LECTURES PRINTANIÈRES

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5121FTR2M5L._SY344_BO1,204,203,200_.jpgClaude LOUIS-COMBET, BLESSE, RONCE NOIRE

(José Corti, Les Massicotés, 2004, 128p., 8€.)

Un classique d’un des plus grands écrivains francophones vivants (avec Quignard, Michon, Ernaux, Lefèvre, Sallenave, Mauvignier, Enard, Adam…). Claude Louis-Combet, aujourd’hui un peu plus de quatre-vingts ans.

Un livre de feu, urgent et incisif, incendiaire. Un récit fictionnel sur base d’une histoire bien réelle : la relation fusionnelle, incestueuse des frère et sœur TRAKL. Le grand public ne connaît que le poète Georg, décédé en 1914. Sa sœur Gretl achèvera son destin trois ans plus tard.Claude_Louis_Combet.jpg

Dans une prose somptueuse (peu d’écritures aussi prégnantes, aussi atmosphériques dans le sens d’une description décantée de toute une série de lieux, d’aires de connaissance intime), Claude Louis-Combet cerne et serre cette relation interdite, cachée, clandestine, qui tournera à la catastrophe.

Le titre, Blesse, ronce noire, est à l’aune de la violence incessante qui anime ces pages : violence de la relation, de sa description précise, de ses effusions. La quête amoureuse, sensuelle et sexuelle dans un bois qu’on traverse est un des sommets de la littérature érotique, par la charge émotionnelle, qui monte à l’instar de l’escalade des deux amants, à travers bois, feuillages et ronces. La ronce noire évoque, par ailleurs, le triangle de soie noire du sexe de Gretl.

 

ginsburg_reference.gifNatalia GINZBURG, LA ROUTE QUI MÈNE À LA VILLE,

(Denoël, coll. Empreintes, 2014, 128p., 11, 90€)

Ce roman, paru la première fois en 1942, dont la brièveté pourrait paraître facile, concentre les atouts d’une littérature profonde, dense, proche de ce qui deviendra école néo-réaliste (avec des auteurs comme Pavese, Fenoglio, Cassola, Soldati), mêlant avec une rare maestria l’histoire locale, l’évolution des mœurs et la description hallucinante de réalisme d’un petit village, et d’une ville proche, lieu des mirages et des réalités.

Le grand art de Natalia Ginzburg, résistante, envoyée avec son mari Leone en relégation comme Pavese, Levi, est de nous raconter l’histoire par le biais de son anti-héroïne Delia, amoureuse d’un petit-cousin, objet des convoitises d’un fils de bourgeois, éprise de liberté, ce qui donne à ce roman sans âge un parfum d’années bien postérieures, où la femme, la jeune fille accèdent à un certain rôle social – ce que ne connurent guère leurs devancières.

Comme chez Pavese, le terreau social, rural brille par une description quasi ethnographique des usages, du qu’en-dira-t-on, des fausses et vraies rumeurs, de la mainmise d’une morale de préservation des filles…Natalia-Ginzburg.gif

Nini, Giulio : deux noms d’homme pour cette Delia, deux parcours, celui de l’amour, de la clandestinité, celui aussi du devoir, de l’obligation sociale et des convenances.

L’acuité de la vision familiale (Delia a une flopée de frères et sœurs, dont la libre Azalea, que l’on traiterait aujourd’hui de dévergondée duplice) ne débouche cependant pas sur une noirceur totale. La vie s’en va ainsi, difficile, illusoire, compromise, mais quelque porte s’ouvre dans les grisailles coutumières.

Ce roman d’une jeune romancière, de vingt-cinq ans, est une totale réussite psychologique et sociale.

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2 commentaires sur “LECTURES PRINTANIÈRES

  1. Bonjour ,le livre de C.L.Combet est un ouvrage splendide que j’avais lu et chroniqué sur mon blog. Je suis ravie de le retrouver cité ici. Inséparable de la poésie de Trakl.
    Bien à vous.

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  2. Bonjour ,le livre de C.L.Combet est un ouvrage splendide que j’avais lu et chroniqué sur mon blog. Je suis ravie de le retrouver cité ici. Inséparable de la poésie de Trakl.
    Bien à vous.

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