FOLKEUSES d’aujourd’hui & de demain (2): LAURA MARLING

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Laura Béatrice MARLING est née en 1990 dans le comté de Hampshire en Grande-Bretagne. Son cinquième album, Short movie, vient de sortir.

Elle n’a qu’un quart de siècle et pourtant, déjà, le relief de celles qui ont traversé moult épreuves. Laura Marling est aussi douée que complexe… Mais on se souvient aussi de formidables compositions folk, qui l’avaient placée en descendante légitime de Judee Sill (allez réécouter les merveilles que sont ses anciens titres Ghosts ouFailure…). La musique de Laura Marling lui ressemble, tantôt si lumineuse et authentique quelle fait passer toutes ses contemporaines pour des beatniks en toc, tantôt raide…

Short Movie, son (déjà) cinquième album, s’ouvre sur une chanson nickdrakienne jusque dans la couleur de ses guitares sans la voix féminine, ce titre pourrait être le sien. De False Hope à Don’t Let Me Bring You down ou Gurdjieff’s Daughter, optant ensuite pour une enveloppe plus électrique, Laura Marling dévoile une facette plus rugueuse, moins hippie – aurait-elle, même, pris Chrissie Hynde pour modèle ?

Si l’Anglaise a évolué, c’est parce quelle a bien failli ne jamais sortir de nouveau disque. Installée à Los Angeles depuis deux ans, Laura Marling a interrompu sa carrière de musicienne pendant plusieurs mois, ne trouvant plus de sens à sa démarche. Ce Short Movie qui a finalement suivi confirme que ceût été une vraie perte pour le paysage folk, désormais au sens large, contemporain.

Johanna Seban (Les Inrocks)

 

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Précoce. L’épithète allait comme un gant à Laura ­Marling, prodige du folk britannique révélée à 16 ans. Et lui va toujours aussi bien, huit ans plus tard, à l’heure où paraît son cinquième album, Short Movie, impressionnant de fraîcheur mais aussi de maturité. Un parcours sans faute, d’une constance digne de PJ Harvey, évoluant disque après disque, ne suivant que son instinct de musicienne exigeante et de parolière analytique.

Depuis les carnets de bord de ses déceptions sentimentales d’adolescente, la jeune femme, plus solide que sa frêle silhouette au teint diaphane le suggère, a acquis avec l’âge la distance pour s’observer afin de ne pas tomber dans la redite ou, pire, sombrer. Elle est apparue, donc, en 2007, égérie des deux formations marquantes du mouvement « nu folk » qui balaya l’Angleterre, Noah and the Whale et Mumford & Sons

(…)

Admiratrice de Joni Mitchell, mais plus encore de Ryan Adams (« son Heartbreakerne cesse de me bouleverser »), Laura Marling a « fait le tour des chansons sur les garçons », pour creuser une passionnante veine plus existentielle. Si ses textes introspectifs inspirés des préceptes de Jodorowsky ou de Gurdjieff (« chercher sa vérité en entretenant le mystère et la magie de l’existence ») servent toujours un chant mélodieux aux échos parfois de Chrissie Hynde, Marling les projette à présent avec l’appui de l’électricité.

« La guitare électrique a plus de force, remplit mieux l’espace et produit des surprises, des sons incontrôlés. Elle me force à chanter avec plus de présence, à jouer avec ma voix. » Ecueil pour tant de folkeux acoustiques, la mue permet à Marling de gagner en intensité, en authenticité. « Apprendre à se comprendre soi-même est indispensable… à condition de ne pas basculer dans l’autocomplaisance. » Pour l’heure, on en est loin.

Hugo Cassavetti (Télérama)

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Le site officiel de LAURA MARLING

LE TFE dans LA LITTERATURE: de Confucius à Fernand Raynaud

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Nous étions à l’Etude, quand le Proviseur entra suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son TFE.

Gustave Flaubert / Incipit de Madame Bovary

Le monde repose sur trois choses : l’étude, le TFE, la charité du professeur.

Siméon le Juste

Le travail de fin d’études pense. La paresse de fin d’études songe. 

Jules Renard, Journal

Le TFE, c’est la santé… Mais à quoi sert alors la médecine du TFE.
Pierre Dac

Le TFE est la plaie des classes qui boivent.

Oscar Wilde

Le TFE est pour les hommes un trésor.

Esope

Remets à demain ton repas, mais pas ton TFE.
Proverbe kurde

Jours de TFE, seuls jours où j’ai vécu.

