Le Microbe de printemps est arrivé!

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La revue dont on ne se lasse pas! 

Petit prix, petit format, textes courts & aphorismes, plaisir de lecture garanti.


Au sommaire du numéro 76:

Stéphane Berney

Denis Billamboz

Marc Bonetto

Morgan Brini

Greg Damon

Samuel Dudouit

Fabrice Farre

Josiane Hubert

Ludovic Joce

Jean Klépal3087827405.jpg

Marcel Peltier

Éric Pérennou

Stéphane-Paul Prat

Thierry Radière

Thierry Roquet

Basile Rouchin

Laura Vazquez.

Illustrations : Martine Zimmer

Les abonnés « + » recevront également le 39e mi(ni)crobe signé Tom Nisse : REPRISES DE POSITIONS.

Pour le(s) commander, contacater Éric Dejaeger via son blog:

http://courttoujours.hautetfort.com/sport/

     

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Le SIDA, la malédiction de l’Afrique

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Le Malawien Steve Chimombo dit qu’il a apporté sa contribution à la lutte contre le SIDA en publiant le petit recueil que je présente ci-dessous, je voudrais, moi aussi, à ma très modeste mesure, attirer l’attention des lecteurs sur le drame que vit actuellement l’Afrique de l’Ouest, en publiant les commentaires que j’ai rédigés sur ce livre et sur celui de Petina Gappah, une jeune Zimbabwéenne,  qui a elle aussi évoqué ce fléau dans un recueil de récits qui recensent toutes les calamités qui affligent actuellement son pays. Toute une région d’une grande richesse et d’une grande beauté qui sombre actuellement dans un marasme épouvantable.


les-racines-dechirees-petina-gappah-9782264054579.gifLes racines déchirées

Petina Gappah (1971 – ….)

Si l’Egypte a connu ses sept plaies calamiteuses, le Zimbabwe en connait actuellement au moins treize comme le nombre d’histoires que renferme ce recueil qui n’ose pas dire qu’il contient des nouvelles mais plutôt des débris de l’histoire de ce pays qui a complètement explosé sous l’impact d’une crise économique monumentale et d’une maladie qui n’ose pas dire son nom, « la grande maladie au petit nom ».

Dans ce recueil Petina Gappah fait une sorte d’inventaire des calamités qui accablent ce pays depuis qu’il a troqué le nom de Rhodésie contre celui de Zimbabwe, depuis que les idéalistes qui conduisaient la révolution ont oublié toutes leurs belles théories pour instaurer un pouvoir dictatorial absolu et cessé de considérer les femmes comme des égales pour les utiliser seulement pour leurs besoins sexuels et ménagers. « Mon mari trouvait que c’était du gaspillage de pénis d’être fidèle à une seule femme. »

Le catalogue des misères zimbabwéennes commencent avec une décolonisation ratée qui donne le pouvoir à ces révolutionnaires qui ont perdu leur idéal mais qui ont découvert une nouvelle vénalité dans les avantages que l’argent facile leur procure. Les colons sont partis, les fermiers ont été chassés, pour la plupart, mais les nouveaux paysans n’ont ni outils ni semence pour faire prospérer leurs exploitations.

La corruption, la concussion, le trafic d’influence, le népotisme et le favoritisme et d’autres malversations encore sont devenus le mode habituel de fonctionnement du pays. L’économie est parti à vau-l’eau, l’inflation galope comme elle n’a jamais galopé ailleurs, atteignant des gouffres abyssaux et laissant le pays exsangue, incapable de nourrir, loger et soigner ses habitants. La seule solution réside dans l’exil pour trouver une misère moins pénible sous d’autres cieux moins cléments et parfois même revenir avec le rouge de l’échec au front. Le pays se vend par morceaux aux plus offrants, notamment aux Chinois qui sont très présents et très attentifs devant cette déconfiture.

