Les séparés

Texte: Marceline Desborde-Valmore 

Musique: Julien Clerc

Les séparés

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre, 
Et frapper à mon coeur, c’est frapper au tombeau.
N’écris pas!

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu…qu’à toi, si je t’aimais!
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
N’écris pas!

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ; 
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N’écris pas!

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire : 
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur ; 
Que je les vois brûler à travers ton sourire ; 
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon coeur.
N’écris pas!

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

images?q=tbn:ANd9GcScyBYb6CDIzfYJNI3Iuof98Hz-ElmdOI9Wpl50vZqVV3klCgLiLe souvenir

Ô délire d’une heure auprès de lui passée,
Reste dans ma pensée !
Par toi tout le bonheur que m’offre l’avenir
Est dans mon souvenir.

Je ne m’expose plus à le voir, à l’entendre,
Je n’ose plus l’attendre,
Et si je puis encor supporter l’avenir,
C’est par le souvenir.

Le temps ne viendra pas pour guérir ma souffrance,
Je n’ai plus d’espérance ;
Mais je ne voudrais pas, pour tout mon avenir,
Perdre le souvenir !

Marceline Desbordes-Valmore

+ de poèmes de M.D.-V. =)

http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/desbordes-valmore-marceline

Publicités

Un commentaire sur “Les séparés

Les commentaires sont fermés.