CHANTEUSES d’aujourd’hui & de demain (4): NATALIE PRASS

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NATALIE PRASS est née en 1986 en Virginie. Elle a sorti cette année son premier album, Natalie Prass, produit par Matthew E. White avec lequel elle avait formé un groupe quand elle était au lycée.   

 

Née en Virginie il y a 28 ans, Natalie Prass vit à Nashville, mais les fastueuses orchestrations de son premier album ressuscitent et citent la soul de Memphis et du label Stax, avec ses cuivres grandioses et ses cordes capiteuses. Ecoutez donc la ballade exquisément mélodramatique, « My Baby Don’t Understand Me », ou l’ombrageuse rengaine « Bird Of Prey ».

Le disque de Prass est produit par l’hirsute Matthew E. White dont l’album « Big Inner » aux couleurs  country-soul-gospel avait séduit les amateurs, en 2012, par l’élégance de ses arrangements. Ici, le producteur virtuose se passe même quelques fantaisies kitchs. Certaines évoquent la période orchestrale de Scott Walker (« Christy »). D’autres rappellent les sucreries de Phil Spector sur « Death of a Ladies’ Man » de Leonard Cohen. 

Fabrice PLISKIN (Nouvel Obs)

 

Après avoir achevé sa croissance les pieds dans l’eau à Virginia Beach, la chanteuse s’est installée pour ses études à Nashville (Tennessee), se rêvant encore en Dionne Warwick plutôt qu’en chanteuse country. A l’écoute de son album, on se demande où elle était passée toutes ces années, quand nous devions revenir vers Dusty Springfield ou Harry Nilsson pour panser les ruptures. Natalie Prass les écoutait beaucoup elle aussi, mais elle était simplement au service des autres, notamment au clavier pour Jenny Lewis. Enfin, elle a pris sous le bras ses bluettes parfois cruelles pour les travailler avec son ami songwriter Matthew E. White dans son studio à Richmond, en Virginie. (…)

Dans la belle tradition soul, la douceur de sa voix apaise des textes qui atteignent parfois des sommets de violence émotionnelle («Brise mes jambes car elles veulent marcher jusqu’à toi»). Elle ne flirte jamais avec le ridicule, même sur un thème aussi rabâché et essentiel que les amours contrariées. L’implorant Why Don’t You Believe in Me se refuse au second degré, on n’y retrouvera pas le brin de cynisme airbag fréquent dans les textes d’autres auteurs. Ce titre convoque aussi une rythmique reggae, si bien qu’on croirait entendre un nouveau hit de la Jamaïcaine Susan Cadogan. Pour son premier concert à Nashville, Natalie Prass avait même fait monter sur scène à ses côtés un ensemble reggae devant un poster d’Isaac Hayes.

Charline LECARPENTIER (Libération)

 

Puissant et délicat, composé de pop-songs pétulantes (Bird of Prey), de ballades soul pigeonnantes (My Baby Don’t Understand Me) et de mélodies aériennes que l’on jurerait taillées pour des comédies musicales (Christy ou It Is You, déjà repérée par la pub), ce premier album est un ravissement qui assume pleinement son anachronisme : « Je suis insensible aux hallucinations de la mode, j’ai toujours rêvé de faire une musique intemporelle, j’écris surtout des chansons que j’aimerais écouter. »

Christophe CONTE (Les Inrocks)

 

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