Bloqué sur Facebook

Normal
0
21

false
false
false

MicrosoftInternetExplorer4

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;
mso-ansi-language:#0400;
mso-fareast-language:#0400;
mso-bidi-language:#0400;}

C’est l’histoire d’un mec. Il est bloqué sur Facebook depuis Zuckerberg. Une vilaine farce du wonder boy. Alors il fait ami avec le monde entier et le monde entier est son ami. Seulement il ne peut toucher aucun de ses amis et aucun de ses amis n’a envie de le rencontrer en vrai (surtout pas). Alors il multiplie les liaisons, les statuts, les avis d’existence. Il mourra et son compte restera actif. Comme s’il était encore là. Comme s’il n’avait jamais été là. Pareil que les autres, tous les autres.

AU PAYS DES BRUITS

Werner Licht, Coll. Phonurgia Nova

Il était revenu, l’oreille pendante, du pays des bruits où il avait tout entendu. Mais il ne résida pas là, faute de boules Quiès.

Dans un champ seulement ouï de lui, les lignes de force d’un cri encerclèrent un silence gros comme une maison. Dans une conversation autour de la conservation des sons, il ébruita une salaison. Dans les échos d’un éclat, il brisa un murmure. De la fenêtre d’une chambre d’écoute du treizième étage fermée à double tour chuta le serrurier dans un bruit de clés cassées.

Dame ouïe

Chaque matin Dame ouïe vient prendre dans son écuelle sa ration de bruits.

Puis on ne la voit plus de la journée, elle roule, avec les bouches de passages, se collète, a-caustique, avec les  petits tintamarres et les tonnerres de basse fréquence qui finissent par lasser. Ses préférés sont les chuchotements goguenards et les cris percés d’oiseaux qui lui font comme des caresses blafardes sur l’échine, de flous frémissements.

La nuit, elle se repaît de silence, comme on fait le plein de pain avant un jour sans gluten. Au matin suivant, aphone, un chat dans la gorge ?, Dame ouïe est là qui mange dans ma main des bruits de paume ouverte sur des poignées de lumière.

Comment se déprendre de cette voix? Hommage à Mark HOLLIS (par Philippe Leuckx)

Normal
0
21

false
false
false

MicrosoftInternetExplorer4

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;
mso-ansi-language:#0400;
mso-fareast-language:#0400;
mso-bidi-language:#0400;}

Il y a dans certaines voix la hauteur sans doute de la poésie. On ne mesure peut-être pas assez ce qui vibre dans ces plaintes vocales! Quelle hauteur atteint-on? Par le coeur. Par les notes.

C’est le cas de  Mark HOLLIS (1955-), leader longtemps de TALK TALK (ce groupe new-wave des années 1982-1991), qui est passé, avec maestria, de cette new-wave (qui a vu éclore entre autres groupes prestigieux DEPECHE MODE, THE CURE, OMD – Orchestral manoeuvre in the dark, INX…) à la musique épurée style un Satie-années 80/90!

Grands dieux de la musique, comment oublier cette voix?

Comment s’en déprendre?

Suffit sans doute de ne plus écouter des morceaux d’anthologie comme « I believe in you », « It’s my life », « Living in another world », « such a shame », « Colour of spring »…et tant d’autres!

Mais c’est un enchantement, presque un esclavage doux…pour nos oreilles!

Si vous souhaitez céder à cette assuétude noble, réécoutez l’album solo sans titre d’Hollis de 1998!

Depuis, l’on attend…qu’il nous revienne avec un autre chef-d’oeuvre…ça fait long!

