VERS LE BORD DE LA NUIT… et autres textes de Philippe LEUCKX

Vers le bord de la nuit, quand la ville dort à peine, le long du fleuve, quand les rumeurs dernières flottent dans l’air chaud, quand le cœur n’est qu’un bond au travers des rues et que le calme apaise les voix éteintes, les ramène au vif des sens. La nuit peut commencer avec les ombres grasses et l’effeuillement des choses, vers les confins.

 

*

 

Une gare désaffectée, quelque part entre un village perdu et un bois oublié. Peut-être sommes-nous venu là, il y a longtemps, en fin d’été, lorsque la lumière et l’air sentent déjà la chute. Nous avons la mémoire d’un banc contre un mur vide. Un enfant s’oubliait le long d’une voie rouillée. Et au loin, la vie semblait si étrangère. Parfois le cœur renoue avec les franges du temps.

 

*

 

On sent venir imperceptiblement la fin de l’été, à la qualité de l’air, à son humide fraîcheur, à cette lumière qui n’est plus celle d’août, à ce rien d’inquiétant quand le soleil est moins chaud contre le mur.
On se sent fléchir mais vers quoi?
On sent quelque chose d’autre advenir, sans notre consentement ni notre approche.
Peut-être, un rien de solitude ou d’effroi, puisque le temps presse sur les joues.

 

*

 

Que ferez-vous des rumeurs de l’été et des longs partages de lumière sur le port?
Que serez-vous sans ces paroles d’êtres frôlés le soir quand l’air unifie et apaise?

 

*

 

On ne sait pas toujours où la lumière pose ses chagrins ni composer avec la nuit. 
On est là appauvri, le corps fondu dans l’ombre.
On vit, à demi confiné dans l’incertitude des heures.

 

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