HISTOIRES DE THÉÂTRE

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LES RÔLES

Sur scène, il y a le mari, la femme et leurs trois enfants. L’homme peut sortir de scène quand bon lui semble pour aller travailler ou au foot, les enfants se rendre à l’école et à leurs activités, la femme à son boulot, au shopping ou à la zumba. Les rôles sont bien partagés.

À leur retour, le public, changeant certes mais en nombre constant, est toujours là à suivre leurs agissements, à applaudir aux moments plus dramatiques ou comiques, les mieux mal joués. C’est un mode de vie auquel les membres de la famille se sont habitués, un peu par nécessité au début car ils n’ont trouvé aucun autre logement que celui proposé par ce directeur de théâtre innovant et un metteur en scène lassé de faire jouer les grands textes du répertoire comme les petites annonces immobilières.

 

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LE PUBLIC

Les comédiens sont assis comme au théâtre, figurant un public alors que le public, ne sachant pas qu’il constitue le spectacle, attend que quelque chose survienne. Avant de comprendre que la scène leur est séparée par un miroir qui reflète leur attente.

 

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UN THEÂTRE DE CONFIDENCES

Ce serait un théâtre où les gens viendraient se raconter suivant un agenda de passages.

Chez les uns, le contact avec le public se ferait facilement, il y aurait très vite connivence et afflux de spectateurs à la suite d’un bouche-à-oreille favorable.

Chez les autres, la représentation ferait un flop, salle déserte, le confident racontant ses malheurs pour lui seul ou un ou deux spectateurs compatissants…

Rien à voir avec le contenu, la charge de vécu, la nature des révélations, la force de la plainte, la violence des récriminations. Mais plutôt avec la façon de dire, de raconter, de se faire accepter du public. Comme en politique, comme en affaire, comme en amour…

Avoir le sens de la comédie ou ne l’avoir pas.

 

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PAYSAGES DU CORPS DUEL de Yannick TORLINI

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Le jeune écrivain de Nancy n’a que vingt-six ans et déjà huit livres à son actif. Le dernier est paru en mars 2013 au Coudrier, illustré de très belles vignettes de Catherine Berael. Trois sections offrent au lecteur une traversée. Limite, île, crépuscule sont paysages intérieurs et le poème entreprend un périple de dévoilement : « la nuit palpite sous la rugosité de l’écorce », « l’île est une entaille/ un soleil versé dans/ un puits » ou encore cet interpellant « Qui suis-je ; pour être deux ».

Aux thèmes du creusement (de soi) et de l’errance répondent ceux de la vie à dégager d’un manque de souffle et d’horizon et l’indécidable vide qui borde toute existence selon Torlini.

 

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Dans cette quête d’une langue qui puisse énoncer l’essentiel, le corps « divis » pèse, contraint, alors qu’il faudrait renouer avec la maison natale, rejoindre cette partie de soi qui hèle sans fin sur fond de mer et d’île : le poète pense « cercler son cœur de silence », sait noter le tracé d’une vie « de part et d’autre du mot », et comme Savitzkaya le clamait, Torlini aussi se sait « en vie », prompt à « se briser l’échine sur des ombres molles », tout près de sombrer « comme un souvenir ».

Dans ce livre crépusculaire, la mort rôde, celle des « voix qui se sont tues », le souvenir est tout aussi prégnant, à la fois gage de ce qui a été perdu irrémédiablement, garant aussi d’une vie habitée de nuit, de ciel, même si l’écrivain sait trop bien qu’il « vit dans cette hésitation d’une main prête à saisir » : oui, celle de l’écriture, celle qui offre survie à la perte, à l’achèvement, au vide. Et il n’y a plus qu’à attendre une aube bienfaitrice !

 

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L’île – métaphore du poète isolé dans l’insula de son livre – offre de belles images, un peu ténébreuses : « l’île est un tunnel/ creusé dans nos torses » ou encore « l’île est mouvante/ l’île ne se laisse pas/ définir ».

