TROPIQUE DU SURICATE (extraits) de Pierre TRÉFOIS

 

Je consacre la meilleure part de mon temps à ne pas écrire.

Et la pire à me demander pourquoi personne ne me répond.

 

 

Bienheureux phoques qui ont des paupières aux oreilles !

Malheureux humains qui ont des œillères aux tympans !

 

 

Il y a des livres épuisés.

Je me contente de ne pas me fatiguer

à en écrire des harassants.

 

 

Journal intime : psychanalyse didactique, constante et portative.

On s’y invente des labyrinthes d’où l’on sort plus minus que minotaure.

 

 

Ma fille Livia joue du violon à contre-cœur ; ma fille Anne joue du violoncelle à contre-cœur.

J’entends leurs disques de Michaël  Jackson à contre-cœur.

La musique adoucit peut-être les mœurs mais ne resserre pas les liens familiaux.

 

 

Marguerite Duras Uivre.

 

 

La social-démocratie : le « deuxième bureau » de la bourgeoisie.

 

 

S’endormir avec le sentiment que tout va trop mal pour que ce soit vrai.

Et que le Père Noël serait bien inspiré d’offrir, aux jeunes générations futures, des jouets de tendance marxiste.

 

                                        (extraits de TROPIQUE DU SURICATE,

                                        à paraître chez Gros Textes en 2012)

                                                           Pierre Tréfois

Interview Livres & vous: Pierre TRÉFOIS

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trefois.jpgPierre Tréfois est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. Grand lecteur, poète rare, peintre et, entre autres, animateur de rencontres culturelles, il excelle dans la pensée aphoristique, qu’elle s’exprime en vers ou en prose. Si on ne devait citer qu’une référence, ce serait Chavée pour la gravité et la dérision, la force de frappe et la réserve, auquel il fait directement penser mais ses admirations sont nombreuses, et dans divers domaines artistiques.cover_trefois1.jpg

Son dernier ouvrage, Lents bivouacs des nues vient de paraître chez L’arbre à Paroles et le  prochain, Tropique du Suricate, dont il nous livre quelques extraits en primeur sortira chez Gros Texte.

 

Premier souvenir de lecture

Les « romans » de la comtesse de Ségur, les aventures du Club des Cinq, Toine Culot, etc. Dans les années 50, en Wallonie profonde, rien d’alternatif pour les p’tits jeunes.

Lectures néanmoins enthousiastes.

 

images?q=tbn:ANd9GcSAUtz8UWqBAAP9AZvDvD3XJzZEgmD1yFCgnuX1XL8nJEmTZXAktgAuteurs fétiches

(Je ne cite que des vivants.)

En prose : Pierre Autin-Grenier (en photo), Eric Chevillard, François Emmanuel, Gil Jouanard, Jean

                 Rouaud.

En poésie : André Doms, Jean-Michel Maulpoix, Jean-Louis Rambour.

 

Livres que je n’aurais jamais dû lire

Une grande quantité des envois reçus en tant que recenseur dans diverses revues poétiques/politiques. Ce qui m’a conduit à cesser cette activité, qui m’a par ailleurs valu d’excellentes surprises.

 

Auteurs méconnus à recommander

En France : Michel Pierre.

En Belgique : André Beem.

 

images?q=tbn:ANd9GcR4X3SAagEyArj4ezdUe_qD9QFDdowpuEkwfNFDiPOept1g43w2L’écrivain que j’aurais aimé rencontrer

Emile Ajar  – mais en l’absence de Romain Gary.

 

Personnage de roman préféré

Albertine Simonet (A la recherche du temps perdu).

Je confesse l’avoir trompée, ces dernières années, à plusieurs reprises, avec Lisbeth Salander

(Millenium).

 

Quand, comment, où écrivez-vous ?

Vu les dimensions minuscules de ce que j’essaie d’immortaliser, c’est n’importe où, n’importe comment et n’importe quand. Pour peu que l’on me cède bout de papier & crayon  si, d’aventure, je me balade les poches vides lorsque l’inspiration surgit rageusement, tel l’albatros hurleur dans la suite Sofitel de sa dulcinée, en période de nidification intensive.

 

Un épisode de votre vie qui vous a servi de modèle

L’épisode le plus sombre, transposé dans mon recueil L’ellipsée. Ma discrétion naturelle m’a conduit à être si allusif et crypté que mes proches n’y ont vu que du feu. Et les autres, les cendres de fragments mélancoliques sans mobile apparent.

 

Un conseil à donner à un jeune auteur

Sois, comme Joubert, « tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase et cette phrase dans un mot ».

