LES MALADES ET LES MÉDECINS d’Antonin ARTAUD

MTE1ODA0OTcxNTQ0NDQ2NDc3.jpgLa maladie est un état.
La santé n’en est qu’un autre,
plus moche.
Je veux dire plus lâche et plus mesquin.
Pas de malade qui n’ait grandi.
Pas de bien portant qui n’ait un jour trahi, pour n’avoir pas voulu être malade, comme tels médecins que j’ai subis.
 
J’ai été malade toute ma vie et je ne demande qu’à continuer. Car les états de privation de la vie m’ont toujours renseigné beaucoup mieux sur la pléthore de ma puissance que les crédences petites-bourgeoises de :
LA BONNE SANTÉ SUFFIT.
 
Car mon être est beau mais affreux. Et il n’est beau que parce qu’il est affreux.
Affreux, affre, construit d’affreux.
Guérir une maladie est un crime.
C’est écraser la tête d’un môme beaucoup moins chiche que la vie.
Le laid con-sonne. Le beau pourrit.
 
Mais, malade, on n’est pas dopé d’opium, de cocaïne ou de morphine.
Et il faut aimer l’affre
                                 des fièvres,
la jaunisse et sa perfidie
beaucoup plus que toute euphorie.
 
Alors la fièvre,
la fièvre chaude de ma tête,
— car je suis en état de fièvre chaude depuis cinquante ans que je suis en vie, —
me donnera
mon opium,
— cet être, —
celui,
tête chaude que je serai,
opium de la tête aux pieds.
Car,
la cocaïne est un os,
l’héroïne, un sur-homme en os,
 
                            ca i tra la sara
                            ca fena
                            ca i tra la sara
                            ca fa
 
et l’opium est cette cave,
cette momification de sang cave,
cette raclure
de sperme en cave,
cette excrémation d’un vieux môme,
cette désintégration d’un vieux trou,
cette excrémentation d’un môme,
petit môme d’anus enfoui,
dont le nom est :
                         merde,
                         pipi,
con-science des maladies.
 
Et, opium de père en fi,
 
fi donc qui va de père en fils, —
 
il faut qu’il t’en revienne la poudre,
quand tu auras bien souffert sans lit.
 
C’est ainsi que je considère
que c’est à moi,
sempiternel malade,
à guérir tous les médecins,
— nés médecins par insuffisance de maladie, —
et non à des médecins ignorants de mes états affreux de malade,
à m’imposer leur insulinothérapie,
santé
d’un monde
d’avachis.

 
24022_1120544.jpeg Et sur FLORILÈGE

Anthologie
de la Poésie
de langue française
(1300 – 1984)

 

Choix des textes
et conception :
C. Tanguy

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MAL’ARIA de Paul VERLAINE

verlaine.pngÊtes-vous comme moi ? — Je déteste les gens qui ne sont pas frileux. Tout en les admirant à genoux, je me sens antipathique à une foule de peintres et de statuaires justement illustres. Les personnes douées de rires violents et de voix énormes me sont antipathiques. En un mot, la santé me déplaît.

J’entends par santé, non cet équilibre merveilleux de l’âme et du corps qui fait les héros de Sophocle, les statues antiques et la morale chrétienne, mais l’horrible rougeur des joues, la joie intempestive, l’épouvantable épaisseur du teint, les mains à fossettes, les pieds larges, et ces chairs grasses dont notre époque me semble abonder plus qu’il n’est séant.

Pour les mêmes motifs j’abhorre la poésie prétendue bien portante. Vous voyez cela d’ici : de belles filles, de beaux garçons, de belles âmes, le tout l’un dans l’autre : mens sana… et puis, comme décor, les bois verts, les prés verts, le ciel bleu, le soleil d’or et les blés blonds… J’abhorre aussi cela. Êtes-vous comme moi ?

Si non, éloignez-vous.