Alfred de Musset

Je ne crois pas au génie, seulement au dur TFE. 

Michel Petrucciani

Le TFE est la prière des esclaves, la prière est le TFE des hommes libres.

Léon Bloy

Je n’aime pas le TFE mais j’aime ce qui est dans le TFE l’occasion de se découvrir soi-même.

Joseph Conrad / Au cœur des ténèbres

Le propre du TFE, c’est d’être forcé.

Alain / Préliminaires à la mythologie

C’est dans le TFE d’une vie que réside la véritable séduction

Picasso

Le talent sans TFE n’est qu’une sale manie.

Anonyme

Sachez vous éloigner car, lorsque vous reviendrez à votre TFE, votre jugement sera plus sûr.

Leonard de Vinci

Faire la moitié du TFE, le reste se fera tout seul.

Jean Cocteau

Tout ce que nous sommes est l’aboutissement d’un TFE séculaire.

Ernest Renan

Le génie commence les beaux ouvrages, mais le TFE seul les achève.

Joseph Joubert

Seul le TFE peut nous consoler d’être nés.

Miguel de Unamuno / Le sentiment tragique de la vie

C’est par le TFE que l’homme se transforme.

Louis Aragon / Article dans l’humanité

Si le TFE était une si magnifique chose, les riches en auraient gardé plus pour eux.

Bruce Grocott

Aime le TFE et hais le pouvoir et ne te fais pas connaître aux dirigeants.

Anonyme

Le TFE éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin.

Voltaire/ Candide ou l’optimisme

Le TFE , une malédiction que l’étudiant a tranformée en volupté.

Emil Cioran / Sur les cimes du désespoir

Le TFE n’est pas la vie. TFER sans cesse rend fou.

Charles De Gaulle / Les Chênes qu’on abat

L’étudiant qui veut réussir son TFE doit commencer par aiguiser ses matières.

Confucius / Entretiens

T.F.E., T .F.E, p’têt’ qu’y pensent qu’à téléfoner dans l’enseignement.

Fernand Raynaud

 

 

Vils Remerciements à Mademoiselle Evene pour ces citations empruntées à son T.F.E. en cours sur le T.F.E.

UN AMOUR DE PETITE VOITURE

41rIST9Oy%2BL._SY300_.jpgLa petite voiture rouge de la dame… Elle n’est plus de première jeunesse mais elle blinque, elle rutile comme au premier jour. Elle doit passer au car wash régulièrement. Elle n’est pas haute, son toit est à hauteur d’estomac, il faut s’abaisser très fort pour pénétrer en elle. Elle est ponctuée de blanc : des lignes blanches, des calandres blanches, ses rétroviseurs sont blancs. Son toit est en partie blanc. Au fond, n’est-elle pas plus blanche que rouge ? Mais l’intérieur est rouge, d’un rouge grenat accueillant. Il faudrait entamer une étude géométrique, mettre des spécialistes de la peinture auto sur le coup. Elle est garée là, tout près, quand je veux, le peux la voir, il suffit que j’écarte le rideau. Elle donne envie de la toucher, de passer la main sur toute l’étendue de sa carrosserie, sur son capot et sur ses vitres douces. On a envie de la prendre dans ses bras ; à une certaine distance, c’est possible, c’est même vraisemblable. Mais ce qui est vraisemblable est-il vraiment possible ? Pourquoi la prendre dans ses bras? Dans mes bras, je la porterais où, pour en faire quoi ? Tout à l’heure, la dame viendra la reprendre et l’emportera. Je resterai avec le souvenir de son véhicule devant chez moi. Je porterai une rose rouge ou des petits cailloux blancs le soir en souvenir de sa chère présence. En attendant le lendemain matin. 

Un jour, si je lui demande, est-ce que la dame me prendra de même dans sa petite voiture rouge (et blanche) pour que je dorme près de sa voiture? Dans le garage, il y aura bien une petite place pour moi… 

CHRONIQUES

leuckx-photo.jpgpar Philippe LEUCKX

 

 

 

9782253003380-T.jpg?itok=9CF1IrdLHugo HORIOT, L’EMPEREUR, C’EST MOI, Livre de poche n°33660,

Paru en 2013, à l’Iconoclaste, ce récit autobiographique qui rend compte des aléas d’un parcours d’autiste, vécu dans la chair, dans la difficulté, dans l’engagement et dans la résistance peu commune d’un enfant, devenu aujourd’hui artiste, comédien et écrivain, est aujourd’hui disponible en poche.

