Des cheveux sur la langue

images?q=tbn:ANd9GcT3ClgdduNUHWXdb3OPrD5KMLXTO03EuRHcxMzE3KSR5tMefFHds87Jm3gemgDes cheveux voyageaient sur la langue, tailladant des pages de littérature, coupant en morceaux les ouvrages, mettant les auteurs dans l’incapacité d’assurer la jonction entre divers pans de leur œuvre ou au prix d’une taxe de passage avoisinant leurs droits d’auteur. Cela prenait des proportions telles que l’AIGA, l’ Association Internationale des Grands Auteurs, s’avisa de solutionner le problème.

Une équipe d’explorateurs chauves fut envoyée là où les méfaits se commettaient. Au terme d’une enquête longue et pénible, les rapports furent remis. Les cheveux appartenaient tous à un même et seul homme : moi. Sans qu’un seul instant je pus m’être douté que les cheveux que je perdais abondamment allaient se nicher dans les livres. Depuis, je porte quand je lis un bonnet hygiénique qui me donne l’aspect d’un prince en visite officielle dans les cuisines d’un restaurant du cœur. Mais j’en connais bien qui enfilent une combinaison d’homme-grenouille pour aller consulter les incunables  des premiers auteurs de salle de bain aux pages pleines d’algues d’un vilain vert dans les fonds de l’Aquarium jouxtant la Bibliothèque Nationale. 

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