Le fantôme de Patrick Sabatier

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M1bis-26-06.jpgSamedi soir, j’ai regardé Les Stars du rire. animées par un triste sire. Puis, déguisé en citrouille, je suis sorti quémander des bonbons dans l’immeuble. Je suis rentré, j’ai aligné ma récolte sur la table basse et j’ai bombardé de sucreries l’écran-toile d’araignée. L’animateur fantôme résistait à mes tirs,  faisant mine de spectre,  jouant son propre drôle, son franc sourire des premiers Avis de recherche effacé depuis longtemps. Mais le squelette intact,  sous des lambeaux de chair résistants à l’épreuve des années. Les fantômes de télévision ont la vie dure.

MYSTÈRES IBÈRES, par Denis Billamboz

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Mystères ibères

Pour la lecture de cette quinzaine, j’ai rapproché deux livres venus d’Espagne, produits de cette littérature luxuriante qui a littéralement explosé après la chute du pouvoir dictatorial. Une pléiade d’écrivains ont surgi des cendres du franquisme qui les étouffait tellement et depuis si longtemps que la production a été extraordinaire et que les talents ont fleuri de Barcelone à San Sébastien et de Séville à Pampelume. Pour cette publication, j’ai choisi deux œuvres qui essaient de nous expliquer chacune un mystère mais qui surtout, dans mon esprit, illustrent assez bien cette profusion littéraire ibérique actuelle. Et, pour une fois, j’ai cédé aux sirènes des marchands, je me suis laissé tenter par « L’ombre du vent » qu’on trouve en piles énormes dans le moindre point de vente, et bien m’en a pris.

 

41ERHEN5A0L._SL500_AA300_.jpgUne complicité

Manuel De Lope (1949 – ….)

Restons complices de cette histoire que Manuel De Lope esquisse, plus qu’il écrit, dans un long cheminement, presque aussi long que la lecture de son récit, depuis le viol de Maria Antonia, très jeune fille qui vivait alors dans une taverne sur les bords de la Bidassoa, au moment où « Cette guerre qui commençait sans savoir que c’était vraiment une guerre », jusques à l’arrivée, plusieurs décennies plus tard, de Manuel Goitia dans la maison de Maria Antonia qu’elle partagea  avec Isabel, la grand-mère de Manuel.  Isabel qui eut le malheur d’épouser cette même année, 1936, un militaire qui choisit le mauvais camp et mourut fusillé par les vainqueurs quelques mois après son mariage laissant sa femme éplorée et enceinte. Maria Antonia après avoir subi ce viol quitta sa maison pour rejoindre un protecteur attentionné qui lui demanda de venir servir Isabel isolée dans sa maison en bord de mer après le décès de son mari.

L’histoire, le destin, réunit ces deux femmes qui font partie des dégâts collatéraux de cette guerre fratricide et aveugle qui assassine et martyrise les innocents, laissant Maria Antonia violée et Isabel veuve, mettre leur malheur en commun pour construire une autre vie que l’auteur ne nous contera pas mais que nous pourrons imaginer après le récit du séjour de Manuel chez Maria Antonia pour préparer ses examens, plusieurs décennies plus tard, quand Isabel est décédée et Maria Antonia devenue une vieille femme renfermée. Sous le regard du Docteur Castro, le voisin des deux femmes depuis toujours, l’histoire se dessine, s’esquisse, et on pourrait reconstituer la vie de ces deux femmes avec Veronica la mère de Manuel partie vivre à la ville.

Ce récit tout en allusions, suggestions, détails anodins mais explicites, nuances, couleurs, odeurs, et sons, s’il effleure l’histoire que ces deux femmes auraient pu vivre, raconte surtout la généalogie de Miguel telle que le voisin l’a vue se construire. Certes ce récit est d’une grande finesse mais il ressemble un peu trop à un exercice de style tant il fait devoir appliqué et studieux d’un premier de la classe qui veux épater son professeur. Le récit est lent et répétitif, l’intrigue est éventée et prévisible dès le début. L’intrigue n’est d’ailleurs pas l’élément central du récit mais seulement le prétexte à une narration studieuse et étudiée sur la fatalité, les aléas de la vie que les hommes, en la circonstance plutôt les femmes, ne maitrisent pas et surtout sur la façon dont deux être malmenés par le sort arrivent à construire un possible en mélangeant deux vies devenues impossibles  dans une complicité nouée à huis clos et partagée avec le seul témoin nécessaire, le voisin docteur protagoniste passif. Une vie où « la quantité nécessaire de dissimulation et de mensonge  pour que le dommage que la vie avait infligé à ces deux femmes soit d’une certaine façon compensé. »

Ce texte est aussi un message d’espoir pour tous ceux qui doivent faire face à l’injustice du sort  mais qui peuvent toujours espérer voir un coin de ciel bleu dans leur avenir. Et aussi, peut-être, une réflexion sur la vérité qu’il n’est pas toujours nécessaire de connaître pour construire un avenir serein, rempli d’espoir.

