Par les nuits tièdes, et autres textes, par Philippe Leuckx

Par les nuits tièdes

Par les nuits tièdes, l’enfant resquille le vent et le lait des arbres. Il fait venir à lui, sur le balcon, les astres et s’entretient avec le ciel. Son chant respire les étoiles. Il est sans espace, à la mesure des rêves. Il ressemble au poète. Sans doute a-t-il moins de chaînes. Il hume la lumière et repousse le noir.

 

Sur la colline sèche

Du balcon à la colline, un surplomb d’été. Il va falloir grimper soleil. Et graver dans le bleu ces mots qui frétillent dans les herbes courtes – pierre, vipère, repaire de rapace. Le regard évince le moindre faux pas. La main caresse une chaleur sourde. Toute l’enfance s’assèche dans les bruits émiettés.Parfois la grâce libre d’un oiseau signe l’espace ouvert. L’été couve, intact.

 

Les talus

La frontière toute proche. Les talus, avec leurs cargaisons de flèches. L’enfance est un arc tendu. Parfois, elle nous revient , fraudeuse, frondeuse. On a dans les poches des bouts d’herbes sèches. Et l’odeur des poussières au fond des yeux. De quels chemins profonds ne reviendrais-tu pas? De quelle salive de conquête?

Elle est là. Si loin convoitée. Si sûre. Presque réelle. Là, à la margelle du temps, là où les yeux mouillent comme barques au port.

 

Philippe Leuckx

(inédits)

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