CHRISTIAN CLAVIER REFUSE DE FAIRE NAPOLEON à WATERLOO 2015 faute de place de parking pour sa Jaguar

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Franck Samson, l’avocat français qui devait incarner Napoléon lors de la reconstitution grandeur nature de la célèbre bataille, jette l’éponge après un différend survenu hier avec un de ses généraux et la police belge. L’acteur Christian Clavier, qui tourne les Visiteurs 3, a été sollicité pour remplacer l’avocat au pied levé, fort du rôle de Napoléon qu’il incarna pour la télévision française il y a une dizaine d’années. Il a refusé en des termes peu flatteurs pour notre illustre contrée.

J’en ai marre des terrils qui poussent un peu partout. Puis, quelle idée de planter un Lion au-dessus d’un d’eux. C’est môôôôccche! A Namur, j’ai craint à tout moment de voir surgir Le Gloupier et sa bande d’énergumènes. Je ne me déplaçais jamais sans mon parapluie, m’attendant à une pluie de tartes… Puis je n’aurai pas de place pour garer ma Jaguar XJ au pied de la butte. Et je ne tiens pas à marcher au milieu de tous ces  puants spectateurs avides de reconstitution historique, de costumes militaires d’époque et de bruits de canon… Pouaahhhhh!

Par contre, on a appris que le comédien Pierre Richard, qui se trouvera dans la région pour faire déguster son vin, et qui ne se déplace qu’en bicyclette, a accepté bien volontiers d’incarner un des tombeurs de l’Empereur, le feld-maréchal von Blücher. 

 

Melchior Wathelet est l’auteur des divulgations des questionnaires d’examen

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Dans la soirée, Melchior Wathelet s’est rendu au Parlement avec tous les questionnaires d’examen des épreuves certificatives externes. Il a confié aux journalistes avertis de sa venue, par une fuite, sans doute, qu’il s’ennuyait comme un humaniste mort à Xperthis, société active, comme on ne le sait pas, dans le domaine de l’informatique pour le secteur de la santé, où il est administrateur délégué depuis le 10 avril 2015.

« Vous ne savez pas le bien que ça me fait de revoir le parlement et vos têtes de journalistes ébahis. Je me suis dit que c’était une façon de faire tomber Joëlle pour quelle me rejoigne à la direction de l’entreprise. Elle me manque, vous ne savez pas comment elle me manque… J’ai fait de la politique grâce à elle  et je veux qu’elle stoppe la politique grâce à moi. »

Un avion qui passait au-dessus de la rue de la Loi lui a tiré un large sourire. Maintenant qu’on l’a revu, avec sa barbe de trois jours et demi, on se rend compte combien il nous manque aussi, même si, il faut le reconnaître, on l’avait complètement oublié, Melchior Junior.

SCHOOL FICTIONS (IV)

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Jours blancs… Des cours de sauvetage de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles seront organisés.

 

L’examen de santé nerveuse de Joëlle Milquet ayant été divulgué, son parti a décidé de la supprimer.

 

 

Une étude récente du Cécéf (Centre pour l’Egalité des Chances d’Evasion Fiscale) signale qu’une Ministre de l’Intérieur en charge des prisons qui devient Ministre de l’Education en charge des épreuves externes transporte immanquablement dans ses cartons le virus de la fuite.

 

 

Dans cette école sponsorisée par Facebook, les élèves choisissent leurs questions par like. La réussite de l’étudiant à son examen se mesure au prorata des commentaires reçus. 

 

 

A l’Ecole du Futur, il y a trente-trois salles consacrées aux nouvelles technologies mais pas une seule bibliothèque.

 

 

Le robot-professeur peut-il accepter sur Facerobot ses élèves automates?

 

 

La prof de langue m’écrit avec les lèvres.

 

 

Au programme de musique populaire, le rockabilly sera obligatoire et non le punk au grand dam des quelques profs miraculeusement survivants du no future.  Les inspecteurs ne se sont pas encore prononcés sur le caractère nécessaire du mouvement hip hop hippie yé-yé.