 

41mW8DfziML._SL500_AA300_.jpgL’ombre du vent

Carlos Ruiz Zafon (1964 – ….)

Je ne me souviens pas d’avoir dévoré un livre avec une telle voracité, je me suis jeté dessus comme un affamé. « Avant même d’avoir pu m’en rendre compte, je me retrouvai dedans, sans espoir de retour. » Et, pourtant ce roman n’est sans doute pas le meilleur que j’ai lu mais il a un côté si fascinant et l’auteur à un tel talent pour empêcher le lecteur de poser son livre qu’il est difficile de ménager quelques pauses pour s’alimenter avant d’en avoir avalé les cinq cent vingt cinq pages.

Tout au long de cette lecture, j’ai pensé à Pascal Mercier et à son « Train de nuit pour Lisbonne », le héros de Ruiz Zafon, comme celui de Mercier, découvre, par hasard, un livre qui va complètement chambouler sa vie et même celle de son entourage. Un bouquiniste de Barcelone fait découvrir, à son fils, le cimetière des livres perdus et lui demande, selon la tradition, de choisir un livre dont il aura le plus grand soin. Le héros de Mercier avait lui trouvé un livre par hasard chez un autre bouquiniste, à Berne,  qui lui en avait fait cadeau.

Après avoir lu ce roman d’une traite, Daniel, le fils du bouquiniste, veut absolument en connaître l’auteur et la vie qu’il a eue comme le héros de Mercier veut lui aussi partir pour Lisbonne à la rencontre de l’auteur de son livre. Daniel va alors, pas à pas, après moult aventures, péripéties, arias et autres dangers, reconstituer la vie de celui qui a écrit le livre qu’il admire tant et constater que cette vie est étrangement semblable à la sienne. Et si Mercier, profite de l’intrigue qu’il a construite pour s’interroger sur la nature profonde de l’homme, celle que nous ne pouvons pas percevoir, Ruiz Zafon s’évertue lui à bâtir un édifice romanesque d’une grande virtuosité où il faut bien suivre les personnages pour ne pas se tromper entre les deux histoires parallèles qu’il nous livre. Mais, les parallèles ne se rejoignent qu’à l’infini et il n’est pas certain que le maître nous conduise jusque là bas.

Si ce livre est d’une grande virtuosité romanesque c’est aussi, et peut-être avant tout, un formidable de livre sur l’amour et la haine mais surtout sur la haine. J’ai rarement lu un livre où la haine est présente d’une façon si prégnante, où une accumulation de rancœur, de jalousie, d’envie, de frustration inspire un tel sentiment dans une telle démesure. L’action se situe bien sûr à Barcelone avant, pendant et après la guerre d’Espagne et,  à cette époque, la haine était largement répandue dans les populations de cette ville que Ruiz Zafon nous montre plus grise, plus froide, plus humide et plus triste que n’importe quelle ville nordique sous la pluie, pour accentuer le côté sinistre de son histoire sans doute.

Car cette histoire, c’est aussi le cimetière des amours impossibles, contrariés ou non partagés mais souvent porteurs d’une haine latente, d’un profond désespoir ou d’une blessure incurable. L’amour est aussi à l’origine de la faute qu’il faut expier, souvent de la manière la plus violente, car le diable est très présent dans ce livre même s’il ne les aime pas beaucoup. Il préfère l’autodafé qui permet de détruire l’auteur et le livre en un même geste comme le dictateur détruit ses opposants et leurs écrits pour tuer toute contestation. En revanche, l’amitié est un ciment fort qui permet d’affronter la vie et ses aléas avec moins de risques.