Si oui, parlez-moi d’une après-midi de septembre, chaude et triste, épandant sa jaune mélancolie sur l’apathie fauve d’un paysage languissant de maturité. Parmi ce cadre laissez-moi évoquer la marche lente, recueillie, impériale, d’une convalescente qui a cessé d’être jeune depuis très peu d’années. Ses forces à peine revenues lui permettent néanmoins une courte promenade dans le parc : elle a une robe blanche, de grands yeux gris comme le ciel et cernés comme l’horizon, mais immensément pensifs et surchargés de passion intense.

Cependant elle va, la frêle charmeresse, emportant mon faible cœur et ma pensée évidemment complice dans les plis de son long peignoir, à travers l’odeur des fruits mûrs et des fleurs mourantes. 

product_9782070755875_195x320.jpgextrait de Les Mémoires d’un veuf, 1886

Découvrez Paradis des albatrosL’objectif de cette réserve naturelle lyrique est de mettre en valeur la poésie classique de langue française par des textes soigneusement présentés et une navigation facile et sobre à travers l’équivalent d’un livre de 15000 pages que l’amateur de poésie pourra parcourir.

 

PRÉVISIBLE

88957_300.jpgpar Denis BILLAMBOZ

Deux livres majestueux par l’ampleur de leur récit, les événements qu’ils embrassent, les leçons qu’ils véhiculent. Deux livres qui essaient de nous dire que les catastrophes qui se sont abattues sur l’Europe au milieu du XX° siècle étaient peut-être prévisibles. Deux livres pourtant extrêmement différents : un récit historique, presqu’une biographie d’un personnage central de l’histoire de l’Allemagne anti-nazie et un roman fleuve ancré dans les affres de la guerre civile espagnole. Mais, in fine, deux livres qui brassent les événements qui ont conduit l’Europe dans le plus grand malheur qu’elle a connu depuis son origine, analysant comment deux peuples se sont laissé conduire vers le pire comme s’il était la seule solution possible à ce moment de leur histoire.

 

9782757832226.jpgDANS LA GRANDE NUIT DES TEMPS

Antonio MUNOZ MOLINA (1956 – ….)

En 1936 à New York, Ignacio Abel, brillant architecte madrilène nourri aux sources du Bauhaus, fuit la guerre d’Espagne en acceptant une invitation comme professeur dans un collège et comme architecte pour la construction de la nouvelle bibliothèque de cet établissement. Dans le train qui le conduit vers Rhineberg où est installé ce collège, il se remémore les derniers mois qu’il vient de vivre, l’explosion de son couple, la disparition de sa maîtresse, la guerre qu’il a traversée sans chercher à y prendre part, la liquidation de son ex-professeur d’allemand, la femme qu’il a abandonnée, ses enfants, ses amours, ses amis, sa carrière. Mais il recherche surtout Judith Biely, la maîtresse qui l’a laissé tomber à Madrid avant qu’il quitte son pays pour rejoindre les Etats-Unis, et croit la voir dans toutes les jolies femmes évoquant vaguement sa silhouette.

Dans ce vaste récit, Antonio Munoz Molina propose une intrigue plutôt maigre et franchement banale : les pérégrinations d’un intellectuel délaissant son épouse pour une femme plus jeune qui le laisse en plan parce qu’il ne fait pas un choix clair et définitif, sur fond de situation politique déliquescente conduisant l’Espagne vers la tragique guerre civile de 1936. Une histoire banale mais une construction savante, une suite de tableaux, des morceaux de vie, des bribes de souvenirs, qui reviennent à la mémoire du narrateur comme des associations d’idées laissant le soin au lecteur de replacer les pièces de ce puzzle dans le bon ordre pour reconstituer les aventures de ce trio rituel et les événements qui ont agité l’Espagne à cette époque. Il y a dans la vie de ce couple partant à vau-l’eau qui, de toute façon, ne pouvait plus durer très longtemps car les deux époux venaient de milieux trop différents, comme une parabole de l’Espagne coupée en deux parties trop différentes pour faire une seule nation rassemblant un peuple uni.