 

 

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Le professeur préféré

Ce directeur accédait à toutes les demandes de son professeur préféré. Cependant, quand celui-ci décida de se faire héliporter sur le toit de l’établissement, le directeur tiqua. Quand il prépara un voyage de fin de cycle sur la lune, il lui tira la tête pendant une demi-heure. Quand il entreprit une excursion sur les lieux du Big Bang – qu’il avait identifiés précisément, à seulement dix-huit années lumières (une aubaine) du centre spatial scolaire  –, le directeur refusa catégoriquement. Alors, le professeur de sciences supranaturelles fit venir le délégué syndical en combinaison rouge fluo qui mit en avant le programme de cours en immersion dans les multivers de l’école concurrente et leur laboratoire en exploration de trous noirs: à moitié convaincu, le directeur accepta de mauvaise grâce.

 

 

 

Ce professeur de retraitement des feuilles mortes d’examen réalise de délicates lampes de chevet qui servent à éclairer les étudiants de la deuxième session.  

 

 

 Tout désigné 

Manque de pot, cet éminent professeur de physicomathbiochimianglaisnéerlatingrechinoiscreligionmoralecom-

municationnelledelalittératurepsychologiqueetgestiondefichiersrelatifs-àlalégislationsocialesténographiqueetgalénique était tout désigné pour donner le futur cours de citoyenneté. Sauf qu’il n’avait pas la moindre notion de philosophie, confondait Nietszche avec une variété de chat sauvage acquise par le parc Pairi Daiza pour chasser les souris transgéniques, Hegel avec la dernière exoplanète transformée en neuroletptique spatial pour astronaute bipolaire et pensait que Sören Kierkegaard était le nouveau mannequin scandinave ayant enregistré Gigi l’amoroso en vieil anglais pour l’émission de téléréalité Les Enfoirés à Vérone.

 

 

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À l’École du feu, les professeurs ont la flamme. Dans les autres écoles, ils ont la flemme.

 

 

La prof de communication ne me dit plus rien.

 

 

A l’Ecole de directeurs sportifs, le recteur est un ancien arbitre et son secrétariat, un groupe de go-go girls

 

 

 

Les tapis de prière

Cette école est encombrée de tapis de prière. Dans les classes, les couloirs, les salles de prof, au préau, au secrétariat et dans le bureau du directeur, on ne fait que prier…

Les étudiants, pour que les professeurs donnent cours ; les enseignants pour que les apprenants reprennent goût à l’étude ; le secrétariat pour continuer à fonctionner, le directeur pour que jamais le P.O. socialiste n’apprenne la débauche religieuse dans laquelle est tombé son établissement.  

 

 

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Cette prof d’histoire confond les dates de nos rendez-vous avec les batailles napoléoniennes, et je suis conduit à me présenter en bicorne au champ d’amour de nos luttes amoureuses.

 

 

 

À l’Ecole de la grande vitesse, les savoirs filent dans tous les sens et les étudiants sont armés de filets à compétences électroniques qui retiennent (quand tout fonctionne bien) jusqu’à quinze pour cent des matières émises.

 

 

 

A l’Ecole expérimentale, les professeurs sont à l’essai; les étudiants les testent.

 

 

 

Dans ce temple silencieux du savoir, les professeurs se déplacent en chaussons.

 

 

 

Fort étamé par des décennies d’enseignement, ce professeur fut désigné pour donner le cours de politesse.

 

 

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A l’Ecole de l’apesanteur, les compétences astronautiques sont volages.

 

 

 

Dans cette école, chaque enseignant possède son arbre à étudiants dont il prend grand soin de septembre à juin où a lieu la récolte pour qu’il puisse disposer durant les vacances d’un beau lot d’étudiants à croquer.