Et, pour revenir vers Mercier qui croit si fortement au hasard, Ruiz Zafon confie, lui aussi, le début de son intrigue au hasard, mais il semble faire quelque peu marche arrière et croire plus en la destinée en inscrivant la vie de son héros dans la trace de celui qu’il recherche en le confiant à un destin bien établi. « … Les hasards sont les cicatrices du destin. Le hasard n’existe pas, … Nous sommes les marionnettes de notre inconscience. ». Sur ce point les deux livres divergent sensiblement, Mercier entreprend une démarche plus philosophique alors que Ruiz Zafon sacrifie plus aux bonnes normes des romans à succès qui exigent le respect de certaines règles qui ne déstabilisent pas trop le lecteur.

Je ferai grâce à Carlos de ces concessions car son livre est comme un opéra de Verdi emporté dans une grande envolée épique qui emmène le lecteur dans un monde de rêves, de fantasmes et d’émotions dont il émerge difficilement. Et, il a un tel amour des livres qu’il traite avec une véritable sensualité, qu’on ne peut que l’aimer. « Je pensais que si j’avais découvert tout un univers dans un seul livre inconnu au sein de cette nécropole infinie, des dizaines de milliers resteraient inexplorés, à jamais oubliés. Je me sentis entouré d’un million de pages abandonnées, d’univers et d’âmes sans maître, qui restaient plongés dans un océan de ténèbres pendant que tout le monde qui palpitait au-dehors perdait la mémoire sans s’en rendre compte, jour après jour, se croyant sage à mesure qu’il oubliait. »

Denis Billamboz

 

Résidences d’artistes en entreprises à CHARLEROI EXPO

Charleroi1911_2011_residenc.jpgDans le cadre de CHARLEROI 1911-2011, porté par la Ville de Charleroi et à l’initiative de l’Échevinat de la Culture, le projet était de proposer aux principales sociétés de la région, d’accueillir un artiste en résidence.

De la PME à la multinationale, 18 entreprises ont relevé le défi, associant à la création artistique ces secteurs de haute technologie: spatial – transport, métallurgie, verre, biotechnologie, énergies renouvelables et technologies de la communication.

Cette année 2011 a vu des artistes impliqués dans les entreprises accueillantes, durant environ une semaine, réaliser une œuvre, en collaboration avec les équipes de travail.

Sculpteur, peintre, photographe, dessinateur, plasticien, illustrateur, vidéaste, maître-verrier, ils sont originaires de la région ou Carolos d’adoption.

Entreprises et artistes participants:
Abetech et Benito Dussart/ performer, AGC Glass Europe Centre R&D et Bernard Tirtiaux/ maître-verrier, Arcelormittal Industeel Belgium et Gilles Durvaux/ photographe, Alstom et Gwenaëlle Doumont/illustratrice et Annie Brasseur/ plasticienne, Biopark et Zoé Zachos/ photographe, Caterpillar et Alain Breyer/ photographe, Centre de Culture scientifique ULB Parentville et Stéphan Vee/ sculpteur-plasticien, CETIC et Marie-Noëlle Dailly/ photographe, Chambre de Commerce et d’Industrie du Hainaut et Stéphane Gillain/ peintre-illustrateur, Electrotech et Jean-Christophe Anezo/ artiste multidisciplinaire, Hélio et Udini/ vidéaste, Héraclès et Olivier Sanglier/ photographe, Nexans et Stéphane Nottet/ sculpteur-plasticien, Raposo et Isabelle Bodson/ forgeronne-plasticienne, SNCB-Holding et Ilios/ collectif de photographes, Thales et Philippe Kivits et Dominique Demaseure/ photographes, Technofuturtic et Jean-Christophe Anezo/ artiste multidisciplinaire, Xylowatt et Ingrid Fraipont/ photographe.

Parmi ceux-ci, certains font partie des collections des musées de Charleroi : Bernard Tirtiaux, présent dans les collections du Musée du Verre, Zoé Zachos, Alain Breyer,  Stéphan Vee,  Stéphane Nottet, Dominique Demaseure, dans les collections du Musée des Beaux-Arts.

Depuis l’éclosion de l’exposition de 1911, de nombreux secteurs d’activités industrielles et post industrielles se sont implantés sur le territoire. Parallèlement, une identité culturelle, en évolution, y imprime un reflet de société, sur une cité contemporaine, riche de ses racines, et axée sur l’avenir.