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Antonio Munoz Molina

On peut diviser ce livre en deux parties : une première où les tribulations du trio prennent la place principale du récit, en utilisant la situation politique et sociale en Espagne comme toile de fond de cette intrigue, jusqu’au moment ou ce trio explose, le mari quitte son épouse, l’épouse tente de se suicider et la maîtresse délaisse son amant ; et une seconde partie où l’agitation devient de plus en plus belliqueuse entraînant le pays vers une situation de guerre civile qui devient alors le sujet principal du récit. L’auteur promène ainsi son héros sur tous les théâtres de ce conflit protéiforme pour bien faire comprendre au lecteur ce que fut cette guerre imbécile conduite par des incompétents veules et sanguinaires, plus capables de fusiller des citoyens sans défense que d’organiser un semblant d’armée pour combattre le fascisme ; républicains et fascistes se rejoignant dans la même sauvagerie belliqueuse sans espoir de trouver une solution acceptable pour les populations martyrisées.

Une lecture très affûtée des événements, une lucidité jamais prise en défaut par une quelconque pollution politique, un recul toujours suffisant pour interpréter les faits et les comportements avec la plus grande sagacité. Le récit se déroule presque uniquement dans le clan des républicains et donne tort sans réticence aux fascistes mais n’arrive pas à donner raison aux républicains qui ne sont bons qu’à brailler en défilant bruyamment et faire des rodomontades n’impressionnant que les pauvres citadins cherchant seulement à survivre ; miliciens et autres combattants sont tout à fait incapables d’organiser le moindre pouvoir armé pour conduire une véritable lutte contre les forces du mal.

« Je ne crois pas que l’histoire aille dans une direction, ni qu’on puisse construire le paradis sur terre. Et même si c’était possible et que le prix à payer était un grand bain de sang plus la tyrannie, cela me semble trop cher payé ».

C’est aussi une description de l’opposition entre deux Espagne : celle du sud traditionnelle, catholique, conservatrice, attachée aux privilèges anciens, l’Espagne des grands propriétaires aristocratiques et des chefs militaires ; et celle du nord, plus moderne, industrielle, ouvrière, républicaine, ouverte aux idées nouvelles. L’Espagne de la famille de sa femme issue de l’aristocratie contre celle de sa famille disparue : son père mort sur un chantier, sa mère devenue concierge pour payer son éducation. Un raccourci pour expliquer en partie les origines du conflit qui a ensanglanté l’Espagne en 1936.

Et une conclusion acide et désabusée : la révolution ne mènera jamais à rien, la victoire de n’importe lequel des deux camps ne peut que conduire l’Espagne dans le néant, seule une véritable entente politique pourrait réconcilier les deux camps mais les antagonismes sont bien trop forts pour que cela soit possible.

« Chacun justifie comme il peut les comportements dont il a honte. Les seuls qui ne soient pas coupables, ce sont les innocents sacrifiés, et on ne veut pas non plus être l’un d’eux. »

Difficile de parler de chef d’œuvre comme beaucoup l’on fait, du moins dans la traduction française, pour évoquer ce texte long, long, trop long, lent, lent, lourd, l’histoire progresse bien plus lentement que les événements décrits ce qui provoque, pour certains lecteurs, un décalage entre le récit et la réalité historique laissant une partie de l’intensité de celle-ci dans la bataille.

Une certaine emphase, quelques maladresses dans certaines phrases pourtant souvent fort bien construites, effet de la traduction peut-être qui n’a pas toujours lésiné sur l’utilisation des qui, que, qui… et qui a parfois aussi cassé le rythme et la musicalité de certains passages.

Au début, j’ai eu aussi un peu de difficulté à faire la différence entre le narrateur et le héros, j’ai même eu l’impression que le narrateur était le héros et que le roman était écrit à la première personne, il m’a fallu un peu de temps pour mesurer la distance qu’il y avait entre les deux.