En poèmes cousus de prose, l’auteur nous mène dans les recoins de son âme, nous rappelle la valeur du souffle, celle des mots, de la respiration poétique, réelle.

Un beau talent s’énonce ainsi au fil des pages, nécessaires, déjà d’une belle maîtrise.

 

Yannick TORLINI, Paysages du corps duel, Le Coudrier, 106p., 2013.

Philippe MURAY n’est pas mort, il mord encore…

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La poésie c’est beaucoup plus que la poésie. Elle est historiquement morte, c’est pour cela qu’elle se multiplie, qu’elle se dissémine sur la planète. Comme le théâtre. Comme la danse. Comme la totalité des arts plastiques. Comme la pornographie. Comme les « luttes » de libération sociétales. (…) La poésie gagne en surface ce qu’elle a perdu en signification, elle doit être sur toutes les surfaces, sur tous les murs. Depuis que la poésie est sortie du poème, on la retrouve partout. Tout le monde est poète. Tout le monde a droit à la poésie. Tout le monde fait ou a le droit de faire de la création, et cette prolifération d’armes de création massive, cette explosion effrayante de culture, ce lyrisme dans tous les coins, cette graphomanie, cette accumulation infernale de « spectacle vivant », ce nouveau développement insensé du quantitatif lyrique d’où la dispariton de toute qualité ne fait plus peur à personne, cette haine au fond de la poésie et de ce qu’elle a pu être malgré tout, sont mes cibles principales, et jusqu’à l’intérieur des poèmes que j’ai écrits. (Festivus festivus)


Aux applaudissements de la plupart, il y a trente ou quarante ans, les grands principes romanesques ont été virés à la poubelle par « les nouveaux romanciers ». L »héritage » de Balzac et des autres a été abandonné. Presque aussitôt, le journalisme planétaire s’en est emparé. Il a repris tout, tout le romanesque retombé en jachère: l’intrigue, les rebondissements, les dialogues, la reconstruction du réel, les personnages, mais dans un but d’efficacité publicitaire et de manipulation optimum, et il le traduit quotidiennement dans son esthétique de supermarché. Les médias sont de grands fabriquants de personnages. Comme la pensé mythique dont ils héritent, ils ne supportent pas l’imprécision, le flou, les responsabilités collectives, le hasard, la culpabilité indivise. Il leur faut QUELQU’UN. Un nom, une personne. Sinon, il n’y a pas d’affaire. (Désaccord parfait)

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Si la gauche a encore l’air de mieux tenir le coup, c’est que ses principes fondamentaux et sentimentaux cadrent plus étroitement avec le programme hyperfestif; mais elle aussi s’affole : elle sait bien que sans la droite, sans l’ersatz de droite qui la fait exister en tant qu’ersatz de gauche, elle n’est plus grand-chose; et que la rupture d’équilibre peut être dramatique également pour elle. Va-t-elle même encore être longtemps « la gauche » sans son vieux complice de bonneteau? Elle a déjà tout oublié de son essence négatrice, jadis basée sur des hostilités de classes, au profit d’une inflation de morale et de vertuisme sans précédent. Elle a remplacé le matérialisme dialectique par la pratique du bien et substitué à la dictature du prolétariat le terrorisme des « valeurs ». (Après l’Histoire)

 

   L’existence de Dieu: texte de Philippe Muray, musique de Bertrand Louis


Le Bien a vraiment tout envahi ; un Bien un peu spécial, évidemment, ce qui complique encore les choses. Une Vertu de mascarade ; ou plutôt, plus justement, ce qui reste de la Vertu quand la virulence du Vice a cessé de l’asticoter. Ce Bien réchauffé, ce Bien en revival que j’évoque est un peu à l’ « Être infiniment bon » de la théologie ce qu’un quartier réhabilité est à un quartier d’autrefois, construit lentement, rassemblé patiemment, au gré des siècles et des hasards ; ou une cochonnerie d’« espace arboré » à de bons vieux arbres normaux, poussés n’importe comment, sans rien demander à personne ; ou encore, si on préfère, une liste de best-sellers de maintenant à l’histoire de la littérature.(L’Empire du bien)