 

 

 

Chaque année, le secrétariat affiche le nom du professeur le plus méritant, le plus proche de  la direction et, chaque année, sans surprise, c’est le délégué syndical qui a cet honneur. Ses collègues sont fiers d’avoir, à la majorité, choisi comme défenseur le meilleur enseignant du collège.

 

  

 

A l’école de la prison, on apprend l’évasion. Dans la prison de l’école, on instruit l’enfermement.

 

 

Cet enseignant, persuadé que ses étudiants savaient la matière qu’il devait enseigner, redoutait leurs questions à la façon d’un examen. Il traquait tant qu’à la moindre question tracassière il perdait tous ses moyens. Les jambes dans le coton, la face livide, les yeux révulsés, il fondait en larmes puis sortait en courant dans le couloir rejoindre le bureau de la directrice qui était par ailleurs sa mère.

 

 

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Un enseignant qui passe son temps à patiner dans la cour a sa classe partie en vacances de neige.

 

  

Dans l’Enseignement de Promotion Spatiale, les professeurs sont des ovnis.

 

 

 C de la phrase !

La craie ne crisse que si on s’en sert.

Le cri n’écrase que si on s’enterre.

L’écrit ne crée que si on en tire un livre (et encore).

La croix ne craque que si le bois est mort (et mal cloué, et Jésus lourd à porter).

Les crocs canins ne craignent que les câlins crânes des chats crevés.

Les cornes caprines ne font cocus que les boucs crochus.

Le con de la couillonne ne crâne qu’au coin d’un cunnilingus à cran.

L’écrou, lui, ne croît qu’autour du boulon qui visse et meurt (et ressuscite en microsillon qui crachote)… 

 

 

 

Monsieur Le Directeur,

Je comprends votre émoi après ce qui s’est passé. Et sachez combien notre honte est grande.

Mais sachez aussi que je m’engage à payer tous les frais de blanchisserie des professeurs (non nommés) qui vous escortaient ce jour-là à la veille de votre émouvant discours de fin d’année dans votre beau complet lie-de-vin.

Je ne sais pas quelle moustique a piqué Noël, d’habitude si courtois, si attentionné, si bon élève, surtout en cinéma d’auteur. C’est la faute à tous ces réseaux sociaux qui colportent de vilaines images et produisent un mauvais exemple sur notre jeunesse, nous qui avons lu tout BHL (et maintenant Michel Onfray).

Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la tête de cet enfant qui revoyait avec nous les anciens épisodes de Thierry La Fronde.  Pour sa peine, il lira chaque jour des vacances une page de BHL (et au moins un paragraphe d’Onfray et même une ligne rouge de Badiou) et il écrira dix mille fois au moins : Je n’entarterai plus mon directeur, ce grand homme de notre enseignement, le jour de la proclamation des prix, dans son beau costume lie-de-vin. 

PS. Voudriez-vous bien nous faire parvenir par retour de courriel le texte du discours  que les circonstances nous ont empêché d’entendre. Il figurera en bonne place dans notre bibliothèque auprès des œuvres de BHL (et de Michel Onfray).

 

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à suivre

FOLKEUSES/ROCKEUSES d’aujourd’hui et de demain (3): NADINE SHAH

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Nadine SHAH est une chanteuse britannique de 26 ans qui a sorti 3 albums depuis 2012. Le dernier, sorti en avril 2015, s’intitule Fast Food.

 

 « Un chant vibrant digne de PJ Harvey, des incantations sorcières dans la veine de Patti Smith, un faux air de Frida Kahlo et des guitares vaudoues héritées de Nick Cave… Nadine Shah, 26 ans, évoque une pythie rock postmoderne. En 2013, cette songwriteuse virtuose dévoilait Love Your Dum And Mad, un premier album électrique, qui, comme son nom l’indique, traitait de la folie. Deux ans plus tard, elle distille sa poésie noire sur le voluptueux Fast Food « Des histoires d’amour Kleenex, instantanément gratifiantes, mais émotionnellement malsaines. » Ce disque ardent a vu le jour à Londres, à l’issue « d’une période d’écriture fiévreuse ». « Je me suis recluse dans ma chambre avec beaucoup de gin et ma guitare. » Ses grandes sources d’inspiration ? Scott Walker et Nina Simone, Emir Kusturica, Italo Calvino, Gustave Courbet et… Frida Kahlo (…) »

