Littérature au jardin

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Samedi soir, j’ai ouvert puis étalé tous mes livres sur la pelouse. Une garden-party de mots. Une exposition au grand air avant la fin de l’été. Ils en avaient bien besoin, mes livres, après deux mois pour le moins passé dans le confinement d’une bibliothèque poussiéreuse. C’était aussi l’occasion de présenter les petits nouveaux aux anciens, puis de les regarder d’un regard attendri, un verre de Chablis à la main: les Lapeyre sympathisant avec les Toussaint, des Schlink échangeant avec les Kundera, les Grondahl partageant des noms de lieux avec les Modiano, les Haddad devisant avec les Perec, les Chessex collés avec les Sade et les Bataille… Tout ça dans une ambiance conviviale, saine, de post-vacances quand la voisine a crié que tous ces mots étalés, côte à côte, ventre contre terre, c’était obscène.

Perplexe, j’ai pris le tuyau et ai hésité à arroser la mégère avant de noyer toutes les pages d’un jet rageur. Heureusement la Régie avait coupé l’eau. Et je n’avais plus assez de vin. J’avais déjà imaginé les pages détrempées, les mots englués dans leur pâte à papier et la place nette pour l’intégrale d’Amélie Nothomb. Finalement, j’ai vérifié qu’aucun chat n’irait pisser, en répandant du révulsif (en l’occurrence des pages de Chien blanc, Le chien des Baskerville, La nuit des chiens...) entre les bouquins et je suis parti me coucher. A l’aube, j’ai été réveillé par la rumeur livresque montant de l’herbe fraîche se mêlant au cri des oiseaux : tous mes livres étaient là qui m’adressaient des messages subliminaux par-delà nuit et silence. Comme à leur habitude, en fait.