 

Oui, il y a de la joie dans la cruauté, de la jubilation dans la détestation, de la volupté dans la non appartenance. (Festivus festivus)

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Le cinéma, c’est le damné du concret, c’est le forçat du réel. Il n’y a qu’en littérature qu’on voit des images ; au cinéma on ne voit que l’apparence et elle est irréfutable. Par-dessus le marché, au cinéma tout le monde voit la même chose alors qu’en littérature tout le monde voit des choses différentes, mais personne ne verra jamais ce que les lecteurs voient (il n’y a pas deux Anna Karénine semblables dans la tête de deux lecteurs assis côte à côte et lisant au même rythme). (Festivus festivus)

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Nous oublions tout mais nous sommes obligés de tout voir, tout le temps, comme nous sommes obligés de tout entendre, nous sommes prisonniers de l’excès d’exhibition et de précision pornographiques, nous n’avons même plus le droit de détourner les yeux (ni les oreilles), ce serait une insulte à la confusion empathique des sentiments que commande la démocratie terminale pour que nous ne nous sentions plus jamais seuls. (Festivus festivus)

La passion fait tout passer, c’est le droit de l’homme le plus imprescriptible. Plus les affaires règnent, plus le business tourne dans son propre vide, avec pour seul et unique projet son extension absolument sans fin, et plus le lyrisme cordicole doit triompher à la surface, habiller la réalité, camoufler les pires trafics, ennuager toutes les intrigues, faire passer l’Ordre Nouveau du monde pour une sorte d’ordre divin. (L’empire du bien)

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La disparition de l’art est un événement qui attend son sens, mais on peut douter qu’il le trouve jamais. Évoquer cette fin comme une éventualité sérieuse ne signifie pas qu’aucun individu, dorénavant, ne se dira plus artiste; ni même qu’il n’y aura pas encore dans l’avenir de grands artistes. L’hypothèse de la fin de l’art ne concerne que l’hypothèse de la fin de l’histoire de l’art, c’est-à-dire le moment où les dernières possibilités de l’art ont été épuisées, et l’ont été par les artistes eux-mêmes (Picasso, Duchamp); et où ne se pose donc plus, du point de vue des artistes, que la redoutable question de la désirabilité de l’art en tant que survivance, inscrite désormais dans une tout autre histoire encore inconsciente. (Après l’Histoire)

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Avec l’artiste contemporain, c’est-à-dire le post-homme (ou femme) dans toute sa splendeur, on a enfin face à face, l’effroyable monstre de l’avenir: l’homme n’est plus un loup pour l’homme, c’est un artiste pour l’artiste. Equipé comme il se doit de cornes de brume, de sifflets, d’échasses et de tambours du Bronx. On ne pourrait l’arrêter dans son expansio qu’en remettant violemment en cause, avec tout le mépris qu’elle mérite, la culture sacro-sainte dont il se réclame, et l’art dont il confisque abusivement la définition. Mais cela ne se fera pas. personne n’osera. Personne, même n’y pense. (Festivus festivus)

 

 

« Le sport n’est qu’un des pires moments à passer parmi d’autres. Je n’en sais pas grand-chose, sinon que je l’abomine allègrement. Tous les sports en vrac, et depuis toujours, du foot au saut à l’élastique et de la planche à voile aux courses automobiles. C’est une sorte de répugnance instinctive, chez moi, qui remonte à loin. Il y a peu de choses dont je me détourne depuis longtemps et avec une telle assiduité. « Sportif » a été très tôt pour moi une espèce d’insulte. Une journée de lycée qui commençait par la gymnastique ne pouvait pas se terminier bien. » (Désaccord parfait)