Mais le grand fléau est avant tout la fameuse maladie qui ne peut pas être évoquée. « Il n’existe qu’une maladie qui pousse à la fois ceux qui ont de belles voitures et ceux qui n’ont pas de voitures du tout à s’adresser au prophète. C’est la grande maladie au nom bref, la maladie dont personne ne meurt, la maladie dont le vrai nom n’est jamais prononcé, la maladie qui manifeste sa présence par la rougeur rosée des lèvres, l’aspect luisant des cheveux, le blanc des yeux plus blanc que la nature l’a voulu. »

Petina Gappah, dans une langue vive, acérée, parfois truculente, non sans ironie et dérision, pointe de la plume ceux qui ont conduit le pays à la faillite et ses habitants dans la tombe, sans trembler, ni faillir. Son doigt se fait encore plus accusateur que celui de Nozipo Maraire qui dénonçait déjà cette situation dramatique mais, hélas, elles vivent toutes les deux à l’étranger comme la quasi totalité des élites zimbabwéennes qui ne peuvent plus vivre dans leur pays pour essayer de le sauver.

 


l-ombre-de-la-hyene-steve-chimombo-9782911464362.gifL’ombre de la hyène

Steve Chimombob (1945 – ….)

Sigele est appelé par sa belle-sœur à l’hôpital au chevet de son frère à la mode locale, il remarque les plaies aux poignets et aux chevilles de la jeune femme ; son frère décédant rapidement, il organise les funérailles mais s’esquive prestement pour ne pas être obligé, comme lui demande les anciens de la famille, d’accomplir le « kusudzula », le nettoyage rituel de la femme du défunt. Ce rite ancestral consiste en l’accouplement de la veuve avec un membre de la famille ou un professionnel payé spécialement pour effectuer cette mission. Un geste qui permet de rompre le lien de fidélité qui lie la veuve à son ancien mari et ainsi de lui laisser espérer un remariage. Son frère aîné remplace donc Sigele qui, ayant repéré les symptômes de la maladie, n’a pas voulu prendre le risque de la contamination le laissant, avec la mission, à son frère désigné à sa place pour perpétuer la tradition ancestrale. « D’un côté la hyène est purificatrice… la hyène est associée à l’homme qui performe le rite sexuel au nom de la tradition. Mais, dans le conte malawien, la hyène est toujours présentée comme victime de la tricherie. »

Les trois nouvelles – traduites par Kangmi Alem – qui constituent ce petit recueil, pourraient former les trois chapitres d’un court roman dans lequel l’auteur explore le destin d’une famille aux prises avec la pandémie du SIDA qui frappe violemment l’Afrique du Sud-ouest notamment. « Les écrivains répondent à la pandémie du sida en l’utilisant comme une source d’inspiration dans leurs poèmes, romans et pièces de théâtre». Steve Chimombo précise clairement : « l’ombre de la hyène est ma propre contribution à cette campagne massive d’éducation du public sur la pandémie ». 

« Ce recueil est une étude de cas concrète sur ce qui se passe dans la réalité, » un véritable plaidoyer contre les traditions ancestrales qui survivent encore dans les rites sexuels comme le nettoyage rituel des veuves. Avant de décéder, un mari atteint du sida, contamine sa femme qui transmet la maladie à celui qui la « nettoie » et qui, à son tour transmet le virus à son épouse et à ses autres conquêtes. Un drame foudroyant qui contribue grandement à l’explosion de ce fléau dans cette partie de l’Afrique. Les pouvoirs publics, relayés par les intellectuels, font pression sur les anciens pour qu’ils transforment cette tradition mortifère en un rituel plus symbolique.