Malgré ces petits défauts, c’est tout de même un grand livre, la maestria de l’auteur dans la conduite de son récit est tout à fait remarquable, sa lucidité et son impartialité politique sont impressionnantes mais avec deux cents pages de moins ce serait certainement un chef d’œuvre, à trop vouloir embrasser…

 

product_9782070443307_195x320.jpgHAMMERSTEIN ou L’INTRANSIGEANCE

Hans Magnus ENZENSBERGER (1929 – ….)

« A travers l’histoire de la famille Hammerstein on retrouve et l’on peut montrer, ramassés sur un très petit espace, toutes les contradictions et tous les thèmes décisifs de la catastrophe allemande ». C’est ce qu’Hans Magnus Enzensberger affirme et prouve à travers ce livre magistral, plus qu’une biographie, pas tout à fait un essai, presque de l’histoire mais surtout pas un roman, l’auteur s’en défend, plutôt un récit pour rappeler qui était Kurt von Hammerstein, quel fut le rôle et le sort de sa famille avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale. En tout cas, un effort pour comprendre ce personnage si particulier et la place qu’il a occupée dans les événements qui ont agité cette période funeste de notre histoire.

C’est un ouvrage très documenté, l’auteur a fait des recherches très importantes y compris dans certaines archives russes qui n’ont été accessibles que pendant une courte période en 1989 et a rencontré de nombreux témoins, vivant encore, qui lui ont confié des documents inédits. Ses sources pléthoriques, lui ont permis d’enrichir son livre d’une riche iconographie : nombreuses photos, tableau généalogique, annexes comportant un index et une importante bibliographie.

Pour conduire sa démonstration, Enzensberger a, en dehors de la narration habituelle, eu recours à d’autres processus littéraires : la glose, des réflexions personnelles pour évoquer ce qui ne peut pas être démontré, le « dialogue avec les morts » pour essayer de débusquer la vérité enfouie dans les tréfonds de l’histoire et des documents avérés purement et simplement recopiés dans le texte.

Kurt von Hammerstein est né dans le Mecklembourg, en 1878, dans une vieille famille aristocratique désargentée, il a fréquenté, dès 1888, l’école des cadets de l’armée car son père n’avait pas les moyens de lui en payer une autre. Après avoir épousé une fille d’une famille noble plus fortunée que la sienne, il devint le père de sept enfants dont trois filles qui ont joué un rôle important dans les mouvements communistes et sionistes avant la guerre, pendant peut-être et même après. Il a fait une carrière militaire rapide et brillante avant de parvenir à la fonction la plus importante de l’armée allemande, celle de chef de l’armée de terre, qu’il occupait quand Hitler devint chancelier.

Il vivait sans fortune et même, à certaines époques dans une réelle pauvreté dont sa famille pâtit. Il n’aimait pas la politique et ne voulait pas y être mêlé mais les événements l’ont contraint à prendre des décisions qui n’auraient pas dû relever du pouvoir militaire. Il était l’homme de Kurt von Schleicher, ministre des armées rapidement éliminé par Hitler, avec lequel il avait partagé une bonne partie de son parcours militaire.

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Hans Magnus Enzensberger

Stratège talentueux, visionnaire génial, il avait horreur du travail inutile, de la paperasserie, « Il était génial, futé, nonchalant y compris dans son allure, très critique, facilement pessimiste (flemmard)… » Il aurait même précisé : « Celui qui est intelligent et en même temps paresseux se qualifie pour les hautes tâches de commandement, car il apportera la clarté intellectuelle et la force nerveuse de prendre les décisions difficiles ».

Il avait horreur d’Hitler et de sa bande de sicaires, il n’a pas voulu collaborer avec le nouveau chancelier demandant rapidement sa mise à la retraite mais il est toujours resté très présent dans la vie politique allemande à travers son engagement dans l’opposition aux nazis. Il devait succéder à Hitler après la conjuration de juillet 1944, le cancer lui évita de connaître le désastre de cette conjuration, l’emportant dès avril 1943. Mais la famille, toujours déterminée dans l’opposition au nazisme, poursuivit son œuvre, on connait bien l’engagement des filles, autant que le permet la connaissance de l’action souterraine dans laquelle elles sont toujours restées, mais on connait moins la participation des fils à la conjuration contre Hitler. On sait seulement que Ludwig y participa et que les trois frères durent vivre dans la clandestinité pour échapper à la mort. La famille est restée toujours très digne et discrète dans l’action comme dans le deuil, « Ils ont simplement fait ce qu’ils devaient faire ».

