Galop Décès de John Ellyton

Trois belles dans la peau

Une fille inconnue qui vous tombe dans les bras sur le seuil de votre logement avec la promesse d’une fortune à saisir, quoi espérer de mieux pour un homme en noir retiré du monde. Sauf que la jeune femme est en sang, mal en point et que l’argent, lui, ne vous tombera pas du ciel dans l’immédiat…

Voilà le départ du polar sensuel, très bien écrit, dans un langage fleuri, truffé de mots d’argot savoureux, et mené à vive allure de John Ellyton qu’on connaît comme éditeur, ce qui ne fut d’ailleurs pas, l’apprend-on, son seul métier (« il a tâté de la marine marchande »), et le côté bourlingueur se sent dans ce récit. Il a le sens du voyage, des rencontres, souvent musclées voire plombées, François Nedonema, le narrateur du roman, même si, suprême ironie, il a le mal de mer.

Je vous passe les péripéties politico-maffieuses mais le narrateur, après son interpellation par la police du royaume, se rend en Sardaigne pour la partie solaire du roman, tant au niveau climatique que purement relationnel. D’ailleurs, n’est-ce pas, toutes proportions gardées, le voyage d’Italie des peintres du Nord auquel on assiste ici avec cet enquêteur improvisé qui vient rechercher des forces vives et quelques couleurs dans le Sud? Là, il  rencontre Genna, la troisième femme du roman (car Nedonema a laissé en Belgique Germaine, sa vieille complice en affaires et en amours), une policière chargée de l’accompagner sur place. Je n’avais pas lu de description aussi sensuelle d’un coït, aux pages 46 et 47, que celle que nous donne l’auteur. Où on se dit que les écrivains qui font l’impasse sur ce genre de scènes ont intérêt à lire Ellyton.

Toujours sur l’île italienne, en fin de séjour, le roman nous gratine d’une poursuite à la James Bond qu’on imagine aisément sur grand écran.

La dernière partie est plus sombre, à plus d’un titre, puisque Nedonema, qui a bravé la pire famille sarde, de retour en Belgique, va choper les instigateurs du meurtre originel au sein de l’hôtel de ville de Charleroi – bien avant que Paul Magnette (mais cela fera peut-être l’objet d’une autre histoire) ne vienne l’investir de sa présence. Il y a du Don Quichotte chez Nedonema qui va rétablir la justice là où elle est en défaut pour autant qu’on ne touche pas à sa liberté.

La fin, en une belle boucle, nous renvoie aux heures ayant précédé l’irruption tragique de l’Italienne. A travers les aventures d’un anar plus de première jeunesse qui prend une belle revanche sur la vie, on assiste à la naissance d’un écrivain au style plein d’allant.

E.A.

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