LE CARNET RETROUVÉ DE MONSIEUR MAX de BRUNO DOUCEY

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MaxJacob_72dpi-232x300.jpgHommage d’un Poète à un autre Poète

Max Jacob, Poète, romancier et peintre mort au camp de Drancy le 5 mars 1944, a payé de sa vie ses origines juives. Pourtant, depuis une quarantaine d’années, il avait la foi catholique, après avoir eu des apparitions, et s’était révélé fervent croyant. 
Quelques jours après son décès, sa libération du camp avait été accordée.

Et l’on voudrait aujourd’hui m’arrêter comme juif ? C’est aberrant ! Je ne suis jamais allé à la synagogue. D’ailleurs, il n’y en avait pas à Quimper. Le judaïsme ? Mes parents n’étaient pas croyants. Alors quoi ? D’où vient ma singularité ?

Bruno Doucey nous offre ici un très bel ouvrage, imagine ce que Max Jacob aurait pu écrire dans ses derniers carnets, le bleu, puis le jaune qui ne le quittera pas, même aux heures les plus tragiques. Des notes, des pensées, une réflexion sur ces tristes événements qui sont troublants. Bruno-Doucey-2012_72dpi%C2%A9Murielle-Szac.jpg

C’est dans le Loiret où le Poète s’est retiré depuis quelques années qu’il commence à consigner dans ces pages ses craintes et ses douleurs. Sa famille a été grandement touchée par de nombreuses arrestations et il est sans nouvelles de ses proches. Il apprend que sa dernière petite soeur a été arrêtée également, et s’en veut d’être encore là, à son âge (67 ans), voudrait prendre sa place et écrit à certains de ses amis afin qu’ils intercèdent en sa faveur. L’homme pourtant ne se voile pas la face, il se fait discret et attend son heure…

Inquiétude toujours. J’ai écrit à Jean Cocteau, le pressant d’intervenir auprès de Sacha Guitry pour qu’il s’occupe de ma soeur. Je ferai d’autres lettres s’il le faut. C’est un foyer qu’on ne peut laisser sans braise. J’en crève de chagrin, le coeur saigne ! Je n’ai pas le goût à la littérature et suis incapable de travailler. J’écris des lettres aux puissants pour tenter de sauver ma soeur. Des lettres, des lettres, des lettres ! C’est tout ce que je peux faire. 

Bruno Doucey fait vivre à nouveau ce Poète qui n’avait de cesse de défendre l’écriture, la poésie, convaincu qu’elle serait porteuse d’espoir.
Au jeune homme qui serait resté près de lui jusqu’à son dernier souffle, l’auteur lui fait dire :

Ecrire pour ne pas désespérer. Pour rester debout. Pour garder la tête hors de la fosse où sombrent nos corps. Ecrire pour être libre. Tu sais, petit, la poésie est sacrée lorsqu’elle est le fruit de l’urgence. 

Quelques lettres authentiques de Max Jacob sont retranscrites dans ces carnets, quelques-unes de ses notes aussi, de ci de là, qui sont en totale harmonie avec l’esprit du livre.

Le bel hommage d’un Poète à un autre Poète.

Le livre sur le site des Éditions Bruno Doucey

Une sélection de poèmes de Max Jacob

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