BERNARD MARIS économiste humaniste

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Bernard Maris, économiste reconnu, universitaire, écrivain, essayiste, journaliste, a été assassiné le 7 janvier avec plusieurs de ses amis de Charlie Hebdo. Il a été une personnalité marquante de la pensée économique contemporaine ; ses choix iconoclastes l’ont conduit à pourfendre inlassablement l’économie standard et à dénoncer ses impostures.

Acteur et penseur de son temps, dans une société soumise à des évolutions très puissantes depuis les années 1980 et à une crise sans précédent depuis le milieu de la dernière décennie, il s’est attaché, sans relâche à participer à la tâche indispensable de l’examen des idées, des institutions, des pratiques, des discours. Son esprit critique s’accompagnait toujours de propositions fortes. »

 

La suite de l’article Bernard Maris, un humaniste, un penseur critique de l’idéologie dominante sur Le Monde.fr

 

« Si quelques économistes ont grâce à ses yeux (Keynes, Sapir, Stiglitz, Méda, Krugman, ou encore Sen), Maris était plus qu’exaspéré par l’obsession des économistes pour le quantifiable et par leur fascination pour les équations. Il écrivait : «les équations lestent la raison raisonnante», et fulminait contre ces économistes-physiciens (Walras, Jevons, Pareto, Edgeworth, Fisher) qui ont donné naissance à l’économie classique en proposant une économie «positive» faite de «lois» et d’équilibres naturels. Bernard Maris oppose trois arguments majeurs à l’utilisation des mathématiques en économie : d’abord, l’économie est dominée par des phénomènes subjectifs, psychologiques, politiques et anthropologiques qui n’ont pas la permanence des phénomènes naturels ; ensuite, les mathématiques formalisent un discours logique dont le contenu, sous couvert de complexité et de technicité, est trop souvent un délire total ou une simple tautologie ; enfin, l’abus de mathématiques inutilement difficiles permet aux économistes de clôturer leur champ, de faire plus sérieux, et d’affirmer leur supériorité sur les «littéraires». «Qui n’a pas compris le côté ludique de l’économie mathématique n’a rien compris à l’économie», a écrit Maris. «Comme les échecs, l’économie «théorique» ne sert à rien, sinon à jouer». Ou encore, moins léger : «Le réel est sale. Il sent le bidonville et la souffrance. La pauvreté, pour tout dire. Les équations permettent de se boucher le nez». Tant pis si nous autres avons parfois besoin d’écrire quelques équations quand on cherche à comprendre où on veut et peut aller… Après tout, est-il légitime que les équations occupent une place énorme et captent notre attention au point d’en perdre le sens de la question elle-même ? Bernard Maris nous oblige donc à une grande discipline dans l’utilisation du formalisme, pour le meilleur ! »

L’intégralité de l’article d’Elise Huilery: Petite promenade dans la pensée vivifiante de Bernard Maris est sur le site de Libération.fr

  

 Bernard Maris il y a quelques mois au micro de Jean Cornil au sujet de la laïcité, Freud, Keynes, la Première Guerre Mondiale, Houellebecq, les djihadistes…

 

 

Une interview datant de trois mois dans laquelle Bernard Maris présente Houellebecq économiste (Flammarion) en précisant que « faire de Houellebecq un économiste, c’est aussi honteux que d’assimiler Balzac à un psycho-comportementaliste. »

 

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