 Eleonore Colin (Télérama)

 

A écouter ce rock à l’énergie brute et ce chant terriblement troublant, on pourrait croire Nadine Shah retranchée du monde, romantique perdue dans ses idées, confinée dans une médiathèque où Nick Cave côtoie PJ Harvey… Elle est tout le contraire : de Fool à Big Hands, de Nothing Else to Do à Stealing Cars, l’ensemble de ce Fast Food, dont la production de Ben Hillier (Depeche Mode, Blur) n’a rien de gras ou d’indigeste, touche au plus intime et prend possession de l’âme de l’auditeur.

En dix compositions ambitieuses avec cordes et chœurs possédés, Nadine Shah exorcise en effet ses déboires sentimentaux et fait de ce deuxième album un carnet de souvenirs à la fois fragile et hautement séduisant, porté par une froideur de cathédrale et une mélodicité bien plus affirmée que sur le précédent Love Your Dum and Mad (2013).

Maxime Delcourt (Les Inrocks)

 

 «  (…) A des fins pédagogiques, on stipulera que Nadine Shah est une musicienne et chanteuse basée à Londres, d’origines norvégienne (mère) et pakistanaise (père). Passées les manœuvres d’approche dans un club jazzy de la capitale britannique, elle marque ses premiers points en sortant deux EP qui lui valent divers avis laudatifs. Puis, sur les brisées d’iceux, ce Love Your Dum and Mad auquel on confesse une certaine addiction.

Ménageant ses effets dans des tonalités sombres, l’objet exhale un lyrisme bridé, traversé par une douleur plus proche de la colère que du geignement, y compris lorsque la garde semble baissée (le vibrant Dreary Town). Parfois majestueuse (les cinq minutes imparables de Runaway), mais aussi bouleversante, l’affaire, produite par Ben Hillier (Depeche Mode, Blur), privilégie le piano et la guitare, que surmonte une voix grave s’imposant d’emblée comme un élément dramaturgique essentiel dans le dispositif. Et pour qui réclamerait des repères généalogiques, on glissera le nom des caryatides Marianne Faithfull et Patti Smith, plus celui assez évident de PJ Harvey («découverte a posteriori», jure l’infante, qui ne s’en déclare pas moins «fan absolue»). Conjugué au présent, son port noble la rapprocherait – au moins dans l’esprit – des Sophie Hunger, Sharon Van Etten ou Anna Calvi.

Avant d’être attirée, adolescente, par les lumières de la ville, Nadine Shah a grandi dans une maison au bord de la mer «où il faisait bon jouer sur la plage». Mais à écouter aujourd’hui chanter celle qui dit chérir Scott Walker, Nina Simone, Frida Kahlo et Dostoïevski, on pressent que son regard était déjà plus fasciné par les rouleaux que par l’étale. (…) »

Gilles Renault (Libération)

 

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Fast Food

LUMIÈRE NOMADE de Philippe LEUCKX doublement primé.

5f6034c6-e0fc-11e3-9861-5a72a6fd8fe4_web_scale_0.154321_0.154321__.jpg.h380.jpgLe Prix de Littérature Gauchez-Philippot est organisé par le Secteur Littérature de la Province de Hainaut et est décerné par la Ville de Chimay.
Dimanche 14 juin, après la  traditionnelle dépose de fleurs au pied de la plaque commémorative de Maurice Gauchez, la Roulotte théâtrale proposera, en la salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Chimay, un spectacle intitulé: « Maurice Gauchez, un poète dans les tranchées ». La cérémonie officielle de remise du Prix sera suivie du verre de l’Amitié.