 

images?q=tbn:ANd9GcSaQmaLg0zqbiBbXEwnkKDyMjVKyOvb-nvAkE-A5LqaZ5I32lISbgCitation préférée

« Désormais il va falloir travailler sans citations. » Lénine, en 1917

 

Coup de cœur artistique récent

Darbareye Elly (A propos d’Elly), long métrage iranien d’Asghar Farhadi.

 

Lents bivouacs des nues (L’arbre à Paroles):

http://maisondelapoesie.com/index.php?page=lents-bivouacs-de-nues—pierre-trefois

 


Jean-Louis Murat: nouvel album & propos choisis

Vendre les prés

Un titre inédit (tiré des séances d’enregistrement de Grand lièvre):

http://www.jlmurat.com/spip.php?article9

Extraits d’une interview à Nord Eclair

« La chanson française est, elle aussi, une spécialité en voie de disparition. »

« Tous les nouveaux groupes chantent en anglais.
Dans le fond, je m’en fous. C’est rigolo, ils ont des accents à coucher dehors.
J’ai des amis musiciens américains qui ont eu des crises de fou rire en écoutant ça. Ils ont trouvé les textes complètement tartes ! L’inverse est aussi de mise. Quand Bowie chante Amsterdam, c’est un sommet. Mais qu’est-ce qu’il raconte ? »

« Je me supporte beaucoup mieux si je sais qu’à la fin de la journée j’ai écrit une chanson. Je suis plus « léger » comme dirait Strauss-Kahn… »

« J’écris pour n’importe qui, il suffit qu’on me demande. C’est alimentaire. Tous les ringards de la chanson réclament à Miossec, Dominique A, Beaupain ou moi d’écrire une chanson. On est une grosse dizaine dans la boucle. Il y a une sorte de pédophilie artistique. »

« Parfois, j’ai senti que j’écrivais « THE » chanson mais je me suis toujours démerdé pour la saborder. D’avoir un tube, ça me tuerait. »

http://www.nordeclair.fr/Loisirs/Musique/sorties_disques_-_rencontres/2011/09/25/jean-louis-murat-l-indomptable.shtml

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Maigros…

Voici la fiche de présentation de Maigros, histoire de vous faire une idée du personnage avant de vous procurer le récit de 100 de ses pitoyables mais irrésistibles aventures…
Le premier ouvrage des Cactus Inébranlable éditions. A paraître le 30 septembe 2011 au prix de 15 € (seulement).
« Nom : Maigros
… Prénoms : Désiré Prosper Richard Ernest Ghislain
Nationalité : Belgique
Date de naissance : 17 décembre 1962
Lieu de naissance : Dampremy (Charleroi)
Taille : 1 m 72
Poids : 117 kg
Cheveux : bruns, grisonnants, avec calvitie occipitale
Yeux : bruns
Un con congénital, Désiré Maigros. Peu après sa naissance sur la table de la cuisine dans une maisonnette pas très proprette de la banlieue carolorégienne, la fée de la bêtise a certainement dû se pencher très longuement sur son espèce de berceau, un vieux bac en bois de feu la Brasserie des Alliés.
Il a quatre ans quand il réussit à dire « papa » correctement – son géniteur va déserter la soue familiale deux ans plus tard suite à un matraquage maternel. À presque sept ans, il effectue ses premiers pas sans tenir la main de sa môman.
Deux jours plus tard, s’essayant au sprint sur cinq mètres, il chute lourdement et se casse un bras.
[…] Il obtient son C.E.B. à presque vingt ans et son diplôme d’études secondaires à l’âge de trente-deux ans. Malgré ces avatars, il est heureux : sa mère, poivrote notoire du quartier dit Fond des Piges à Dampremy, l’a initié dès l’âge du biberon aux plaisirs de l’alcool et, quand il a commencé – tardivement, il est vrai – à gonfler de la zigounette, à ceux de l’inceste […]
À trente-quatre ans, Maigros se retrouve seul. Grâce à son parrain Prosper qui a des accointances avec tous les milieux interlopes de Charleroi, depuis la plus petite pègre jusqu’à la Maison communale, il se fait engager là où les cons sont facilement acceptés : la police. »

Réservez votre ouvrage dès à présent et bénéficiez des frais d’envoi gratuits en Belgique. (offre valable jusqu’au 10 octobre)
Le livre paraît le 30 septembre et coûte 15 €.
En savoir plus ?
http://cactusinebranlableeditions.e-monsite.com/

cactusinebranlableeditions.e-monsite.com

L’univers d’une maison d’édition.

Le cycle des mots

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Les mots se font eau, aube, ouverture, saillie, faille, puits, pluie. Ils retombent sur la page et la mouille. Petites rigoles des phrases qui se rejoignent dans le texte. Le lecteur aux abois boit, il se saoule de lettres, peu importe le sens pourvu qu’il hèle l’ivresse. Les merveilleux nuages de la page finissent par passer. Le livre refermé, ils peuvent, les rêves de papier, noircir à l’envi la feuille blanche de la nuit car c’est à l’ombre des faits, pliés, repliés dans la lumière cabossée, chiche, chimérique de l’étrangeté, qu’on lit le mieux.

