ENTRE LES LIGNES de MICHEL BAGLIN – Ed. La Table Ronde / Une lecture de Philippe Leuckx

  par Philippe LEUCKX

Résultat de recherche d'images pour "baglin entre les lignes la table ronde"

Un fou de chemin de fer, de voies, de chemins de fer électriques perfectionnés…Sans doute, au sens d’une passion irrépressible, qui vous vient d’enfance.

Une manière de raconter la vie de ses proches, son frère, ses parents, les amis de ceux-ci toujours par le biais d’une gare, d’une barrière à surveiller, de locos à soigner, de voies…

Michel Baglin, que les récents « Chemins d’encre » (2009) et « L’alcool des vents » (2010) font connaître pour son « métier d’écrire » et son lyrisme où il « rend grâce » à tous ses domaines de prédilection, est le type d’auteur à nouer entre les époques des aiguillages inédits.

Le voilà bien entrepris quand il songe à se donner, passé la cinquantaine, de petites gares et des lignes comme étapes d’une initiation qui remonte loin.images?q=tbn:ANd9GcQURW6fhTZehQBlkBBjnj218iYv33KgUJdsVDL_GZhOfJ901v6U

Ce qu’on retire de cette lecture de « Entre les lignes », tout à la fois référence aux vapeurs, aux caténaires, aux rails, et aussi à l’écriture même de ce récit fervent, c’est un bout d’histoire familière, époque bénie où les gens aimaient encore se retrouver pour un petit verre de blanc, casser la croûte ensemble, rire franchement entre deux plats. Un peu le monde d’Hardellet, des zincs, de la banlieue féconde.

Les lieux défilent à la vitesse des trains : le petit Parisien que fut Baglin a fait la connaissance de la province, du sud, et ses souvenirs sont riches : les années cinquante pourvoyeuses d’expériences, sensibles aux codes. Ainsi, cet épisode où un machiniste se fait tancer par un jeune petit chef pour excès de fumée en pleine gare, alors que son expérience n’est plus à prouver, qui prend une amende mais évite, grâce à sa réputation, le blâme!

Tant d’autres épisodes seraient à citer. Du reste, l’écriture fluide, nerveuse relaie bien le mouvement des trains, c’est le sens du voyage, c’est le goût des ailleurs qui nous happe.

Ce beau récit initiatique reconstitue non seulement une époque, il explicite une conscience littéraire, née littéralement « entre les lignes » de chemin de fer!