Julien Hugo Horiot a senti combien l’état d’autiste a libéré en lui, au-delà des souffrances, des rejets, des blessures, du déni par les autres, une gamme de possibilités, une volonté inouïe pour en sortir et créer. Julien a donné vie à Hugo, et ce ne fut pas aisé. Julien a dû céder la partie, consentir à une autre éclosion de soi.Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2013-04-07-%C3%A0-10.22.171.png

L’enfant d’hier, célébré – le mot n’est pas trop fort – par le livre admirable de sa mère, Françoise Lefèvre, « Le petit prince cannibale » (Actes Sud, 1990, Goncourt des Lycéens), a volé de ses propres ailes, s’est débarrassé de tous ses liens contraignants pour oser. Les épisodes qui relaient cette métamorphose sont émouvants et consignent, presque comme une injonction à toujours se battre pour progresser, une exceptionnelle énergie vitale qui a poussé Julien à endosser la peau d’Hugo.

Trente ans après les faits, Françoise Lefèvre clôture ce beau livre, en rendant hommage à « L’enfant des abîmes » qu’elle a mené au plus loin, en dépit de tout.

Est-il besoin de dire que c’est un livre essentiel ? 

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5124eYefWPL._SY344_BO1,204,203,200_.jpgLe remarquable « LIVRE DES CHRONIQUES» (BIEN SÛR QUE TU TE SOUVIENS DE MOI) d’Antonio LOBO ANTUNES (Points n°1131), restitue un Lisbonne des années d’enfance et d’adolescence de l’auteur, dans le quartier périphérique de Benfica, et des séquences plus récentes où l’homme mûr se souvient, vit le poids du temps. L’humour dévastateur et l’hyperréalisme des situations et des notations donnent à l’ensemble un parfum miamer minostalgique d’une densité exemplaire. Les qualités stylistiques visuelles de l’écrivain portugais sont telles que les scènes vivent sous nos yeux et que les personnages, étonnants, décalés, pittoresques ou ordinaires, peuplent ces fragments de vie, avec le poids des réalités vécues.

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Lobo Antunes n’a pas son pareil pour moquer des usages, relayer les dimanches de « gêne, d’inquiétude », de « malaise », et, parfois, l’évocation de ce qui est définitivement perdu – un décor ravagé ou absent, une part du paysage d’enfance – ranime en nous une indéfectible mélancolie. Là, le narrateur atteint des sommets et rappelle qu’écrire est aussi manière de ressusciter – en dépit du temps, en dépit du ton adopté, et malgré toutes les pesantes contraintes – un passé enfoui, encore plein de gens et de choses, qu’on a aimés.

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9782930607535.gifRéédité par Les Carnets du Dessert de Lune en 2014, « CHRONIQUES DES FAITS » du regretté et excellent Pierre AUTIN-GRENIER, était paru en février 1992 à L’Arbre (dirigé alors par Jean Le Mauve).

Illustré de quelques vignettes très inventives et très colorées de Georges Rubel, le recueil a pour but aussi d’assurer la « chronique » même fantastique de faits, de « restaurer la mémoire » des choses, dans un esprit et dans un style qui ne sont pas, au fond, si éloignés d’un André Hardellet, quand il magnifie par l’inventivité le réel le plus ordinaire. Autin-Grenier réussit à nous plonger dans des énigmes ordinaires, liées à des situations toutes simples, mais qui génèrent incertitudes, flottements, doutes. L’auteur magnifie lui aussi la vie, rameute « le devoir d’oser ». La poésie est partout : dans ce journal « imprimé sur du papier jauni par le temps », dans les interrogations incessantes qui nous poussent à ne pas accepter la vie comme telle.CVRSGgXS8ShYgAjY05LNBzl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9

« La brèche dans les broussailles s’était élargie » et l’aventure, comme chez Hergé, comme chez Pirotte et Dhôtel, entre autres, peut commencer, au coin de la rue, au coin de la page.

 

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corbusier.pngChroniques poétiques aussi chez JeanMarie CORBUSIER qui, au Taillis Pré, propose un nouvel ensemble poétique, « LA LAMPE D’HIVER ».J-M%20%20Cobusier.JPG?itok=WQNu0EDm

Ici, le vers se fait bref, les mots calculés au cordeau ou ramassés en distiques veulent suggérer des constats, des éclats, des fragments, et parfois, il faut peu pour suggérer l’image :

Au fond du mur

la pierre rayonne

On attend serré

que la chaleur monte

on va d’un mot à l’autre

Le poète, à la tâche, sait que « la lumière saigne », que son écriture accompagne « biffures », « griffures/rapides » et qu’écrire ne « rompt » pas « le nœud du jour ».

