Interview Livres & vous (9): Virginie HOLAIND

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29261_1483291084790_1309237974_31292955_2634238_a.jpgSur Facebook, elle délivre des états d’âme par petites touches énigmatiques. Sur le site des éditions Asteline, où elle a œuvré avec Joachim Regout à la conception de plusieurs livres, elle continue à déposer ses notes de lecture. Sur Instants funambules, elle donne ses nouveaux textes et des photos. On y trouve trace de ses attaches nombreuses avec le monde des merveilles de l’enfance et de la nature comme si les deux étaient voués à disparaître. Avec elle, on le voit, la vie se fait littérature et la littérature est en vie. Il n’est pas étonnant que son dernier livre raconte sur le ton de la fable-vérité la nostalgie d’un être déraciné. Pour Virginie, le réel mérite d’être réinventé ; avec ses mots, ses images, elle sert ce projet.     

Premier(s) souvenir(s) de lecture.

Même si ce n’est pas le premier livre que j’ai lu, me vient en tête « Singularité » de William Sleator. Roman jeunesse sur le mystère de lieux où le temps s’écoulerait différemment et sur les relations troubles de la gémellité. Je me souviens me l’être acheté avec mon argent de poche, dans une petite librairie ardennaise (à Houyet, où je passais des vacances avec mes grands-parents), avec, justement, l’envie de me retrouver dans un endroit où le temps passerait différemment…

 

412N12CQA3L._SL500_AA300_.jpgLe livre (s’il y en a un) qui t’a donné envie d’écrire.

Dire qu’il n’y en aurait qu’un… impossible. D’abord mes lectures d’ados qui m’ont poussée à aligner de belles niaiseries sur l’amour et le besoin de différence, de quitter le moule et le nid… Mais peut-être un livre qui m’a fait voir l’écriture autrement et qui a stimulé mes mots dans un élan nouveau. J’avais 17 ans, c’était « Le bruit et la fureur » de Faulkner.

 

Ton ou tes auteurs fétiches.

Plein, pas assez.


Le(s) livre(s) (ou auteurs) que tu n’aurais jamais dû lire (à la réputation surfaite…).

Danielle Steel ! J’ai eu ma période 13-16 ans où je lisais tout ce qui me tombait sous la main… même les livres de la voisine.

 

512FieY-8KL._SL500_AA300_.jpgUne trouvaille littéraire, un auteur méconnu à recommander.

Joey Goebel et son « Torturez l’artiste ! ». Une fiction bien fichue sur la société de consommation et sur la notion d’art aujourd’hui.

 

L’écrivain que vous tu as, aurais aimé, ou aimerais rencontrer.

J’en ai rencontrés… J’en rencontrerai d’autres. C’est le hasard qui compte, ou la « synchronicité », tiens. Et ce qui en naît.

Rencontrer les auteurs qu’on a eu le temps de fantasmer, d’idéaliser, ça peut être décevant. Je préfère la surprise, l’inconnu.

Mais si je devais en choisir un, je ne sais pas, je crois qu’il serait mort depuis longtemps. Poe ? Un peu trop cynique. Dumas ? Il m’aurait sans doute mis la main aux fesses. Hemingway ? Il m’aurait parlé guerre et solitude. Pas rigolo.

Peut-être Charlotte Brontë pour lui dire qu’écrire, ça valait la peine ?

Je sais ! Un mystique spirituel : Gurdjieff !

Mais il n’écrivait pas vraiment de romans…

 

Personnage(s) de roman préféré(s) ?

Virginie qui-aime-la-nature répond : Carla, le chien, dans « De Marquette à Vera Cruz » de Jim Harrison.

Virginie La Mythologique répond : Cassandre !

Virginie La Désespérée répond : Quentin dans « Le Bruit et la Fureur » !

Virginie La Romantique répond : Lord Rochester dans « Jane Eyre » !

Virginie La Fantasyste répond : Samsagace Gamegie (merci Tolkien) !

Virginie qui-s’intrigue-des-penchants-retors répond : le capitaine Langlois dans « Un roi sans divertissement ».

Virginie qui-aime-l’atmosphère : Magina, la ville dans les romans de Munoz Molina.

 

Ta scène de roman préférée ?

Je crois que je vais sortir mon joker pour cette question !  Il y a des moments où on n’aime pas choisir…

 

Quand, où, comment écris-tu (petites manies, sous quelle inspiration, sur papier ou sur écran…).

Je voudrais du papier, des carnets, seulement. Ce contact, ces feuilles qu’on salit volontairement.  Et pourtant, l’écran, ça nous aide à être flexibles et à nous contredire surtout, à nous reformuler.

Osciller entre spontanéité et hésitations.

Mais le sentiment d’écriture est toujours marqué d’une odeur d’encre. Et d’un besoin inexpliqué d’ « être autrement » pendant ces moments où on écrit.

 

Tu es une blogueuse de la première heure. Ton premier article sur Le Grimoire date du 5 mars 2006. Qu’apporte un blog ? Ton blog est-il un livre (inspiré d’une récente déclaration de François Bon)?

Le blog, c’est un engagement avec moi-même, un lieu où se recentrer, que je m’oblige à maintenir, à arroser comme une plante verte. Qui me le rend bien quand j’en prends soin, mais aussi quand je le délaisse (souvent).