Fabrice Luchini lit Tombeau pour une touriste innocente de Muray

Le doute est devenu une maladie (L’empire du bien)

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Philippe MURAY (1945-2006)

http://philippemuray.e-monsite.com/

On Lyon + Mon bouchon, deux textes de Denis Billamboz

Mon bouchon

 

 

Aux portes de Lyon

Coincé dans un bouchon

J’avais une faim de lion

Je cherchai un bouchon

 

 

Je me suis fourvoyé

Du côté de Fourvière

J’ai courtisé une rousse

En montant la Croix Rousse

 

 

J’ai fui le quartier hideux

De la gare de la Part Dieu

La place Bellecour

Etait vide comme une cour

 

 

Je rêvais d’une andouillette

Bien replète

Je sentais déjà les vapeurs

D’un tablier de sapeur

 

 

Mais pas un bouchon

Où faire sauter un bouchon

Juste un snack

Où bouffer des knacks

 

Adieu tripailles

 

Et autre cochonnailles

Je retourne dans mon bouchon

Sans avoir vu l’ombre d’un bouchon

 

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OnLyon

 

 

 

Elle se disait belle

Elle se pensait la seule

Plate comme place d’armes

Pentue comme collines romaines

 

 

OnLyon

 

 

Je l’ai arpentée

Par de larges avenues

J’ai enjambé des fleuves

Et des rivières comme des fleuves

 

 

Only you

 

 

J’ai grimpé ses pentes

J’ai respiré son vent

J’ai déambulé dans ses ruelles

J’ai pénétré ses traboules

 

 

OnLyon

 

 

J’ai goûté ses cochonnailles

J’ai dégusté ses tripailles

J’ai abusé sans vergogne

De tout cette mangeaille

 

 

Only you

 

 

Elle m’a séduite comme courtisane

Elle m’a volé mes angoisses

Elle a vidé ma carte bleue

Elle a nourri mon cholestérol

 

 

OnLyon

 

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PREMIÈRES ARMES

images?q=tbn:ANd9GcRL1wQknD2eb9gAEDrPjiU69rgXkFz3ZBu007LwzSmgbNCTF7l7Rk19hUwpar Denis BILLAMBOZ

Au hasard de mes nombreuses lectures, j’ai eu l’opportunité de trouver ce point de rencontre entre Tolstoï et Céline, deux écrivains que je croyais impossible de réunir dans une même publication, et pourtant ce lien, si ténu soit-il, je l’ai trouvé. Tous deux on en effet écrit un de leurs premiers textes publiés au sujet de leur service militaire. On peut ainsi penser qu’ils ont, tous les deux, fait leurs premières armes littéraires pendant leur service militaire. Et pour tous les deux c’était qu’un début pas forcément très glorieux mais il faut bien commencer un jour et le service militaire laisse du temps à consommer et des événements nouveaux à rapporter.

cosak.jpgLES COSAQUES

Léon TOLSTOÏ (1828 – 1910)

Tolstoï pour une fois a fait court, il n’avait certainement pas grand chose à dire sur cette tranche de vie qu’il a vécue dans l’armée en Ukraine : quelques souvenirs de bidasse pour étoffer l’histoire classique des deux gars qui lorgnent sur la même fille et quelques aventures de chasse qui manquent tout de même de relief et de suspens. Tout ça serait assez banal si Tolstoï ne mettait pas déjà en évidence les problèmes qui agitent ce coin du monde. Il a été un témoin privilégié, fin observateur et pertinent analyste des problèmes qui affectaient déjà les relations entre les communautés caucasiennes et ukrainiennes. Fort de son expérience sur ce front, il s’est même permis de critiquer la politique moscovite et on sent qu’il éprouve une certaine fascination pour les peuples des montagnes fiers et courageux.

Les temps ont peu changé, les relations entre Moscou et le Caucase sont toujours aussi conflictuelles, Tolstoï avait bien compris que la marmite caucasienne exploserait un jour pour de bon !

