le coiffeur, laissant le grand-père désemparé et la famille surprise et embarrassée. Rapidement celle-ci se rend compte que le grand-père manifeste des signes inquiétants de sénilité, il ne reconnait plus ses enfants mais seulement sa bru, la main qui le nourrit. Il fait des fugues et est pris, la nuit, de crises d’angoisse. Sa dépendance est de plus en plus importante et seule sa bru peut s’en occuper, elle délaisse un peu son emploi,  cherche de multiples solutions pour le faire surveiller mais finalement c’est toujours elle qui doit intervenir au détriment de sa santé et de son travail.

Dans ce roman linéaire, précis et détaillé, parallèle à la courbe descendante de la santé mentale et physique du grand-père, Ariyoshi pose sans ambigüité et avec une grande lucidité le problème des vieux dans la société japonaise des années soixante-dix, en plein boom économique. Elle constate que les vieux deviennent de plus en plus un handicap pour les familles et que même s’ils en ont conscience ce handicap est bien difficile à surmonter. « Moi non plus je ne demandais pas à vivre si longtemps mais, si je me suicide, on aura du mal à marier mes petits-enfants. »

Le vieillissement de la population est un sérieux problème pour la société, les vieux coûtent cher. Les jeunes ne veulent pas prendre le risque de perdre leur emploi, ou la possibilité d’être promus, à cause de parents encombrants. Et, chacun tremble à l’idée d’avoir un jour un aïeul à charge, ou de devenir soi-même un fardeau pour la famille.  Ainsi, le père et la mère auscultent attentivement leur corps et paniquent à chaque petit signe de vieillissement, porter des lunettes devient un indicateur fort du début de la déchéance que le grand-père leur offre quotidiennement en spectacle. Ils prennent ainsi brutalement conscience des dégâts causés par l’âge et que le leur les conduit doucement vers cette décrépitude qui affecte l’aïeul. L’angoisse de leur propre vieillesse qu’ils voient dans la déchéance du grand-père vient s’ajouter à la charge de travail causée par celui-ci et à la douleur morale de voir son parent devenir sénile.

Dans cette douloureuse situation, l’auteur met aussi en évidence toute la charge qui retombe sur le dos des femmes dont le salaire n’est pas encore considéré comme un élément indispensable du revenu familial même s’il concourt sérieusement au niveau de vie de la famille. C’est la place de la femme dans la société japonaise qui est mise en cause, elle doit, en plus de son emploi,  gérer les problèmes domestiques, y compris ceux qui affectent la belle-famille, sans obtenir pour autant la reconnaissance qu’elle mérite. Mais la maman Tachibana s’acquitte de sa mission avec résignation parce qu’il le faut bien mais  aussi parce qu’elle à l’impression qu’elle sera peut-être bien traitée le moment venu si elle soigne bien son beau-père. « C’est peut-être idiot, mais j’ai l’impression que, si je m’occupe bien de ma belle-mère maintenant, je souffrirai moins plus tard. » dit sa voisine.

Mais progressivement, elle s’attache à ce vieillard qui ne l’a jamais aimée, et éprouve pour lui une certaine tendresse qui l’incite à l’accompagner vers la fin de sa vie avec une sorte d’amour filial et une réelle humanité. Ainsi ce livre sur la vieillesse et la fin de vie devient aussi une belle histoire de femme qui m’a remis en mémoire « Chemin de femmes », ce beau roman que Fumiko Enchi a consacré aux femmes japonaises. C’est aussi une réflexion sur la vie et son éphémérité, et sur la mort qu’il convient de relativiser. « Elle avait toujours pensé que la mort était l’épreuve la plus terrible dans la vie d’un être humain, mais maintenant elle savait que survivre pouvait être encore plus douloureux. »

Denis Billamboz

 

Les allergies

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Il y a des écrivains auxquels tous les malheurs arrivent. Allergique aux mots, il avait mis dix ans pour finir une phrase. Quand sa phrase parut, le contact des  lecteurs lui procura des rhinites à répétition et il ne put plus les approcher.  Quand, enfin, les éditeurs lui provoquèrent de l’eczéma, il craignit fort pour la suite de sa carrière.