LE VIOLON PISSE SUR SON POWÈTE d’Eric DEJAEGER

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Powètes, aux abris !

LE VIOLON PISSE SUR SON POWETE rassemble 50 irréflexions inédites sur le thème de la powésie et de ses powètes.

La couverture, Le poète écorché, est signée André Stas.

C’est aux Carnets du Dessert de Lune. Prix : 6 €.

On peut le commander en librairie, via le site des Carnets du Dessert de Lune  ou, pour un exemplaire dédicacé, en contactant Éric via son blog.

Ce recueil est aussi un petit clin d’œil posthume à Pierre Autin-Grenier.

Cinq extraits son à lire sur le blog d’Éric Dejaeger ici.

 

DIVAGATIONS de Denis BILLAMBOZ

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Elle s’endormit sur la plage

Elle s’était trompée

Elle avait mis ses lunettes de sommeil

A la place de ses lunettes de soleil

 

 

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Il avait des activités louches

Variées

Avariées

 

 

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Jean Jouvenel des Ursins

N’était pas Cadurcin

Ni amateur d’oursins

Mais l’homme saint

Qui réhabilita la pucelle

Moralité :

Parfois il vaut mieux avoir affaires

Aux Ursins

Qu’au bon Dieu

 

 

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Il décida de se payer un bon restau

Il y avait :

De la quiche

Des bécassines

De la dinde

Et des tranches de cake 

Mais seulement dans la salle !

 

 

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Le maître presse sa soumise

« Allez, allez,

C’est l’heure de pâtir ! »

 

 

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Pharaon le voua aux gémomies

 

 

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Maire de Pau

II a été élu de peu

Un vrai coup de pot

 

 

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Un vieux résistant racontait

Que le Maréchal Pétrain

Avait roulé les Français dans la farine

 

 

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Cardiaque, il avait subi

Une grève du cœur

 

 

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Il avait enregistré

« Etoile des neiges »

Chez Savoie de son maître

 

 

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Les énarques désorganisent le pays

Autour de pôles d’incompétence

 

 

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Il avait juste les moyens

De se payer

Un vin d’appellation d’origine incontrôlée

 

 

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Loue appartement

A part

Appartenant

Apparemment

A un tenant à part

 

 

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Son chameau blatère

Alors que lui déblatère

…Sottement

 

 

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Il l’embrasse

Comme le soleil

Embrase le soir

 

 

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Après une bagarre acharnée

A coups de pied dans le cul

L’un consulta le podologue

L’autre le proctologue

 

 

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Elle était la fille

De la mouche du coche

Qui avait fréquenté

La couche du moche

Un lourd héritage

 

 

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Un avion à rédaction

Ecrit dans le ciel

Une histoire linéaire

 

 

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Royal chirurgien

Il eut le grand honneur

D’admirer

Les Boyaux de la Couronne

 

 

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Je ne supporte plus mon dermatologue

Chaque fois que je le vois

J’ai des boutons

Et je dois le consulter

 

 

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Un proctologue et un médecin légiste

Examinaient attentivement

Un trou de balle

Mais pas le même

 

 

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On pêche le loup dans la Manche

Le bar en Méditerranée

Et les loubards dans certains quartiers

 

 

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Il a accompli un pèlerinage

Au Mont Saint Missel

 

 

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Les Américains ont conservé

Pendant longtemps

Le cinéma noir et blanc :

Une salle pour les Noirs

Une salle pour les Blancs

 

 

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Ce soir c’est ripaille

Paille pour mon cheval

Paëlla pour moi !

 

 

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Certains égyptologues prétendent

Que le pharaon Toutankharton

N’était qu’un pharaon de papier

 

 

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Son popaul people

Ne voulait fréquenter

Que des aristos chats

 

 

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Pour développer son trafic

En Afrique

Un aigrefin embaucha

Un homme de pagne

 

 

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Timide il a quitté sa gangue

Pour entrer dans un gang

 

 

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Un acrobate voulait apprendre

Les arts du cirque

Trop fainéant

Il a fini

Lézard du cirque

 

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