 « La mort ne devrait pas être la seule finalité de l’expérience humaine… »

 

 

5 poèmes inédits de Salvatore Gucciardo

Le flot

Sur le testament

D’Orphée

Le lyrisme alluvial

Caresse

Le contour

De l’âme

Et cristallise

Le flot des sentiments

Dans la pénombre chaude

 

Particule de poussière

Dans l’alvéole lézardé

Les paupières

Mi-closes

Fixent

Les rais de lumière

Dans l’amas

Des feuilles

De l’arbre esseulé

 


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Exaltation

Nuit d’âme

Où les êtres opaques

S’envolent

Vers l’horizon céleste

 

Pluies d’étincelles

Rayons gargantuesques

Reliques sacrées

Le feu de la passion

 

Au sommet

De la constellation

Délectation

Exaltation

Sublimation

 

Tous les délices

Du rêve

Sur l’aile

De l’oiseau fragile


 

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Jaillissement 

Alphabet cosmique

Ecorce stellaire

La sève nébuleuse

Sillonne

Le corps humain

 

Jaillissement doré

Dans les draps

De la nuit

 

L’être guette

La cité

De l’aube


 

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L’éclat du soufre

Au milieu

De sphères

L’eau

Le feu

 

Bouillonnement

De soufre

Rizières en feu

L’alliance de l’anneau

Au sommet du sanctuaire

 

Profondeur abyssale

Larmes perlées

Sous  l’œil écaillé

Du dragon

 

Maelstrom

Flots d’émois

Éboulement

De pierrailles

Dans le fleuve

Paisible

 

Chorégraphie

Pourprée

À l’intérieur

Du coquillage

 

 

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Offrande

Dans la nuit sereine

J’ouvrirai les pétales

De rose

Pour les déposer

Près de ton visage

Lumineux

Afin que le monde

S’enivre

De ta sève

Sacrale


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Visitez le nouveau site de Salvatore Gucciardo pour découvrir d’autres peintures et dessins, ainsi que des poèmes, des extraits d’articles de presse etc.:

http://www.salvatoregucciardo.be/

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En voiture!

A la porte du garage / Charles Trenet

Ma nouvelle voiture / Claude François

Monospace / Benabar

 

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Ma Benz / Brigitte

Ford Mustang / Serge Gainsbourg

Route Nationale 7 / Les Tueurs de la lune de miel

BonusSimca 1000 / Les Chevaliers du fiel

 

Ma voiture et moi

Andia_161070_Small.jpgMa voiture ne se plaît qu’au garage. Aussi, dès que je l’en éloigne, elle y revient toute seule. Je dois alors prendre un taxi ou les transports en commun pour le voyage de retour. Les premières fois, je l’ai cherchée partout avant de me résigner à rentrer pour la trouver, comme par magie, dans son abri. Puis je me suis habitué, je savais où la trouver, ce n’était plus qu’un demi mal. Bizarrement, personne dans le voisinage ne l’a jamais vue rentrer sans moi, c’est qu’elle sait se montrer discrète. Depuis quelque temps elle ne daigne même plus partir, elle fait la gueule quand je fais mine de vouloir sortir. La plupart du temps, je m’en vais seul. Régulièrement, pour se faire pardonner, elle vient m’attendre à la sortie du travail, du ciné, du resto. A mesure qu’elle vieillit, elle devient de plus en plus versatile, instable et inutile sur un plan matériel mais je ne l’ai pas choisie pour les facilités qu’elle m’offre, pour ses divers usages, sa beauté ou même sa puissance mais pour elle-même et ça, une voiture doit le sentir.

   

La peau sous les mots

images?q=tbn:ANd9GcQGldwo-iAk3TyWMqrRK61J4VifFqNJ9DwzG-_5kwlb_ypdqWMc8gÀ l’homme qui se vêtait d’histoires trop courtes, on voyait la peau sous les mots. La bande de chair entre son pantalon et sa chemise allait augmentant au point de friser l’indécence. Encore un peu et on verrait ses sentiments. Quand on lui offrit la possibilité d’enfiler une histoire décente, à sa taille, il plongea sur l’occasion. Mais la substance émotionnelle se révéla si vaste qu’on perdit l’homme sur la ligne du sens. Parfois des parties d’organes, des lambeaux de vie, des bouts de viscères jaillissent de la matière en fusion sous les étoffes fictionnelles. On croit reconnaître l’homme englouti, percevoir la teneur de ses messages, l’esprit de ses livres. Pas toutefois de quoi affecter l’ordre sacré de la littérature.