MES REGRETS, MES ERREURS, MES ERREMENTS…

1649499_3_f181_nicolas-sarkozy-en-visite-dans-une-ecole-de_558f0a77751d5ee69978c87eec41be6f.jpgLe directeur de cet athénée de province, candidat à sa propre succession, avait appris par son chef de la communication (l’économe en chef) que son taux de popularité baissait parmi les enseignants. Il fit alors paraître avec l’aide d’un nègre (le prof de gym, reconnu pour posséder la plus belle plume de l’établissement) un livre titré : « Mes regrets, mes erreurs, mes errements… » Que, généreux, il fit distribuer dans tous les correspondanciers.

Dans le bouquin, il regrettait de s’être rendu, le jour de sa nomination au poste de principal, chez Robert la frite* avec son équipe de campagne puis d’avoir passé trois jours sous la saharienne du chef de la section locale du PS de Goutroux** à boire de l’Eau de Villée*** alors qu’il avait annoncé une retraite à l’Abbaye de Maredsous. Il regrettait la photo tweetée le soir même, nu de dos certes, où on le devinait en train de tremper son sexe dans une Leffe à douze degrés sans se brûler, puis d’avoir, pour montrer ses neuves compétences en maçonnerie, voulu ériger un mur de trois mètres de haut sans ciment ni truelle qui, en s’effondrant, avait décapité le chef de la section (hasard ou nécessité, le chef de section, vieille gloire du socialisme de papa était devenu la bête noire des jeunes loups du Parti). Il regrettait amèrement (lui qui n’aimait que Franck Michaël et Claude Michel****) sa liaison avec Carla Bruna, la prof d’espagnol qui karaok(et)ait du Julio Iglésias et du Kendji Girac les soirs de Portes Ouvertes ainsi que d’avoir pris les silences du proviseur***** pour des signes d’approbation mais, plus que tout, il se reprochait d’avoir traité de fils de pute, un étudiant qui avait refusé de le saluer et qui s’avéra être le fils de la Directrice-Générale-des-Enseignements-de-la-Région.

Pour rallier les profs récalcitrants, on lui conseilla de faire signer la préface par la déléguée syndicale, poétesse à ses heures qui ne jurait que par Maïakovski (Maria qui ? lui demandaient des collègues peu sensibles à la poésie russe, et auxquels elle répondait invariablement: Marie Aréna******), qui lui écrivit, ma foi, un seyant avant-propos qui donnait presque envie de se taper l’insignifiant libelle.

 

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*Célèbre friterie de Charleroi connue internationalement depuis cinquante ans et désormais menacée par les rats

**Modeste mais sympathique bourgade hennuyère aux fosses septiques dangereuses.

***Alcool wallon à base de fruits parfois rehaussé de bière blanche et fabriqué dans le village de Ragnies

**** Autre chanteur italo-belge, ayant gommé ses origines, à ne pas confondre avec Claude-Michel Schönberg (l’ex-mari de Béatrice, actuelle épouse de Jean-Louis Borlöö) qui a connu son heure de gloire dans les années 70

*****Préfet de discipline, chez nos amis français

******Chanteuse socialiste de salle de bain du début du XXIème siècle