QUATRE COULEURS: CARREAU (dame de)

6_9ae08.jpgCette dame aimait tant les carreaux que pour les laver elle usait de sa peau nue. Préalablement recouverte d’un mélange d’eau tiède et de vinaigre blanc avec un soupçon d’ammoniac et un demi-oignon (selon le conseil de sa grand-mère laveuse de vitraux dans une église), sa peau en chacun de ses pores au contact du verre lui procurait tous les types de sensations qui si nous étions amateurs de bons mots nous ferait dire qu’ils la laissaient, après un temps d’intenses émotions associées, sur le carreau.

Epuisée mais comblée. Pour un paquet d’heures au moins.

Puis, pour le séchage, sa peau au grain finement serré valait tous les chiffons microfibres du monde.

Mais si une face des carreaux étaient bien nickel, tel un miroir purgé de ses images, vous comprendrez que l’autre présentait de vilaines traces (de buée, de doigts, de salive mais pas que) quand je vous aurai dit que les fenêtres de son domicile donnaient toutes sur un lieu public très fréquenté.

E.A.

 

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