Revu « Bubu » de Mauro Bolognini, par Philippe Leuckx

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images?q=tbn:ANd9GcTPUGMTtdmT1AfCMdiujNyLGpJoGzfD2xv4bGSFjITr2kdYtXOn9AFilm de 1970/1971, jamais distribué en France, tiré d’un roman de Charles-Louis Philippe, « Bubu de Montparnasse », librement adapté et transposé de Paris à une ville qui combine des décors réels de Turin, Rome, Milan, « Bubu » est l’une des oeuvres charnières de la deuxième grande époque créatrice de l’auteur qui va de 1969 à 1976, période durant laquelle il multiplia les grandes oeuvres : de « Metello » 1970 à « L’Héritage » 1976. D’un prix de Cannes à un autre prix de Cannes, pour deux de ses interprètes : Ottavio Piccolo et Dominique Sanda. En passant par « Un merveilleux automne », « Per le antiche scale », « La grande bourgeoise », « Libera mio amore ».

Dans sa première phase créatrice, Bolognini avait entre autres adapté des oeuvres de  Brancati, Moravia,  Svevo et Pasolini (auteur de plusieurs scénari) : « Les garçons », « ça s’est passé à Rome », « La viaccia », « Le bel Antonio », « Senilità », « La corruption », « Agostino »…

« Bubu » relate le parcours hyperréaliste de trois personnages dans une ville populeuse : Berta, blanchisseuse, Gino, boulanger qui deviendra maquereau et pousse sa femme à embrasser la condition de prostituée, un étudiant enfin qui tombe amoureux de Berta…Piero va tout faire pour l’extirper de ce milieu vénal. Gino Martone vole, violente Berta, se retrouve en prison…

De la scène liminaire – scène à la blanchisserie, séquence fabuleuse de justesse descriptive -,  à la fin, aux bords de la rivière, on suit de très près les protagonistes englués dans la misère, dans la crasse de taudis aux murs écaillés, dans le rejet systématique des prostituées syphillitiques, qu’on soigne en hôpital avec le mercure.

Le travail de mise en scène de Mauro Bolognini tire ses atouts d’une attention extrême aux costumes plus vrais que nature, aux décors réels ou reconstitués avec les palissades, les murs jaunes et sales…

Les couleurs rendent hommage aux toiles impressionnistes et la virée à la guinguette relaie cette atmosphère de fête juste avant la tragédie…

L’interprétation d’Ottavia Piccolo (rôle de Berta) et de Massimo Ranieri (l’étudiant), vibrante, sensible, ajoute aux qualités plastiques de l’ensemble.

Bolognini soigne ses cadrages comme de vrais tableaux et l’on ne peut oublier toutes les séquences qui mettent en valeur le dénuement de l’héroïne malade. Un naturalisme zolien anime ces scènes ainsi que celles où les prostituées cherchent le client, grimées comme au carnaval. Ce qui annonce le travail sur les masques dans « Per le antiche scale » et « L’héritage »…

L’art de Bolognini – oeil d’architecte et coeur sensible – magnifie la plastique des couleurs, des robes, des visages et des corps. La crudité des dialogues, le prosaïsme de certains personnages attisent la noirceur du constat : il ne faisait pas bon vivre dans ces miasmes de quartier, entre les assommoirs et la rue, et ces escaliers de désolation.

Au tout début du film, le spectateur est anéanti par la vision tournoyante d’un immeuble à galeries, laid à souhait, qui décrit mieux qu’un chapitre entier, les dérisoires logements populaires, un ancêtre d’achélème.

Fabuleuse réussite sociale, psychologique, « Bubu » est sans doute l’un des fleurons de l’art d’un cinéaste qu’il faut placer aux côtés de De Sica, Antonioni,Comencini,  Scola, Amelio, Pasolini, comme l’un des meilleurs imagiers (au sens le plus noble) et l’un des meilleurs moralistes d’un cinéma doué autant pour la critique sociale que pour l’émotion.

NB Si vous souhaitez en savoir plus sur l’auteur, lisez l’entretien de Jean Gilli avec Mauro Bolognini, repris dans le volume 10/18 « Le cinéma italien », n°1278, 1978, pp.78-118. En outre, une belle étude de Bruno Duval (dans La revue du cinéma – Image et Son n°317 de mai 1977) montre l’importance esthétique de l’auteur et son travail plastique

Philippe Leuckx

 

Le film complet (en V.O.)

http://www.youtube.com/watch?v=QumeusNwlMU&feature=results_video&playnext=1&list=PLA866CA27B62156BC