Expo OUT’SIDE à Charleroi

277106_243952922320918_957817281_n.jpgDu 21/10 au 21/01/ 2012

du lundi au vendredi de 8h00 à 16h00.

ATRIUM de l’Université du Travail, 1 Boulevard Roullier – 6000 CHARLEROI

« Les expositions présentées au sein de ce nouvel espace nommé OUTSID’ART, rassembleront les travaux d’arts plastiques émergeant d’institutions, de centres d’expressions, d’ateliers, de musées, … Il permettra d’oeuvrer à promouvoir les talents artistiques des personnes souffrant de troubles de la santé mentale, des personnes marginalisées par la maladie ou le handicap,  » des individus qui pour une raison ou une autre ont échappé à au conditionnement culturel et au conformisme social » Michel Thévoz.

« L’ART OUTSIDER est un courant extrêmemet porteur d’innovations et d’émancipations, il se doit d’être reconnu comme expression artistique contemporaine à part entière. Chaque production correspond à des clés de transcription différentes, à un statut propre inventé par son auteur, c’est le propre du mystère des arts outsiders » …

« Bien que l’on soit passé d’une attitude de mépris à un effet de mode, nous tenons aussi à donner une dimension sociale à cette démarche; l’ensemble des activités crées autour de celui-ci en sera la preuve. Une véritable interaction sera générée avec le public. Cet espace ne sera pas uniquement réservé à l’exposition de dessins ou de toiles, il sera aussi un véritable lieu d’échanges, il mettra en lumière toute compétence créatrice et artistique, il fédérera la création de nouveaux liens sociaux, de rencontres et d’échanges. »

« Une quarantaine de toiles et dessins extraordinaires à découvrir au sein d’une scénographie originale. »

Les artistes: Bernard BUREAU, Michel DELANNOY, Roland DUPREZ, François GOBERT, David HOUIS, Rémigio ROSANI, Mathéo SPANEDDA, Joseph STIEVENART, Annette TRONION, Jonathan VAN DE WEGHE, Rudy VERTONEUIL, Salvatore ZITELLI.

INFOS: sophie.vincent@hainaut.be – 071/64.10.61
maison.hainaut.be / dgas.hainaut.be / facebook


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UNE PHILOSOPHIE SOCRATIQUE : « ELOGE DE LA FAIBLESSE » d’Alexandre JOLLIEN, par Philippe LEUCKX

eloge-de-la-faiblesse.jpegUn petit livre de 96 pages (soit 3 cahiers!) (1) . Un petit éditeur, Marabout. Un grand auteur. Né en 1975. Quatre livres ainsi à son actif, dont les titres disent assez l’intérêt : « Le métier d’homme », « La construction de soi », « Le Philosophe nu ».

« Eloge de la faiblesse », paru ce mois de septembre 2011, sonne comme un manifeste doux (sic) , à l’heure où il s’agit d’être performant, jeune loup aux dents aiguisées comme faucille, brillant, dans son corps, dans son esprit, bref un surhomme actif bien à l’image de 2011 : à l’heure des paraître!

Rien de tout cela chez Jollien. Le patronyme induit non la joliesse facile, attendrissante, plutôt la « joie » qui se niche dans ce beau nom aux multiples résonances. Car son livre résonne profond. Philosophe. Oui, assurément. Ecrivain, pour sûr! Dispensateur de sagesse et de don, vous y êtes, en plein!

Philosopher après soi, c’est forcément difficile. Construire, d’après soi, le monde. Tout autant. Comme tout bon philosophe, Jollien, Alexandre, se donne des atouts, disons des principes de bonne intelligence : OBSERVER, S’AFFIRMER, CONNAITRE SES FAIBLESSES, S’ENGENDRER, FAIRE AVEC…

Infirme moteur cérébral, Alexandre a connu dix-sept années d’éducation en centre spécialisé. Il raconte toute son expérience dans ce petit livre réjouissant. De la douleur, de la souffrance (coupé de sa famille, vue seulement deux jours semaine; livré aux déficiences éducatives d’équipes pas toujours aux petits soins de la tendresse…), le philosophe qu’il est devenu (durs bancs d’écoles à apprivoiser!) tire un parti décisif. Il a observé, il peut délivrer ses expériences et dire que la faiblesse nourrit une volonté de comprendre, d’agir et de dire. Tel est son propos.

