Paul Louka (1936-2011)

Ce n’est pas la faute aux poètes (1975)

Car les poètes, pareils au bois qu’on fait les croix,
S’en vont tous enrhumés.
Et les poètes jamais n’iront au Panthéon
Des saintes renommées.

Ils n’iront pas au paradis,
Pas en enfer, pas à Paris.
Si leur chanson est éphémère,
Ce n’est pas la faute aux rivières.


Ma guitare n’est plus espagnole (1976)

Ma guitare n’est plus espagnole,
Elle n’ira plus se faire bronzer.
Et merde à la Costa del Sol
Où les poètes sont étrangers !
Si ma guitare est enrhumée,
Je prendrai mon harmonica
Pour mieux jurer fidélité
à Garcia Lorca.

Mi pais esta triste
Todo muere incluso la libertad
Mi pais esta triste
Madre, viva la libertad

Linda (1975)

Le cœur sans armure,
Par-dessus le mur
Du jardin,
Je la regardais
Venir à moi dès
Le matin.

Elle s’appelait Linda.
Elle avait, oui da,
De beaux seins.
Le feu dans le corps,
Moi, j’étais encore
Un gamin.

De septembre en mai,
Nous suivions le même
chemin
Jusqu’à son lycée
Où notre odyssée
Prenait fin.

Seul et sans discours,
J’allais à mon cours
De dessin.
J’y buvais dans l’art
Toutes les couleurs
Du chagrin.


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