Femme apparente + Pense-bête

Femme apparente

J’ai toujours une femme en bouche, ou au bord des lèvres, des yeux, des oreilles et, régulièrement, des amis, des connaissances me le font remarquer: « Cache ta femme, on la voit comme le nez au milieu du visage! ». Parfois, j’arrive à la placer dans la main (où elle passe la tête), au bout des phalanges (sur les ongles), dans le cou (où elle fait des pieds et des mains), elle ne tient pas en place (elle est constamment agitée) mais c’est vrai, toujours à la vue des autres. Jamais sous la chemise ou le pantalon. C’est indécent, à la fin ! C’est que j’aime exposer ma petite femme, moi. Je sais que ça en incommode certains, que ça provoque des envies, d’avoir la même, de faire comme moi, de jouer à la perdre et à la retrouver… Mais c’est qu’il a fallu du temps pour la réduire à cette dimension et la rendre docile, elle si grande et si infernale à l’origine et maintenant toute bonne, toute tendre, si douce et si fine qu’un jour, pour sûr, elle me glissera entre les doigts.

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Pense-bête

Cette femme mémo prêtait son corps, toute sa peau  pour qu’on prenne note. Elle faisait figure d’agenda épidermique. Et cela procurait des frissons suivant les endroits où la notule aboutissait. Dans l’élan, on notait n’importe quoi. Des tas de rendez-vous inutiles, des pense-bêtes incongrus. Interdiction formelle toutefois de s’attarder. Cependant on pouvait prendre tout le temps qu’on voulait pour effacer, nettoyer l’ardoise, la rendre tel un tableau luisant, un écran blanc immaculé sans une tache, sans un mot de trop. Sinon le doux repentir d’une caresse.

 

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