La bise au pied

images?q=tbn:ANd9GcSCYlqPiv72SJn2YylBNrrHfwrGqMlvdTEVnCbq5KSMMfUhofnM46ogfNzxCette collègue a de si beaux pieds que, lorsque je la vois, je ne lui fais pas la bise, je lui empoigne les orteils et, si elle veut me serrer la main, je tiens à baiser le dessus de son pied. Ainsi, j’alterne les plaisirs. Cela la fait rire. Sans parler, pour répondre à mon salut amical, de l’excitation à la voir se déchausser bien qu’elle soit toujours légèrement chaussée, même en hiver.

L’embêtant, c’est que ça va vite, très vite. Je ronge mon frein le reste de la journée, à ressasser mon action du matin. Je suis comme un loup en cage jusqu’à ce que je la revoie. Parfois, elle est pressée et, comme à tout le monde, elle me tend une joue distraite. J’enrage. Mais j’ai pris à son insu une courte vidéo de son pied avec mon portable. Onze secondes de pur bonheur, que je me repasse tous les soirs en cachette et qui me porte, vous vous en doutez, aux nues.

Les photos tirées de la vidéo ornent les murs de mon bureau. Habilement exposées parmi celles, nombreuses, des pieds de ma femme qui n’y voit que du feu parmi tous ces clichés, bien semblables pour une profane, quand elle vient me présenter ses nouveaux talons aiguilles. Mais les pieds de ma moitié ne sont plus ce qu’ils étaient. À force d’opérations esthétiques, ses pieds trop tendus ont perdu toute expression. On dirait les pieds d’une statue. Le soir, je ne leur rends plus hommage avec autant d’empressement que jadis. 

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