Mes enlèvements

images?q=tbn:ANd9GcRMGj9xrb1EjiJLQaJ4azFHqvxgnljfAjeBO0c9h8wir2AJCT1-UdgJ-wSamedi soir, j’ai enlevé un écrivain à la sortie d’un salon du livre. Cela ne m’était plus arrivé depuis celui de Jean-Edern en 1982 après un enregistrement d’Apostrophes. L’écrivain enlevé ne mange pas ne boit pas n’écrit plus. Le mien voulait le Gros Sel. Je lui ai passé la salière, il a dit non. Pas ce sel-là, celui d’un kilo. J’ai fini par comprendre que c’était un prix prisé. Jean Edern voulait le Goncourt. Autre époque, autres mœurs. Je lui ai dit : j’ai le Gros Ciel à te donner : un dm³ plein d’air pur. Mais non, il n’en démordait pas, il voulait celui-là et pas un autre. Alors je l’ai laissé partir, il ne servait à rien. J’ai entendu son pas d’écrivain pressé dans le noir de l’escalier et je me suis dit que, la prochaine fois, j’enlèverais un homme ou une femme politique. Fadila, par exemple, qui ne sert plus les artistes. Cela me rappellera mon enlèvement de VDB en 1989. 


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