Philippe Leuckx  est un écrivain et critique belge né à Havay (Hainaut), le 22 décembre 1955. Après des études de lettres et de philosophie, il a consacré son mémoire de licence à Marcel Proust avant d’enseigner au Collège Saint-Vincent à Soignies.

Poète, critique, il collabore à de nombreuses revues littéraires francophones (Belgique, France, Suisse, Luxembourg) et italiennes. Il a publié aux Dossiers L sept monographies consacrées à sept poètes belges. Il tient des rubriques habituelles dans plusieurs revues (Poésie Panorama du Journal des poètes; Bleu d’encre; Francophonie Vivante; Diptyque; revues électroniques Sources et Encyclopédie de la Francophonie), et a préfacé des plaquettes aux éditions Clapàs (ouvrages de Kiesel, Counard, Roland), aux Editions Le Coudrier (Anne Bonhomme, Claude Donnay), M.E.O.(Arnaud Delcorte). Il a participé à diverses anthologies : Jeunes poètes francophones de Belgique, Mille poètes, mille poèmes brefs, Le Carnet et les Instants n°100, L’Arbre à paroles n°100, Le Non- Dit n°80, Piqués des vers, Espace Nord, La poésie française de Belgique/ Une lecture parmi d’autre, Recours au poème. Il commente la littérature et le cinéma sur des sites et blogues ( recours au poème, texture, pres loin, poezibao, la république des livres, clopineries,rien ne te soit inconnu, Les Belles Phrases…). En outre, on peut lire ses poèmes dans de nombreuses revues papier et sur différents blogues (lese-art reMue, etatscivils…).

Lumière nomade (Poésie, 2014) est un recueil de 56 pages, préfacé par Monique Thomassettie. On y trouve la lumière, l’ailleurs, des impressions, des images de voyage avec Rome comme fil conducteur.  L’écrivain a déjà publié une vingtaine de recueils même s’il a débuté sur le tard. « J’écris des textes depuis l’âge de 8-9 ans. Mais j’ai été longtemps insatisfait de ce que j’écrivais. Ce n’est donc qu’à 38 ans que j’ai envoyé mon premier poème et naturellement j’en ai envoyé d’autres ensuite. Car je voulais que mes textes aillent plus loin que dans mes tiroirs. »

Françoise Delmez du Servive Littérature de  Dialogue@Hainaut

Le même recueil avait déjà reçu l’an passé le Prix Robert GOFFIN.

lumiere-nomade-1c.jpgQUELQUES LIENS

Lumière nomade (+ Ce qu’ils en ont dit) sur le site des éditions M.E.O.

La lecture de Joseph Bodson sur le site de l’AREAW

La lecture de Lucien Noullez sur Recours au poème

Ma lecture sur Les Belles Phrases

 

 

GRANDE MAISON

88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

Une grande maison, c’est l’immeuble où Alaa El Aswany rassemble les différentes composantes de la société locale pour expliquer comment l’Egypte est en train de se transformer en un pays de plus en plus radical où la liberté n’est plus qu’un vieux souvenir empreint de nostalgie. C’est aussi une grande propriété sur les hauteurs de Beyrouth où Charif Majdalani installe une famille de riches propriétaires qui connait le déclin au cœur des événements politico-religieux qui bouleversent le Moyen-Orient depuis des décennies. C’est dans les deux cas, une façon de raconter, à travers les heurs et malheurs d’une micro société, une tranche de l’histoire de tout un peuple et d’un pays en pleine ébullition.

 

CVT_LImmeuble-Yacoubian_7523.jpegL’IMMEUBLE YACOUBIAN

Alaa  EL ASWANY (1957 – ….)