Philippe Leuckx

Such a shame

It’s my life


I believe in you


BONUS: Ascension Day

http://www.youtube.com/watch?v=dt0OJsXkl6g


Normal
0
21

false
false
false

MicrosoftInternetExplorer4

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;
mso-ansi-language:#0400;
mso-fareast-language:#0400;
mso-bidi-language:#0400;}

Littérature d’Arverne, par Denis Billamboz

Normal
0
21

false
false
false

MicrosoftInternetExplorer4

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin:0cm;
mso-para-margin-bottom:.0001pt;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:10.0pt;
font-family: »Times New Roman »;
mso-ansi-language:#0400;
mso-fareast-language:#0400;
mso-bidi-language:#0400;}

Littérature d’Arverne

J’ai trouvé intéressant de rapprocher non pas ces deux lectures mais ces deux auteurs qui ont bien des points communs, ils sont en effet nés tous les deux en terre auvergnate ou limousine qui sont si proches l’une de l’autre, à peu près à la même période, deux années d’écart seulement, et qui, tous les deux, font partie de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la littérature contemporaine française. Celle littérature exigeante, souvent un peu difficile d’accès pour les lecteurs non avertis, mérite bien elle aussi un hommage de temps en temps car le circuit du livre ne lui laisse pas une très grande place. Dans tous les cas, une place insuffisante pour que les lecteurs aient le temps de se familiariser avec cette nouvelle forme d’écriture souvent très inventive tant dans la forme que sur le fond.

 

417jSZ9-PkL._SL500_AA300_.jpgDévorations

Richard Millet (1953 – ….)

 « Nos noms ne diront rien à personne : le mien pas plus que le sien, son vrai nom du moins,» mais la jeune servante de cet hôtel-restaurant qui a fermé son hôtel pour ne conserver que son restaurant qui sert son éternelle côte de porc dont l’odeur imprègne jusqu’à sa peau, nous en dira beaucoup plus sur la vie qu’elle mène depuis le décès de ses parents dans un accident de la route quand elle avait dix ans, dans ce triangle de perdition, Egletons-Meymac-Ussel, où elle dépérit à trente-trois ans, toujours vierge, le corps agité par l’envie de celui qui viendra, un jour, combler ce vide et la raison secouée par la peur de l’autre, l’homme, le chasseur car «une femme étant toujours une femme et un homme un affamé. » Et, cette vie sans aucun relief, triste et banale à mourir, rythmée par le seul passage des camions sur la grande route qui traverse le village, va basculer un soir quand il, le maître,  se présentera au restaurant espérant pouvoir se restaurer mais devant s’incliner devant le patron, l’oncle de la servante qui a repris l’affaire après le décès des parents d’Estelle, car elle finit par nous avouer qu’elle s’appelle Estelle, qui, par remord, l’enverra porter quelques nourritures à cet homme plus très jeune qui est le nouvel instituteur du village et un écrivain qui a cessé d’écrire. Cet homme pourrait être celui qu’elle attend depuis si longtemps, que son ventre dévoré par les renards espère depuis des années mais qu’elle ne doit pas poursuivre de ses assiduités car dans ces petits villages campagnards, «sur ces hautes terres oubliées de l’Histoire comme elles l’ont été de Dieu, » une fille qui veut vivre comme une femme est vite une bonne à rien, une catin. Et, balançant entre son ventre qui réclame son dû et son statut social qui lui demande de rester à sa place  de petite orpheline marquée par le sort qui est condamnée à servir les côtelettes de porc que l’oncle s’évertue à servir jour après jour dans le restaurant qui ne porte même pas le nom de ses parents disparus mais celui des propriétaire précédents, elle se fait de plus en plus assidue auprès du maître qui ne l’encourage en rien restant de marbre, ou de lauze dans un affrontement entre le feu volcanique réveillé et la lave refroidie, entre celle qui cherche un avenir et celui qui veut oublier un passé, entre la servante et le maître dans une forme de soumission déjà consentie.  Sentant que son destin ne comportera pas une autre occasion de ce genre, la fille Chastaing, celle qui n’a même plus de nom et qu’on appelle du nom figurant sur l’enseigne de l’ancien hôtel-restaurant, insistera jusqu’à la limite du possible,  jusqu’au dénouement, jusqu’à ce que la vérité se manifeste dans toute sa crudité et dans toute sa cruauté.

