LE VIOLON PISSE SUR SON POWÈTE d’Eric DEJAEGER

images?q=tbn:ANd9GcTYeIh_40eQ3e8tELt15eqoVFgVmbu_6gtmnNmzQGe9_DBBSkgxIQpar Philippe LEUCKX

 

 

 

af1dc543.jpgJamais en retard d’une phrase incisive ni d’un aphorisme qui claque, Éric Dejaeger (1958, de nombreux livres depuis les années 90, fondateur de deux revues « Ecrits vains », puis « Microbe ») poursuit son petit bonhomme de chemin de poète potache donnant la leçon à tous ces « powètes » qui ont le cou plus gros que leurs pauvres vers et se donnent vivants de fulgurants piédestals.

En matière de pied-de-nez à la bienséance et d’insolences bien senties à l’adresse de ces auteurs-qui-s’y-croient-que-ça-n’en-est-pas-possible, le poète Dejaeger dégaine à petis jets continus de bien plates vérités (certain(e)s s’y reconnaîtront sans peine, opacifié(e)s dans leur satut privilégié d’auteurs pour public réduit (Dejaeger ne va pas pour eux au-delà de cinq présences aux soirées poétiques).

Il faut lire ces petites rosseries qui ne lui feront peut-être pas que des amis (quoique). Cathalo et quelques autres ont déjà donné dans le genre, et, au fond, c’est salubre quand un vrai poète jette un oeilleton sur le genre qu’il pratique pour alerter des dérives.

Un petit recueil salutaire, dont voici quelques pépites pour la route :

« Le powète rêve d’être maudit,

mais pas de son vivant »

ou

« Tout powète se sent de taille à écrire

un powème-fleuve »

ou encore

« Quand le powète pète dans sa

clarinette, ça ne fait que du vent »

——-

Éric Dejaeger, Le violon pisse sur son powète, Les Carnets du Dessert de lune, couverture (très belle) d’André Stas, 2015, 24p., 6€.

Pour commander le livre

Les Carnets du Dessert de Lune

Le blog d’Éric Dejaeger

Publicités