Sur la terrasse de ce vieil immeuble qui symbolise l’Egypte des temps heureux, avant la révolution des militaires, quand «l’Egypte ressemblait à l’Europe. (qu’) il y avait de la propreté, de l’élégance. (Que) les gens étaient polis, respectueux, (que) personne ne dépassait jamais les limites », El Aswany installe un échantillon de la population de l’Egypte actuelle pour dresser un tableau de ce pays en pleine dérive. Il y a là le vieux dandy, tout droit échappé d’un roman d’Albert Cossery, coureur de jupons, icône du quartier, qui représente l’Egypte d’avant la révolution, l’Egypte européanisée, carrefour des cultures et religions méditerranéennes ; des affairistes louches, trafiquants véreux, issus de l’environnement du pouvoir, prêts à tout vendre y compris leur âme et leur femme ; un jeune frustré, brillant mais rejeté parce qu’il n’est que le fils du concierge, qui incarne la radicalisation de la partie la plus pauvre de la population qui se réfugie dans un islam rigoriste et conquérant et quelques femmes aussi maltraitées que l’écrit Nawal El Sadawi, l’écrivaine féministe égyptienne, notamment dans « Ferdaous, une voix en enfer ».

Ainsi à travers de courtes histoires qui font intervenir alternativement les différents protagonistes de ce roman, l’auteur nous montre comment fonctionne la société égyptienne avec toutes les corruptions possibles, les trafics d’influence, le népotisme, et toutes les combines imaginables sous l’œil intéressé du pouvoir central qui prend sa part au passage et garantit le sort de tous les affairistes véreux qui jouent honnêtement le jeu en versant une partie de leurs revenus douteux aux dirigeants corrompus.

«Bien sûr, il y a des peuples qui se révoltent mais, de tout temps, l’Egyptien a baissé la tête pour manger son morceau de pain… Le peuple égyptien est le plus facile à gouverner de tous les peuples de la terre. Dès que tu prends le pouvoir, ils se soumettent à toi ». Mais une certaine partie de la population, celle qui se sent la plus humiliée, se réfugie dans les rangs des religieux dont le discours et les actes deviennent de plus en plus violents pour séduire cette jeunesse sans espoir qui ne rêve que d’abattre le pouvoir en place.

Et, dans cette société tiraillée entre un pouvoir totalitaire acoquiné avec les mafieux et des religieux fanatisés, manipulés par des émirs aux ambitions illimitées, les femmes essaient de survivre en supportant le harcèlement sexuel au quotidien, les violences conjugales, les mariages de convenance et la répudiation à la première occasion. « On épouse une femme pour sa beauté, pour sa fortune et pour sa religion. Mais c’est la religion qui l’emporte », jamais par amour.

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Le tableau peint par El Aswany est bien pessimiste et on comprend aisément qu’il a dû subir quelques pressions après la publication de ce roman. L’Egypte qu’il nous présente, à la croisée entre les reliques dépravées d’une Egypte au passé fastueux et l’Egypte violente et obscurantiste des combattants de l’islam, ne laisse que peu d’espoir à la jeunesse et confine ceux qui n’ont pas droit au gâteau de la corruption dans une vaine nostalgie d’un temps où le pouvoir n’appartenait pas à l’armée et où il n’était pas compromis avec les trafiquants et les affairistes douteux. « Abdel Nasser a enseigné aux Egyptiens la lâcheté, l’opportunisme, l’hypocrisie… » On sent bien que l’auteur a lui aussi la nostalgie de cette Egypte moins corrompue, plus libérale, plus tolérante où cohabitaient les religions et les nationalités, où l’amour, même homosexuel, était encore possible. Une société qui n’était pas fondée sur l’exclusion et la ségrégation : le pouvoir rejetant ceux qui ne sont pas de sa caste, la religion combattant ceux qui ne croient pas ou croient autrement, la population qui marginalise ceux qui sont différents et les habitants de la terrasse qui veulent protéger leur petit territoire sans réelles raisons, seulement parce qu’il faut bien avoir un pouvoir envers les autres.

 

9782757800775.jpgHISTOIRE DE LA GRANDE MAISON

Charif MAJDALANI (1960 – ….)