L’histoire de cette famille énigmatique, atypique, résolue, déterminée, inaccessible à la peur (« la peur n’est pas une vision du monde », affirma Kurt von Hammerstein en quittant ses fonctions pour ne pas cautionner l’action d’Hitler) est une excellente façon d’aborder l’histoire de l’Allemagne en marche vers son grand désastre. Dans la République de Weimar, en pleine déliquescence, l’Allemagne n’avait plus qu’une alternative : le bolchévisme pur et dur ou le national socialisme, avec la guerre civile pour seule porte de sortie possible. Hammerstein a refusé de lancer l’armée dans la bataille pour ne pas provoquer la guerre civile, laissant la porte ouverte à Hitler qui n’a pas mis longtemps pour se faufiler dans l’espace ainsi libéré. Il pensait que l’armée n’était pas suffisamment fiable, qu’Hitler disposait d’un fort appui populaire même s’il semblait plus fort en discours qu’en action. Il était aussi convaincu que les pays de l’Ouest n’avait pas su négocier avec l’Allemagne pour éviter qu’elle se jette trop facilement dans les bras des soviétiques avec lesquels elle a collaboré très étroitement pour reconstruire une armée efficace. « Qu’est-ce que vous croyez qu’il se passait en Allemagne, à l’époque ! La politique intérieure n’était qu’un tas de ruines ! De sales affaires de politique partisane ! Crimes et bêtises ! Si cela n’avait tenu qu’à moi, j’aurais fait tirer sur les nazis dès août 1932 ! » Encore une citation à méditer…

Dans ce texte, Hans Magnus Enzensberger semble vouloir attirer l’attention des gouvernants et des peuples sur les erreurs qui ont été commises entre 1920 et 1940 afin qu’ils ne les reproduisent pas, certains passages de son livre, sortis de leur contexte, pourraient très bien illustrer notre actualité politique, économique et sociale. Avons-nous bien entendu ce message ? J’en doute …

La responsabilité du peuple allemand n’est nullement esquivée par Hans Magnus Enzensberger qui relaie Hammerstein dans sa critique : « Puisque le troupeau de moutons que sont les Allemands a élu un tel Führer, qu’ils le paient jusqu’au bout ». Et l’auteur d‘ajouter : « Il ne fallait pas épargner cette expérience aux Allemands, sinon jamais ils ne deviendraient moins bêtes ».

Voilà des éléments qui me permettent de progresser vers la réponse à cette question qui m’obsède depuis si longtemps, mais il faut se méfier, c’est quoi la vérité ? L’auteur pose cette question car la vérité sur cette période nous ne la connaîtrons jamais, nous devrons éternellement évoquer le désastre et l’horreur sans réellement savoir qui a fait réellement quoi.

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Kurt von Hammerstein avec Hitler

MÉANDRES de Salvatore GUCCIARDO

104246695.pngL’art, l’âme et la lumière

Alchimie spirituelle, métaphysique de l’être, théorie de l’évolution de Teilhard de Chardin… sont quelques-unes des philosophies ou disciplines auxquelles Méandres emprunte des éléments pour déployer son univers poétique particulier.
Le recueil alterne une narration poétique en prose (en caractères romains) avec des parties versifiées (en italique), telles des chants portées par diverses voix
Il est formé de sept sections : L’alpha, Apocalypse, Abysses, Les feux de la torpeur, Collage , Omega et Révélation.