« Un roman qu’elle avait lu avec difficulté, le jugeant trop sombre, avec des phrases exagérément longues et des considérations désespérées sur les relations entre les homes et les femmes. » Millet a-t-il voulu écrire lui-même la critique de ce roman en faisant tenir ce propos à son héroïne ? Peut-être, car, sombre, ce roman l’est, il contient tout le désarroi de ces femmes de nos campagnes isolées  qui ne trouvent pas la chaussure qui y ira à leur pied et qui sont condamnées à vivre une vie de solitude et de frustration comme des êtres asexués ou comme des filles névrosées avec un incendie qui ravage en permanence leur ventre délaissé. C’est tout le drame de l’exode rural et de ces femmes des campagnes abandonnées à leur sort qui surgit au cœur de ces phrases longues comme une promenade dans la campagne limousine mais qui coulent paisiblement comme le flot de la Triouzoune qui rythme la vie de Saint-Andiau comme ces phrases scandent le flot de cette histoire d’une douce musique qui pourrait bercer le lecteur si ce récit était moins sombre et que les relations entre les hommes et les femmes étaient moins compliquées, surtout quand il y a trop peu d’hommes pour les femmes qui veulent vivre une vraie vie de femme dans leur chair, dans leurs sentiments, dans leur famille et dans la société. Millet a fait l’expérience de l’écriture au féminin et les lectrices seules peuvent nous dire s’il a su toucher les points sensibles de leur vie interne mais son personnage est très crédible et il évoque pour moi bien des femmes que j’ai connues dans une autre campagne au moment de l’exode rural, restées seules par manque de chance, absence de candidat ou même par veuvage trop précoce. Ce récit sonne vrai, il respire l’authenticité et il parle juste, l’argument est très crédible, le scénario est bon même si le dénouement est sans grande surprise et un peu décevant, et l’écriture embarque le lecteur comme une mélodie accompagne le promeneur dans un lied de Schubert. Il ne manque à ce récit que des respirations, des pauses, pour prendre le thé ou boire une bière et ensuite pouvoir restituer ce liquide à dame nature sans risquer de ne pas retrouver la page quittée.

Richard, un mauvais point tout de même pour la cancoillotte que tu compares à de la semence immonde, ou quelque chose de pas plus ragoûtant, mais qui est un merveilleux fromage de mon pays que tu n’as pas su apprécier comme il le faut avec un vin du pays d’Arbois mais je pardonnerai cet écart culinaire qui est bien compensé par un bon goût musical affiché à travers la place laissée aux Rolling Stones qui ont endiablé ma jeunesse.

 

41cYkPAfP1L._SL500_AA300_.jpgLa cantatrice avariée

Pierre Jourde (1955 – ….)

Ma lecture de ce livre est peut-être encore plus avariée que la cantatrice mais je l’ai lu comme une tentative de recréation, a posteriori, d’une mythologie auvergnate des temps modernes.

Bolo et Bada, ou Bada et Bolo, Castor et Pollux picaresques de ce récit mythologique, de cette saga auvergnate, de cette quête d’un Graal protéiforme et mystérieux, dans un pays vidé de sa population et des ses activités par des autoroutes qui drainent la campagne comme des canaux assèchent un marais, sont les derniers maîtres d’une secte décadente qui cherche sa survie en une quête pitoyable et lamentable. Et, dans cette saga, la cantatrice, sorte de Gê, incontournable terre-mère de toutes les mythologies,  renait à chaque fois de ses cendres pour redonner un nouvel espoir ou peut-être pour faire peser un nouveau fardeau sur les épaules des héros avachis, épuisés par leur déchéance et leur interminable recherche. Car cette mythologie n’annonce qu’un monde sans espoir, dégénéré et décadent qui devra peut-être, comme Jean Genet en son temps, aller jusqu’au bout de la déchéance et se vautrer dans la fange pour espérer entrevoir, un jour, la rédemption. « Lorsque je serai bien déchu, se disait-il, mais vraiment à la fin de moi-même, lorsqu’il ne restera plus rien à perdre, et par conséquent plus rien à sauver, je la retrouverai. »