L’histoire de Wakim, « intermédiaire », affairiste, de religion chrétienne orthodoxe, commence à la fin du XIX° siècle quand il fuit avec son frère Selim dans le Mont-Liban, ils quittent Marsad où ils ne sont plus en sécurité, les musulmans refusent de transiger à l’amiable et veulent en découdre avec le clan Nassar. L’origine du différent n’est pas très clair, Wakim traite de nombreuses affaires, la religion peut s’en mêler, à Beyrouth les conflits intercommunautaires ne sont pas rares. Il se réfugie, au milieu des fermiers maronites, dans la campagne proche, à Ayn Chir, où il va rapidement constituer une jolie fortune en introduisant la culture des orangers, et inventer, selon le narrateur, celle des clémentines, deux productions agricoles qui n’étaient pas encore pratiquées, à cette époque, dans cette partie du Liban. Après avoir connu une période particulièrement faste au début du XX° siècle, le clan Nassar connait des temps difficiles quand, en 1916, les Ottomans décident de bannir la famille de Wakin, pour sympathie avec l’ennemi, en expédiant Wakim avec son épouse et ses plus jeunes enfants en Anatolie où il vivra deux années très pénibles dans un milieu particulièrement hostile. Revenu à Ayn Chir en 1918, le clan reconstruira sa splendeur mais déclinera rapidement plus en raison de querelles intestines que de difficultés liées au contexte général.

A partir de bouts de confidences, parfois arrachées aux membres de sa famille, de témoignages fragmentaires et aléatoires, de quelques documents, le narrateur tente de reconstituer son lignage en imaginant les zones restant incertaines, « rien ne dit que les choses ne se sont pas véritablement passées comme ça ». Cette saga familiale est en fait un condensé de l’histoire du Liban de la moitié du XIX° siècle à l’aube de la deuxième guerre mondiale, une façon de montrer comment un peuple pluriel composé de musulmans sunnites et chiites, de bédouins nomades, de chrétiens maronites ou orthodoxes de rite grec ou syriaque et de quelques autres peuplades comme les Juifs et les Européens, vivant côte à côte, dans un calme relatif, en échangeant de temps à autres quelques horions et mêmes quelques décharges de leurs vieilles pétoires, a pu prospérer sans difficultés majeures mais en laissant cependant apparaître les fractures qui allaient devenir des fossés entre ces diverses communautés. Une façon aussi de montrer que les lignes de fracture n’existaient pas qu’entre les communautés, qu’elles étaient déjà béantes au sein des clans où les appétits et les ambitions pouvaient provoquer des conflits brutaux et générer des haines pérennes.

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L’auteur raconte plus qu’il écrit comme un conteur volubile, très volubile, construisant son récit avec de longues phrases coulant comme le Jourdain en période d’étiage, emportant le lecteur dans la légende du clan Nassar « encombrées d’histoires et d’anecdotes qui ne sont que des faits secondaires auxquels pourtant on attribue la cause d’événements graves, exactement comme, dans la mythologie, on attribue à l’enlèvement d’une femme les dix ans de la guerre entre Troie et la Grèce ».

DÉLICES DE CHLOÉ

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KLÔ PELGAG, de son vrai nom, Chloé Pelletier-Gagnon, nous apprend Wikipedia, est née en 1990 au Québec. Elle a sorti en 2013 un album, L’alchimie des monstres, qui continue de faire des vagues en Francophonie.

Sur Télérama, on peut lire ceci qui caractérise bien ses textes et ses interprétations: «  Elle défend bec et ongles sa propre originalité, avec un mot d’ordre, presque une obsession, « ne pas faire de la chanson conventionnelle ».

Tout est question de mots puisque, au fond, c’est d’abord et avant tout de la chanson qu’elle propose, avec ses histoires intrigantes, son piano mélodique, sa voix souple, sa façon de mettre les textes en scène et en musique. Sur scène, elle y ajoute une dimension théâtrale, entre tension dramatique et drôlerie absurde. Un univers fantasmagorique. Le personnage fait mouche, autant que les chansons. « 

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Le site de KLÔ PELGAG