Deux poèmes à la façon de Max Jacob

Max Jacob par Picasso, 1915, 24X33 cm

À la gare 

La pluie. Elle ne peut pas faire de mal. Mais tous les couteaux ne sont pas aiguisés. Du rémouleur le soleil connaît un rayon. J’ai un train à prendre pendant l’éclaircie. Ou l’averse. L’accompagnateur montre patte blanche. Ce n’est pas lui qui a retardé le voyageur lambda. A moins que du haut de son nuage effilé comme un ciseau d’ébéniste le ministre des transports ne démonte tout le réseau. Le chef de gare est sur les rails.

E.A.

 

Dieu sait quand

L’alphabet. C’est tout ce que j’avais à part mon envie de mourir. Mais il était temps de partir pour l’école où j’avais de maussades études à faire. En passant devant le cimetière, j’y déposai un mot, que je reprendrais à l’issue des cours. A midi, mon mot était mort et enterré. Restait l’avenir sur un plateau d’ossements. Le fossoyeur me mit dehors en riant. N’empêche, je reviendrai Dieu sait quand (avec mon scalpel et ma malette de paléopathologue) inspecter le squelette de l’institutrice.      

E.A.     

 

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