Quand tant d’êtres démunis n’osent s’affirmer, puisque le corps est lourd, puisque l’âme si fragile, Alexandre entreprend de conter ses déboires, ses miracles (ah! l’amitié qui l’a porté de bout en bout, ce Jérôme attentionné, …), son univers.

A l’instar de Socrate – avec lequel il noue très maïeutiquement  des dialogues -, il sait la pertinence du « connaître soi » pour cheminer! Ses faiblesses et ses forces. Que ne tire-t-il de ce corps « titubant », de ces « mots machouillés »!!

La force de Jollien tient en outre à la joie native dont il borde son monde. Quelle tendresse, quel don! Il ne peut dès lors qu’ENGENDRER à son tour, c’est-à-dire faire du peu une force vive, non commerciale, non rentable, UNE ET UNIQUE : celle du don. (Ceci me fait songer aux très beaux vers de TEKEYAN : « Que me reste-t-il de la vie? Que me reste-t-il? Ce que j’ai donné aux autres…)

L’empathie – souffrons avec…- n’est pas cette misérable pitié douteuse et encombrante dont notre auteur a bien dû souvent faire les frais, sur sa route…à moins qu’il n’ait subi – autre outrage – les voix de la raillerie!

Qu’importe! Alexandre donne des pintes de bon SENS, de VERTU (au sens le plus élevé : force native, qualité sociale, agent de changement, selon moi).

S’engendrer : aller au-delà de ses propres réalisations …viser plus haut que le déjà-accompli…Eloge de l’effort – CORPS ET ESPRIT sans partage!

On éprouve son beau livre. Loin de tout dogmatisme (il n’en a cure). Loin de tout didactisme (il s’en déprend). Loin de toute pitié à recevoir..il est de l’ordre de la COM-PASSION, je souffre de te voir avoir mal et j’en tire don…

MERCI.

(1) Alexandre JOLLIEN, Eloge de la faiblesse, Ed. Marabout, 96 p., 2011, 4,40 euros.

Philippe Leuckx

L’étang du voir

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Dans l’étang du voir, les yeux de poisson remontent à la surface voler des miettes de regard.

Bloqué sur Facebook

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C’est l’histoire d’un mec. Il est bloqué sur Facebook depuis Zuckerberg. Une vilaine farce du wonder boy. Alors il fait ami avec le monde entier et le monde entier est son ami. Seulement il ne peut toucher aucun de ses amis et aucun de ses amis n’a envie de le rencontrer en vrai (surtout pas). Alors il multiplie les liaisons, les statuts, les avis d’existence. Il mourra et son compte restera actif. Comme s’il était encore là. Comme s’il n’avait jamais été là. Pareil que les autres, tous les autres.

Au pays des bruits

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Il était revenu, l’oreille pendante, du pays des bruits où il avait tout entendu. Mais il ne résida pas là, faute de boules Quiès. Dans un champ, seulement ouï de lui, les lignes de force d’un son encerclèrent un silence gros comme une maison. De la fenêtre d’une chambre d’écoute du troisième étage fermée à double tour tomba un serrurier dans un bruit de clés cassées.

Dame ouïe

 Chaque matin Dame ouïe vient prendre dans son écuelle sa ration de bruits. Puis on ne la voit plus de la journée, elle roule, avec les bouches de passages, se collète, a-caustique, avec les  petits tintamarres et les tonnerres de basse fréquence qui finissent par lasser. Ses préférés sont les chuchotements goguenards et les cris percés d’oiseaux qui lui font comme des caresses blafardes sur l’échine, de flous frémissements. La nuit, elle se repaît de silence, comme on fait le plein de pain avant un jour vide de gluten. Au matin suivant, aphone, un chat dans la gorge ?, Dame ouïe est là qui mange dans ma main des bruits de paume ouverte sur des poignées de lumière.