L’insoutenable gravité des pommes

 

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C’est le bazar dans mon verger !

Des grandes nèfles et de petites mûres font le poirier pour qu’on reluque leur prune.

Quand on secoue le cocotier, il y a bientôt des poils de noix partout.

Des gilles figues bourrés comme tout un olivier se consolent des oranges envolées en regardant en boucle Les fraises sauvages.

Des grenades explosent dans ma bouche en des explosions de saveurs, faisant de mon palais comme un repère de goyaves.

(Voilà ce qui arrive quand on litchi trop le bruit, me dit le maître du tonnerre dans un ramboutan.)

La bouche en fruits secs (et les yeux en amandes), je me grille une dernière cacahuète.

Immanquablement, à la datte du 11 septembre, la vermine attaque mes courgettes jumelles.

Des pompiers se font la courte échelle pour éteindre l’incendie de chocolat dans le cacaoyer. En descendant, ils se ramassent une pêche en glissant sur une peau de banane.

Tout l’automne, je me fais du marron pour mes châtaignes : chaud devant, me crie un soldat du fruit rouge comme une tomate flambée devant le chapeau melon de Newton.

Les cerises ne font pas de quartiers quand on les maque à des bigarreaux : elles s’envoient en l’air avec des griottes…

Si après tout ça vous ne croyez pas à la théorie de la compote…

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