L’exposition de ces oeuvres vous accueille dans le hall d’honneur supérieur de Charleroi Expo.
Plus d’infos :  www.charleroi1911-2011.be

29 octobre > 13 novembre 2011

Charleroi Expo

Vernissage : 28 octobre à 18h30

Avenue de l’Europe 21 – 6000 Charleroi

Lu-Ve 11.00-18.00
Sa-Di 11.00-19.00

Nocturnes : Ma 01/11 et VE 11/11 11.00-20.00

5 minutes de révolution par jour

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Chaque jour, révoltez-vous ! Contre le pouvoir, tous les pouvoirs. Contre le savoir, tous les savoirs. Contre l’ignorance, toutes les ignorances. Surtout contre les croyances, toutes les croyances. Mais pas plus de cinq minutes par jour. Après quoi la révolution permanente provoque des migraines et des courbatures dans tout le corps, et comment changer le monde avec un mal de tête, les nerfs à vif et des membres qui vous tiraillent ?

Du bon usage des peintres (usagés)

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images?q=tbn:ANd9GcRSgBJnT96OsDz0333fHZnO6GAR-xjHf3aVhCqZJbv9N4PFyP27OgJ’ai trouvé un peintre (pas une peinture) aux Puces. Il ne servait plus (même à rien) et il trône (il traîne) maintenant dans mon vieux canapé face à la télé. Il se nourrit d’images animées. Parfois, il réclame un pinceau, des pigments et de l’huile, une toile fixée à un châssis et le voilà, à l’heure du journal, qui peint en 30 minutes chrono (c’est son côté sportif) le visage de Laurence Ferrari qui est la Joconde moderne, déclare-t-il. C’est dire s’il délire plus encore que Leonardo, mon coiffeur – qui fait des teintures à la Ferrari d’ailleurs. Le reste du temps, mon peintre dort. Au réveil, il me raconte sur le divan ses rêves et je prends des notes dans le but d’écrire un manuel sur le fonctionnement mental du peintre, ça intéressera les futurs historiens de l’art. Il se peut que j’aie acheté le dernier, même si ce n’est pas le meilleur (les meilleurs sont momifiés). Avant qu’il meure, j’ai le projet de tirer son portrait qui fera la couverture de mon livre. A cette fin, je prends auprès de lui quelques leçons de peinture, il se révèle un maître acceptable.

Les désagréments

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Enfin il avait trouvé un but à son existence, du temps à tuer, et surtout un être, qui s’était imposé à lui. Mais bientôt il s’aperçut que cet être était recherché d’une masse de gens qui, eux aussi, souhaitaient sa mort. S’il voulait arriver à ses fins, il devait d’abord se débarrasser de tous ces importuns et cela lui prendrait du temps, même s’il en avait à profusion, et de l’énergie. Si bien qu’entre temps  sa cible mourut de mort naturelle et qu’il regretta tout le reste de sa vie d’avoir jeté son dévolu sur une personne si haïssable. Fort de cette histoire navrante, quand il vous viendra à l’idée de tuer quelqu’un, choisissez une personne aimable en tout point et de tous appréciée, cela vous évitera bien des désagréments.

Le bling-bling n’est plus à la mode

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images?q=tbn:ANd9GcQvF2jswEWCibKPyrIzsBkaXDpqkA0SxyJkQ6MNG_QrRiwq8heGrASamedi soir, avant la dégradation de ma cotte de maille sur le marché de la lingerie chevalière, je suis sorti avec de la bimbeloterie, histoire de me faire remarquer au vernissage de l’expo par Bolt-en-ski (un pseudo assurément) de vieilles guenilles ayant appartenu à la grand-mère de mon père. Eh toi, le rappeur de mes deux, m’a apostrophé à l’entrée un clodo visiblement allergique au hip-hop (il y en a) et en manque (de liquidités), refile moi ton sweat et ta Rolex. Comme il exhibait un cutter de marque, je lui ai laissé plus qu’il ne me demandait et me suis retrouvé à même la rue avec pour seule richesse des sous-vêtements griffés (par ma chatte) et comme unique avenir vestimentaire le pyjama maison. Après avoir envoyé un texto d’excuse à l’ami Bolt, j’ai visionné un documentaire sur l’histoire salée du tee-shirt mouillé et un sujet sur la chute dans les sondages d’opinion des présidents en ko and co. Pendant ce temps-là, Coco (Chanel) se karlalise.