Le bouquet

images?q=tbn:ANd9GcR8TL0OdREHyf-hLZU4Dk_oPYUE_vfFOmcu_aptpK0gV2dhHHpmbGvVLPoCet ex-fleuriste composait des bouquets d’yeux qu’il vendait, cela va sans dire, à un prix exorbitant. Car combien d’énucléations pour une seule gerbe.

Au début, il pratiquait comme un boucher, retirant la vie à un corps pour deux pauvres mirettes, quel gâchis ! Ensuite, il acquit de l’expérience et de la délicatesse: il parvint à énucléer sans trucider, se contentant d’aveugler. On peut vivre sans voir, quand même ! N’emmagasine-t-on pas assez d’images pour ensuite, si on perd la vue, deviner, imaginer, rêver d’autant mieux qu’on sait qu’on brille ailleurs.

Par ses propres yeux arrangés en bouquets aux iris irisés et aux paupières-pétales dans les bleu cil, vert turquoise ou marron violacé.  Que s’offrent, l’œil ému, humide, à la Fête du Crime des assassins transis, se remémorant toujours avec nostalgie leur premier meurtre. On peut alors se réjouir d’avoir été l’artisan d’une œuvre et d’une entreprise de consolation sans précédent. 


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