Dans L’alpha,  on assiste au chaos originel où matière et esprit sont confondus, où l’indistinction domine, où les choses de l’âme ne sont pas clairement identifiées par défaut de lumière spirituelle.
Tout n’est que vision entremêlée et sons désaccordés
Une baleine blanche va figurer le lien entre le monde abyssal et le monde visible.

Dans Apocalypse, le monde festoie, jouissant de tous ses sens à profusion mais dans l’ignorance de l’Etre. Nous sommes les otages de quelques chimères, lit-on.

Le retable d’Issenheim Grünewald est avancé pour  introduire la figure d’un Christ martyr et salvateur au Jardin des Oliviers. Il s’agit d’une image emblématique de la vision apocalyptique marquée par la lourdeur des âmes.

Le monde reste dévasté. Mais l’être cherche une issue… L’espérance demeure !

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Dans Abysses, l’âme est nue et va conduire aux profondeurs insondables de l’être pour approcher le mystère invisible tapi au fond de l’inconscient.

Dans Les feux de la torpeur, on recherche un grain de lumière de même qu’on est à l’affût d’un messie qui emporterait l’homme et la femme vers les hauteurs.

L’entreprise est hasardeuse et ardue, elle prend la forme d’un labyrinthe en forme de poulpe aux nombreux tentacules.

Pour aboutir, elle devra prendre en compte l’expérience humaine sur plusieurs générations en visant la concorde au-delà des divergences et en tirant toute son énergie d’une force cosmique.
Je vis à l’intérieur d’un arbre qui a 2OO 000 ans d’existence, ses racines alimentent mon âme.

Dans Collage, on fixe les contours des formes de leurs volumes avant de les coller dans un esprit de cohérence en harmonisant les couleurs.  C’est l’idée de l’Artiste organisateur du chaos en cosmos sur la grande toile de l’univers. L’homme n’est pas absent du tableau. Il est peint debout, face à la mer.

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Dans Oméga, la nuit a fait place au jour, à la pleine lumière. Le palais dédaléen est à présent une demeure accueillante. C’est le règne de l’aurore source de vie et de joie.

Dans Révélation, on est dans l’Olympe, la demeure des êtres célestes où un être plus lumineux que les autres est révélé. Le narrateur assistant à ce spectacle pense à tous les humains encore dans l’obscurité, à la dérive ou consacrant leur vie à des plaisirs éphémères, servant aveuglément un dieu de la consommation… Il connaît une sorte de grâce, de félicité, qui lui fait dire :

Notre moi profond existait pour s’élever vers les hauteurs, pour communier avec les sphères… 

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Habile dispositif ouvert à plusieurs interprétations, Méandres ne s’apprivoise pas en une seule lecture et se complète des peintures de l’artiste (au nombre de quatre) qui accompagnent ce parcours pour donner une vision de la condition humaine et cosmique qui a à voir avec l’art, l’âme et la lumière et à laquelle chacun donnera l’interprétation qu’il veut selon son vécu, ses références artistiques et culturelles. Un second recueil (après Lyrisme cosmique en 2011) qui nous fait entrer plus avant dans l’univers si singulier de l’artiste avant tout poète, des mots et des images.

Éric Allard

Le recueil bilingue est préfacé par Joseph BodsonLa seconde partie contient la traduction en italien par Maria Teresa Epifani Furno. 

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Le site de Salvatore Gucciardo 

Le site des éditions Chloé des Lys

LE ROI PHILIPPE DÉCLARE QUE MANGER DES FRITES TOUS LES JOURS, CE N’EST PAS BIEN…

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Fort du succès remporté dans l’opinion publique et dans les médias traditionnels par son discours du 21 juillet, le Bon Roi Philippe a décidé de multiplier les apparitions télévisuelles en les portant à cinquante par an.