Cette mythologie n’est peut-être qu’une parabole de la décadence de notre société qui n’a pas su comprendre les changements auxquels elle était confrontée et qui a laissé la déchéance s’installer dans le paysage, dans les villes, dans la société, dans les esprits et dans les âmes. « Ils voyaient les simulacres se démultiplier à une cadence infernale, les autoroutes s’additionner aux centres commerciaux, les ZUP engendrer les ZAC, les parcs de loisirs jouxter les parkings. » Bolo et Bada petits loubards devenus maitres d’une secte qui n’est peut-être que le résidu d’une communauté comme il en fleurissait un peu partout après le grand rêve « soixanthuitard », n’ont plus leur place dans cette société qu’ils n’arrivent plus pénétrer même par la violence la plus aveugle et la plus sadique.

Et, dans ce récit burlesque et absurde, Jourde laisse gambader sa plume avec une allégresse sautillante et sanguinaire dans un monde chaotique où toute cohérence a disparu. Il laisse totale liberté à sa créativité, à son goût de l’innovation, à sa recherche de la formule au risque parfois d’en laisser filer de pas très heureuses : ses « appendices phalangées » ne sont tout de même pas très loin des « commodités de la conversation » des Précieuses ridicules ». Mais, nous lui pardonnerons ces quelques écarts car ils nous laissent certains passages assez hilarants comme : « Votre Manfred von Fanffula se fait appeler à l’heure actuelle Raymond Cassagnol, et il est crooner monégasque dans un casino de Caracas pour pédérastes californiens. » ou « … à l’heure où les chalutiers rentrent de la pêche au saint-nectaire. » La seule vraie divergence que je pourrais entretenir avec son texte, c’est, à mon sens, la façon dont il privilégie le mot et la formule par rapport à la phrase, à son rythme et à sa musique. Mais, ce n’est là que question de goût, et de toute façon, nous ne sommes que «  des personnages dans les histoires que le Très-Haut se raconte pour tromper l’ennui de l’éternité. »

Denis Billamboz

Haïku et zen chez le moine Ryokan

Haïku et zen chez le moine Ryôkan, par Daniel Charneux.

Le samedi 15 octobre à 11 h 15, au musée de Mariemont, dans le cadre de la journée bouddhique.

Daniel Charneux « présentera brièvement le genre haïku (origine, caractéristiques : la métrique, le kireji, le kigo).
Il prendra quelques exemples chez les classiques : Bashō, Buson, Issa.
Puis il montrera les liens de ce genre avec l’esprit du bouddhisme zen (le satori, l’ainséité, le monisme, l’effacement de l’ego, le koan).
Il illustrera les relations entre haïku et zen par l’exemple de Ryōkan, moine zen et haïjin réputé. »

http://www.gensheureux.be/site/

Le danger des associations de pensée

C’est beau, une scie, une scie de scieurs de long, une scie qui puissamment, souplement, tranquillement avance dans une bille de bois pesante qu’elle tranche souverainement.

C’est beau aussi, une poitrine. Très beau. Dedans, dehors. Dedans, plus encore, si magnifiquement utile quand on sait s’en servir, la menant de temps à autre à l’air froid des hautes altitudes où elle prospère et s’éjouit.

Mais comme c’est misérable, une poitrine sous une scie qui approche imperturbable, comme c’est misérable, surtout si c’est la vôtre, et pourquoi vous être arrêté la pensée sur la scie alors qu’il n’y a que votre corps qui vous intéresse, dont la scie par ce fait approchera fatalement ? Et en une époque de sang comme la nôtre, comment n’irait-elle pas s’y accrocher ? En effet la voilà qui entre, comme chez elle, s’enfonce grâce à ses dents merveilleuses, taillant tranquillement dans la poitrine son sillon qui ne servira à personne, à personne, n’est-ce pas évident ?

Trop tard maintenant les réflexions de « distraction ». Elle est là. Elle règne dans la place et comme une inconsciente la voilà qui se met à trancher dans votre corps perdu, fatalement perdu à présent.

Henri MICHAUX

in Apparitions, 1946.