SALVATORE GUCCIARDO par Anita NARDON (éd. Art in Belgium)

i66454476._szw270h3500_.jpgUne peinture des confins ardente et apaisée

En 2002, paraissait un livre d’art d’une belle facture, au format très maniable, avec un texte d’Anita Nardon sensible et en retrait dans le sens où, tout en embrassant toutes les virtualités et réalités de l’oeuvre, elle avance des hypothèses sans jamais théoriser. 

Ce texte fournit ainsi tous les éléments pour entrer sans forcer le regard et l’entendement du lecteur dans l’univers de ce peintre singulier et immédiatement reconnaissable : paysagiste de l’infini, portraitiste de l’humaine et douloureuse condition. Elle écrit justement que « Salvatore Gucciardo a l’âme d’un chercheur et la nature d’un philosophe. »

D’abord, les éléments biographiques : ce Sicilien, né en 47 à Siculiana, est de Charleroi depuis 1955 où « il vit et se sent chez lui, totalement ». Omniprésent sur la scène picturale, mais aussi revuistique, depuis 1975, l’époque où Aubin Pasque le fait entrer dans le groupe « Fantasmagie » (groupe fondé en 1958), il fut soutenu jusqu’au bout par Stephane Rey/Thomas Owen.

Il fut entre autres l’ami de Marcel Delmotte et de Jean Ransy. En 1984, Roland Villeneuve l’invite à exposer au Louvre des Antiquaires à Paris (ce ne sera pas la seule fois où il sera invité à exposer à Paris) en compagnie de peintres de renommée internationale, notamment Leonor Fini et, en 1989, il l’intègre dans son remarquable « Dictionnaire du Diable« . Gucciardo figure aussi dans plusieurs dictionnaires et livre d’art regroupant des artistes belges et internationaux.

Les titres, expos (plus de 50 expos individuelles à l’époque de la parution du livre) et récompenses (depuis, il recevra à Paris en 2007 le Prix Européen des Arts Leopold Sedar Senghor pour l’ensemble de son oeuvre), comme l’écrit Nardon, « ne lui montent pas à la tête », il regarde sereinement sa palette et la surface à peindre » avec le seul souci de poursuivre un travail inlassable « vers les astres de paix ». 

Vingt reproductions (la plupart en couleurs) permettent d’éprouver au fil de la lecture les mots de la critique d’art et de contempler les étendues d’une « géographie onirique » de plus en plus lumineuse – entre les feux d’ocre et les bleus d’eaux – et tournée vers l’aube, exprimant effectivement un sentiment général d’harmonie, un nocturne apaisement comme après un jour de cataclysme. Un monde d’équilibre stable et de formes parfaites comme seuls les astres habilités à naviguer, dans leur course céleste, entre diverses forces gravitationnelles peuvent en donner une belle image. De celles qui peuplent l’imaginaire habité du peintre.

David Lynch a, un jour, déclaré qu’il y a au fond de l’homme plus d’espace que de matière. Ce beau livre en fournit une remarquable illustration.

Éric Allard

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Le site de Salvatare Gucciardo

http://www.salvatoregucciardo.be/

Salvatore Gucciardo sur le site de l’AREAW

http://areaw.org/gucciardo-salvatore/

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