Tous les vendredis à dix-neuf heures, sauf les deux premiers vendredis du mois d’août, période de congé royal sacrée, le Roi Philippe administrera ses bons conseils au citoyen lambda (et bêta) à la Télévision Nationale.
Il rappellera ainsi qu’il ne faut pas dépasser la vitesse autorisée, qu’il ne faut pas boire quand on prend le volant pour ne pas tuer son voisin ou sa façade en rentrant trop rapidement son véhicule dans le garage, et qu’il faut utiliser un parapluie quand il pleut pour ne pas attraper le rhume et faire augmenter le taux d’absence au Travail et vider les caisses de la Mutuelle.
Il rappellera entre autres mises en garde l’usage strict du tri sélectif des déchets non radioactifs et l’interdiction d’assister à des combats de coq sans gilet pare-ergot.  Que manger des frites bien grasses plus d’une fois par semaine, ce n’est pas bon pour la santé, ou que coïter sans capote peut apporter de graves maladies d’autant plus quand c’est avec un ou une SDF non reconnu(e) par un centre d’accueil agréé par Maxime Prévot.
Les petits princes sont très heureux de l’initiative de leur paternel qu’ils verront plus souvent à la télé qu’au Palais royal. Ils espérènt même qu’il fera bientôt un disque de rap avec Annie Cordy et un vrai film avec des effets spéciaux et Jean-Claude Van Damme déguisé en Stromae.

Le Bon Prince Philippe a aussi tweeté que tweeter avant le petit déjeuner pouvait entraîner une dépendance réelle au réseau de microblogging.

Il a enfin déclaré que la Bonne Reine Mathilde délivrerait chaque samedi matin sauf les deux premiers vendredis du mois d’août, période de congé royal sacrée, ses conseils mode & beauté sur la Chaîne Privée Nationale.

BON ANNIVERSAIRE CHARLOTTE !

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Née le 21 juillet 1971, Charlotte Gainsbourg occupe la scène musicale et cinématographique depuis 1984, année de son premier rôle au cinéma dans le Paroles et musique d’Elie Chouraqui. Fille chérie de Serge et de Jane, elle apparaissait alors fragile, hésitante, répondant par des Je ne sais pas aux questions pressantes des journalistes soucieux d’en savoir plus sur sa parentèle et sa vision de la vie… Trente ans plus tard, elle a montré sa force tranquille en creusant un sillon peu évident au départ, plus au cinéma peut-être que dans la chanson pour afficher aujourd’hui à son compteur artistique plus de quarante films et cinq albums. Mais dans quelque domaine qu’elle se produise, elle réussit par une pudeur exquise à maintenir à l’intérieur une palette d’émotions riches et de sentiments rares qui sert ses talents d’interprète majeure.

 

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Serge Gainsbourg & family par Tony Franck

OPHÉLIE FONTANA DOIT INTERROMPRE LE COMMENTAIRE DU DEFILÉ pour cause de fou rire

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Comme les années précédentes, Ophélie Fontana devait commenter le défilé militaire et civil du 21 juillet pour la RTBF. Tout se passait comme d’habitude entre amorces de plaisanteries tous azimuts d’Ophélie Fontana et informations des consultants quand la journaliste a commis trois lapsus consécutifs.

Elle a parlé du « grand château de la Reine » à propos de son couvre-chef. Elle a dit: « Le Prince Laurent s’est assoupli » pendant que le onzième personnage de l’Etat dans l’ordre de la succession au trône fermait les paupières, et enfin: « Les militaires ont toujours de beaux engins »… Elle a alors été prise d’un fou rire qu’elle n’a pas ensuite réussi à maîtriser. Les consultants, de plus en plus mal à l’aise, ont bien tenté d’assurer seuls la suite du reportage jusqu’au moment où le réalisateur de l’émission a décidé de la remplacer. Deux grands gaillards l’ont sortie du plateau hilare en la prenant sous les épaules pendant que sa remplaçante, Tatiana Silva, sur place avec Jean-Louis Lahaye pour un enregistrement spécial de leur Bêtisier, a meublé en commentant l’état du ciel au-dessus de la capitale et en donnant la météo des prochaines heures…

Des images et des propos qui, heureusement, feront le miel de l’émission favorite des grands enfants que nous sommes restés.