512zVGwIinL.jpgCASSE-PIPE

Louis-Ferdinand CÉLINE (1894 – 1961)

Dans ce petit opuscule, Céline nous raconte sa première nuit dans le régiment de cavalerie … lourde qu’il a intégré en 1912 à Rambouillet. C’est le récit d’une nuit passée au milieu des ivrognes et des chevaux, dans le crottin et le purin, sous la menace et l’injure, au cœur de la France profonde nivelée par le bas par le sacro-saint service militaire. Ce récit n’est qu’une suite de jurons, d’invectives, de grognements, de hurlements et autres braillements de sous-officiers plus avinés et plus bêtes que leurs hommes de troupe qui se mêlent sans grande distinction aux hennissements des chevaux déchaînés.

Ecrite seulement en 1935 et publiée en 1949, cette première expérience militaire n’a pas dû convaincre Céline de la qualité militaire de notre armée et plus généralement de la capacité du peuple français à faire face à l’ennemi et à la crise qu’il devait surmonter.

Ce petit livre semble avoir été rédigé rapidement et doit être un inachevé qui n’a pas fait l’objet d’un travail de relecture en profondeur car c’est très loin d’être un chef d’œuvre. Cependant Céline démontre déjà sa capacité à utiliser une langue très populaire, argotique et minimaliste pleine d’exclamations, très proche du langage parlé, remplie de couleurs, de sons et d’odeurs. Il est aussi intéressant de remarquer qu’il publie ses souvenirs militaires juste avant Léon Werth qui publiera « Caserne 1900 » en 1950.

La journée d’un écrivain moderne

Il est dix heures passé de quelques minutes. Lavé-levé-rasé-de-près, l’écrivain, une tasse de café dans la main gauche, glisse dans son bureau.

Il allume son ordinateur, boit une gorgée en cherchant un instant comme l’inspiration à la surface, presque glaçante, du liquide (il boit son café noir). Aussitôt, comme dans certains cabinets médicaux, ce qu’il écrit sur son clavier s’affiche sur un écran accroché au-dessus de sa tête et visible depuis la salle. (Evidemment un jeu de webcams permet à des centaines d’internautes de suivre la scène depuis leur portable.)

Le public applaudit. Il faut dire que l’écrivain a pignon sur rue, qu’on lit comme du petit lait ce qu’il écrit. La séance se poursuit ainsi pendant une heure ou deux (suivant l’inspiration), entre silence ébahi et applaudissements, quand les spectateurs ne peuvent autrement exprimer leur admiration.

L’écrivain, modeste, ne salue pas son public, il sort sans oublier de fermer son ordinateur et de reprendre sa tasse (c’est un homme ordonné). Une salve d’applaudissements accompagne sa sortie de scène. Qui l’oblige parfois à des rappels. Parfois, lorsqu’il accueille un jeune écrivain en résidence d’écriture, il lui fait assurer la première partie du spectacle.

A la fin de la représentation, les lecteurs peuvent acquérir le texte produit en échange de leur clé USB et de quelques euros. Il se réjouit de l’idée qu’il a eue de faire prolonger sa véranda d’une salle en mordant certes sur l’espace dévolu à son potager biologique.

Sa journée n’est pas terminée pour autant. Après déjeuner, il se rendra à son  atelier d’écriture, très suivi (et très cher) et donnera en soirée dans les différentes villes d’un territoire entièrement dévolu à son culte une conférence sur l’écriture au temps du numérique. Ou bien, s’il a une soirée libre et l’âme rock and roll, une lecture pétaradante sur fond de guitare électrique en show case dans son petit théâtre sur mesure.

Bien sûr, il n’aura pas manqué tout au long de la journée de tweeter des haïkus sur son compte que ses fans n’auront pas manquer de recopier de leurs petites mains laborieuses dans un carnet à spirales, comme au bon vieux temps de l’écriture manuscrite.

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 L’écrivain Ray Bradbury