Une enfance verviétoise d’Edmée De Xhavée (éditions Irezumi)

474805_1.jpegLes vertes années

Edmée De Xhavée qui a vécu plusieurs vies, collecte sur son blog et dans ses livres ses souvenirs ou fictions par époques, par lieux, par thèmes. Ici, il s’agit donc d’une enfance verviétoise où «on avait, finalement, plus de temps que d’argent à gaspiller. »

Une époque aussi où « le lait était versé chaque matin dans la cruche de grès laissée sur le seuil avec une soucoupe pour le protéger. Où, avant le ciment des parkings et les magasins de grande surface, les denrées de base étaient fournies à domicile. Un temps où la religion était encore très présente dans les coutumes mais moins dans les croyances. Une période, celle des années cinquante et soixante, encore insouciante qui, pourrait-on dire, ne connaissait pas son bonheur. Car les secteurs industriels qui avaient fait la prospérité de la région allaient bientôt péricliter.

Des notations savoureuses, teintées d’humour et de malice d’une enfant (puis d’une adolescente) déjà rieuse et frondeuse viennent régulièrement pimenter le défilé des souvenirs liés aux lieux-dits de Verviers et des proches alentours.

Evidemment, le livre touchera autrement les lecteurs connaissant Verviers et les autres, comme moi. Mais il ne me déplaît pas de connaître un endroit, à fortiori une ville, par les mots d’un(e) écrivain(e) : ce qu’on perd en précision, on le gagne en rêveries.

Le dernier chapitre, touchera les uns et les autres qui rapporte les mercredis après-midi au cinéma Coliseum quand le film principal était encore précédé d’un complément, d’un autre film, et que l’ouvreuse qui vous installait, aidée d’une lampe de poche, réapparaissait à l’entracte avec un plateau de chocolats glacés.

La Belgique en été, c’est or et émeraude, écrit-elle. C’est du moins cette coloration dans laquelle baignent les souvenirs qui lui reviennent en priorité en mémoire, elle qui a beaucoup par la suite résidé à l’étranger.

Edmée De Xhavée revêt les atours d’un Verviers passé, pas si lointain, qu’on peut encore apercevoir avec la lunette légèrement transformante du souvenir.

Il ne faudrait pas croire qu’Edmée cultive à l’excès la nostalgie, elle rappelle à juste titre que ce qui est volontiers méprisé aujourd’hui par certains, réfractaires au changement, sera demain loué et que ce qui est le plus à regretter, ce sont « les gens disparus enclos dans ces images » d’hier.

Tout ceci narré dans une belle écriture, comme amusée, sereine, à l’image d’Edmée qui a su trouver le bon dosage, l’exacte mesure entre plongée dans le passé et détachement pour se remémorer une enfance heureuse qui se veut aussi, de l’aveu même de l’auteure, un exercice de transmission. Un exercice pleinement réussi. 

Éric Allard

Edmee-chapeau.jpg

Le blog d’Edmée De Xhavée: Laissez-moi vous écrire (copier/coller les liens)

http://edmeedexhavee.wordpress.com/

 

Un article signé Yves Hurard sur L’avenir.net

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20131223_00408870

 

 

Publicités

3 commentaires sur “Une enfance verviétoise d’Edmée De Xhavée (éditions Irezumi)

  1. Je suis flattée, heureuse et touchée de cette belle note de lecture, car n’étant pas Verviétois… je me demandais s’il y avait assez de sourires et souvenirs pour te distraire aussi. Mais je vois que oui, en tout cas suffisamment!
    Merci Eric!

    J'aime

Les commentaires sont fermés.