FACEBOOK LA NUIT et autres texticules

Facebook, la nuit

Facebook, la nuit, est une sorte de grand-route déserte. On peut y poser un statut sans qu’il bouge, on le regarde à l’arrêt comme un flotteur sur l’eau d’un étang. Ça calme, ça soulage du trafic de la journée, du débit de l’information. Souvent, je me lève vers trois heures du matin pour faire l’expérience.

Je dépose un statut quelconque : J’arrête la colle, Tas d’internautes endormis, Mathilde présidente !, Dieudonné roi d’Israël, Matzneff à l’Académie !; Votez P.P. – le Parti des Pandas ; Les Diables Rouges du PTB Goal en finale! ; Bertignac guitarise Prévert ; Suarez malgache les grands titres de Magritte ; Arno carbonise Carême ; Après le café suspendu, le cercueil suspendu…

Et j’attends le petit matin, les yeux fixés sur l’objet numérique, jusqu’à ce que les premiers utilisateurs reprennent la route de l’info. Il bouge, il se remet en place, bientôt il sera descendu très bas, dans les limbes du réseau. Même si on sait tous qu’il n’est pas perdu, qu’il est là en tête du journal, au sommet du mur, qu’il fera partie du film des quinze ans du réseau mais quelle importance alors. Le jeu, c’est de pouvoir le supprimer avant qu’il ne soit liké par un ami qui like tout ce qui bouge, ça arrive (j’ai été du nombre). Si on n’épuise pas tous les plaisirs du réseau social, on le regrettera quand il aura disparu. En attendant, ça fera de beaux souvenirs.

 

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L’homme qui ne savait pas liker

Très vite, les services d’aide aux amis en détresse avaient repéré cet homme seul dans la cour de récréation de Facebook, un inadapté du réseau social. Il fut pris en charge et numériquement conduit dans un centre cyber virtuel spécialisé dans les grands asociaux. Au prix d’une remise à niveau sévère mais bienveillante, il réussit son premier like, puis un deuxième, un troisième… Toute l’équipe du service applaudit avec des smileys. Quand il lika la page du service d’aide, c’est tout le réseau qui était sauvé : il était mûr pour faire fonctionner l’outil à plein régime.

À la date actuelle du 29 avril 2024, il aime en moyenne ses 20 000 stattoos par jour sur TWEETINFACE, le réseau universel fondé il y a six mois par Poke Zuckerberg, le fils aimé de Mark, mort dans l’implosion de son réseau social il y a juste dix ans.

 

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Aujourd’hui François Truffaut filmerait, avec beaucoup moins de moyens certes,  L’homme qui pokait les femmes (avec Charles-the-Nerd).

 

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Seule sur Facebook

Elle avait accepté il y a longtemps une invitation à s’inscrire sur Facebook, elle ne savait plus de qui. Et elle attendit, des jours, des mois, une année sans qu’on lui fît de demande d’amitié. Au bout de quatre ans, elle consentit à inclure une photo de profil comme on le lui conseillait vivement.  Mais au terme de cinq nouvelles années, elle n’avait toujours aucun contact. Elle était d’un tempérament têtu et voulait qu’on réclame son amitié et non l’inverse. Elle craignait en fait les refus. Depuis son inscription, elle s’était mariée, avait divorcé et eu de cette union un fils qu’elle avait inscrit sur le réseau social en espérant qu’un jour, bientôt, le garçon devienne son premier ami.

 

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– Tu veux faire quoi plus tard ?

– Commentateur Facebook.

– Et si tu ne réussis pas ?

– Likeur!

 

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2 commentaires sur “FACEBOOK LA NUIT et autres texticules

  1. Je découvre votre blog et je j’ai souri en vous lisant !
    Cela fait du bien de découvrir qu’ici ou là des tricoteurs de lettres foisonnent , des amoureux de la poésie fredonnent des jolies phrases comme des embases sur des fenêtres laissant s’envoler des mots …
    Merci

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