Les mots pelés (19): Tombes d’écrivains et autres mouroirs littéraires…

Cet éditeur ne publiait qu’un seul ouvrage de ses différents auteurs. Chaque sortie désolait toujours une poignée de lecteurs.

 

 

Ce libraire prenait soin de délimiter le rayon poésie de sa boutique par des panneaux de danger. Plusieurs fois des lecteurs imprudents avaient été pris d’effroi en constatant l’endroit où ils avaient malencontreusement abouti et leur prise en charge avaient nécessité les soins d’un psychologue spécialisé dans les traumas littéraires. 

 

 

Ma mère ne peut pas me voir en couverture d’un livre. C’est pourquoi je publie si peu ou alors sous des pseudonymes.

 

 

Lors d’un atelier d’écriture particulièrement fécond, cet écrivain produisit deux milles textes sans la moindre importance.

 


Afin d’échapper au harcèlement littéraire dont il est toujours l’objet à l’occasion des lectures qui ont lieu sur sa tombe, le squelette de Rimbaud aurait quitté le cimetière de Charleville pour une fosse commune au Harar. 

 

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Un critique d’air a chroniqué férocement un texte de haute montagne. 

 

 

Certaines personnes deviennent écrivain sur un coup de texte.

 

 

Cet écrivain harcelé par son lectorat demanda l’asile à un organisateur de prix littéraires.

 

 

Cet éditeur avait lancé, uniquement dans les pays avant-gardistes, une collection de livres ennuyeux à mourir à destination des candidats à l’euthanasie.


 

Sur sa tombe, cet écrivain fit graver tout son roman. Faute d’avoir trouvé un éditeur de son vivant.

 

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Cet animateur en burn-out, au cours d’un atelier d’écriture particulièrement meurtrier, tua trente-six non écrivains avant de se suicider. 



Cet éditeur ne vendait que son catalogue et offrait les livres de ses auteurs.



Ma mère ne supporte pas de me voir écrire. Alors, pour lui éviter cette peine, je me cache pendant toute l’année. Pour le Nouvel An, j’évite même de lui adresser mes vœux.



Chaque fois que je sors un livre, je vais en déposer un sur la tombe du premier éditeur qui m’a refusé un manuscrit. 

 

 

Ma sœur ne lit que les livres coloriés de mon petit frère. D’autre part, à cinq ans, on ne peut pas encore lire les grands livres de littérature pour ados que j’écris entre deux livres pour ma grand-mère.  

 

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Cet auteur d’aphorismes à succès n’aspirait qu’à écrire des bons mots.



Cet auteur de littérature Jeunesse ne fit pas de vieux livres.


Les narines des poètes inspirés sont pleines de miasmes de muses.

 

 

Chaque jour depuis mes cinq ans je recopie le livre de mon père sans jamais me résoudre à mettre le point final.


C’est lors des lectures marathon qu’on regrette le plus les écrivains sans œuvre.

 

 

J’aime les poétesses toutes lues qui m’offrent un dernier vers.

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