Mais, non, mon blog n’est pas un livre. Ce blog, c’est seulement un espace de possibles qui ne sera jamais délimité.

INSTANTS FUNAMBULES, le blog de Virginie: http://instantsfunambules.blogspot.com/

Tu as écrit en 10 ans de présence sur le site Critiqueslibres.com plus de 500 notes de lecture. Qu’est-ce que t’a apporté la rédaction de critiques de livres?

Si pour moi, au début, écrire des notes de lecture visait uniquement à laisser traîner mon avis au creux d’une bande de passionnés, s’y est rapidement ajouté un besoin compulsif de mettre « mes idées au clair » après avoir lu la dernière page. Réaction à chaud ou à froid, courte ou plus longue, c’était aussi une façon de clore ce moment passé avec un livre. Lire c’est « avoir une relation » avec un livre. Ces chroniques, c’est un point final respectueux (même si ça ne s’est pas toujours bien terminé!) à ces relations, sérieuses ou légères, ennuyeuses ou passionnées.
Au fil du temps, ça m’a appris à lire autrement, avec plus d’attention, m’a permis de mieux cerner ce qui me plait, structurer ma pensée, respecter davantage le boulot d’auteur. J’ai aussi l’impression que certaines de mes chroniques ont été influencées par les styles des écrivains que je lisais.
Oui, finalement, c’est le dernier moment d’échange lecteur-livre qui condense en quelques lignes ce que cela a représenté pour moi. Et c’est dans ce dernier moment, à la fois intellectuel et émotionnel, que je laisse se glisser la « sensation » de lecture, subtile sensation qui aura un impact fort ou non sur mon écriture à moi…

Les notes de lecture de Virginie sur Critlib.comhttp://www.critiqueslibres.com/i.php/vuser/1bf7c155e48b

 

Comment lis-tu (où, quand, comment ?)

Partout si je pouvais. Mais souvent dans mon lit ou mon canapé, en espérant ne pas m’endormir trop vite après une journée fatigante.

Entre chien et loup, avec une lumière indirecte – chaude, la lumière, svp.

Ce que je préfère ?

Un café sucré lacté pas loin, de grosses chaussettes que personne ne voit (mais je sens qu’elles sont là), le calme d’un brouhaha où rien ne se distingue. La possibilité de m’interrompre et de regarder passer les gens. Ne pas être pressée. 

 

51FY7F41ZBL._SL500_AA300_.jpgUn souvenir de lecture marquant (par la façon de lire, l’endroit, « la » circonstance plus que par le livre en lui-même) ?

Jim Harrison, « True North »[« De Marquette à Veracruz » pour la traduction française], lu à l’Automne 2010, en même temps que je découvrais la nature du Michigan. Idéal. Simple. Intense.

Des modes de lecture alternatifs (e-book, livres audio, internet…) ?

Je suis souvent sur les routes et les livres audio de toutes sortes me permettent d’échapper aux matraquages « musicaux », aux pubs indésirables et aux infos. Depuis que je les écoute, j’ai une meilleure relation avec l’autoroute, ma voiture et mes 130km quotidiens.

Internet, quand je peux. E-book, je n’ai pas encore été contaminée.

Un épisode de ta vie qui t’a servi de modèle pour l’un ou l’autre de tes textes.

Tous, d’une certaine façon. Même si je n’en fais jamais une vraie retranscription. Mon quotidien vient constamment s’ajouter au grand désordre de ma base de données intérieure. 


242.2.jpgTon texte personnel préféré.

J’ai du mal avec les regards en arrière sur mes propres textes. Mais là, je répondrais d’emblée « La Nostalgie du Carillon », encore tout frais.

Je suis une auteure infidèle à ce qu’elle écrit.

http://www.maelstromreevolution.org/pages/FRA/prodotto.asp?ProdottoID=242&FamigliaID=0

Ta phrase, ton vers ou ta citation préférée (de toi ou d’autrui).

Un bon nombre ! Mais celle-ci me vient spontanément et me plait beaucoup :

 « Tout le monde naît d’un conte », Alejandro Jodorowsky.

 

Coup de cœur artistique (tous genres confondus) récent.

« A lire la nuit », de Seamus Deane.

 Récent pour moi, même s’il existe depuis quelques paires d’années, ce bouquin.

 http://chroniquesdasteline.blogspot.com/2011/10/lire-la-nuit-seamus-deane.html

Ton prochain livre (celui qui paraît ou/et en cours) en quelque lignes…

Des oiseaux sur un fil, des mémoires à rapiécer, des bouches à découdre, des contes à s’inventer pour mieux vivre. Un projet qui me tient à cœur depuis un moment mais qui n’a pas encore appris à courir vite !

Quand je lis ou/et j’écris, je…

Voyage, voyage, comme dirait l’autre…

 

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2 commentaires sur “Interview Livres & vous (9): Virginie HOLAIND

  1. Excellent cet interview, quelle belle idée !
    Le passage consacré à la critique de livres, je crois que j’aurais pu l’écrire dans son intégralité ou presque même si pour d’autres sujets je serais plutôt à l’opposé.

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